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L’ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, a obtenu, ce jeudi 5 mars 2026, une mise en liberté provisoire devant la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), près de quatre ans après son placement sous mandat de dépôt, le 31 mai 2022.
Cette décision fait suite à une requête formulée, contre toute attente, par le procureur spécial près la CRIEF. Un revirement notable, alors que le parquet s’était jusque-là opposé aux différentes demandes de mise en liberté introduites par la défense, tant devant la chambre de jugement que devant la chambre des appels.
Lors de la procédure en première instance, le parquet et la partie civile s’étaient également opposés à l’exécution de la décision de la Cour de justice de la CEDEAO, qui ordonnait la libération de l’ancien chef du gouvernement.
Pour l’un des avocats de la défense, Me Sidiki Bérété, cette décision constitue certes une avancée, mais elle demeure insuffisante au regard de l’état de santé de son client.
« Mieux vaut tard que jamais. J’avoue que même libre, il ne peut pas rentrer chez lui, parce qu’il doit rester sous soins intensifs », a déclaré l’avocat à la sortie de l’audience.
Selon lui, la défense souhaite désormais que la justice aille au-delà de la simple liberté provisoire.
« Je continuerai à demander à la justice d’aller plus loin que cette liberté provisoire, en lui accordant une évacuation sanitaire afin qu’il puisse aller se faire soigner, ou alors en clôturant rapidement les débats pour qu’une décision définitive soit rendue au fond, ce qui lui permettra également de se soigner », a-t-il indiqué.
D’après Me Bérété, même en situation de liberté provisoire, l’ancien Premier ministre devrait continuer à être hospitalisé.
« Même libre, il va rester à l’hôpital parce qu’il est sous soins intensifs. La pathologie dont il souffre ne peut pas être correctement traitée en Guinée, faute de plateau technique approprié », a-t-il expliqué.
La défense appelle ainsi les autorités à faire preuve d’« apaisement » en autorisant une évacuation sanitaire à l’étranger afin que leur client puisse bénéficier de soins adaptés.
L’avocat a également réagi aux déclarations du procureur spécial évoquant la question de fonds estimés à 15 milliards de francs guinéens. Selon la défense, cette somme serait déjà logée à la Banque centrale et ne saurait justifier la prolongation de la privation de liberté de leur client.
« Comment peut-on dépenser 15 milliards pour priver quelqu’un de sa liberté dans la recherche de 15 milliards ? », s’est interrogé Me Bérété.
Il souligne par ailleurs que les frais médicaux mensuels de l’ancien Premier ministre n’excéderaient pas 30 à 40 millions de francs guinéens.
Pour l’heure, la défense se félicite toutefois de cette décision judiciaire, même si la situation demeure incertaine.
« Si la justice a décidé aujourd’hui, c’est déjà le verre à moitié plein. L’essentiel est qu’il soit en liberté. Mais dire qu’il peut rentrer chez lui, je ne crois pas », a conclu l’avocat.
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il y a 5 heures
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