Kérouané : les travailleurs de Baowu Consortium Simandou dans les rues pour exiger le respect de la convention des mines et carrières

il y a 2 heures 19
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Dans la préfecture de Kérouané qui abrite les blocs 1 et 2 du gigantesque projet Simandou, l’heure n’est pas à la sérénité. Les travailleurs de la société Baowu Consortium Simandou qui gère ces deux blocs sont en train de battre le pavé depuis hier, vendredi 1ᵉʳ mai 2026. Très tôt dans la matinée de ce samedi, ils ont pris d’assaut les rues de la ville pour exiger le respect de la nouvelle convention collective des mines, carrières et industries assimilées en Guinée, signée le 14 février 2025 et entrée en vigueur en août 2025. Ils dénoncent un mauvais traitement salarial et appellent l’État à s’impliquer pour faire respecter leur droit, rapporte des correspondants de Guineematin.com dans la région de Kankan.

Telle une coïncidence, les travailleurs Baowu Consortium Simandou ont choisi le 1ᵉʳ mai, journée internationale des travailleurs, pour se faire entendre dans les rues de Kérouané. Déjà, le 29 Avril dernier, ils ont adressé un mémorandum dans lequel ils ont rappelé que cette convention, entrée en vigueur en août 2025 en Guinée, constitue désormais le cadre légal de référence pour la protection des employés du secteur extractif. Elle prévoit notamment une revalorisation des salaires, une amélioration des conditions de travail, ainsi que le renforcement des droits syndicaux et des avantages sociaux.

Interrogé, Alpha Camara, président de la structure syndicale, interpelle directement le président Mamadi Doumbouya sur leur situation.

Alpha Camara, responsable syndical à BWCS

« Actuellement nous sommes à Kérouané, mais comme vous constatez, c’est une grève déclenchée par la structure syndicale. Depuis 2019, nous sommes dans ce projet, nous avons fait patienter les employés jusqu’à l’exploitation. Après cela, voilà encore la catégorisation, les employés ont souffert. On attire l’attention du président de la République, son Excellence Mamadi Doumbouya : actuellement tout le monde parle de Simandou 2040, et voilà maintenant comment nous sommes ici, nous vivons dans la galère. Donc au jour d’aujourd’hui, nous demandons l’implication du président pour aider les employés », a-t-il dit.

Dans le mémorandum, la structure syndicale demande la révision de certains licenciements et fins de contrats jugés contestables. Au-delà des aspects financiers, les travailleurs mettent également en avant des préoccupations liées à leurs conditions de vie. Ils demandent notamment une amélioration des primes de logement, un meilleur accès à une alimentation de qualité, ainsi qu’un renforcement du transport du personnel, avec l’augmentation du nombre de bus mis à disposition.

Sur le plan social, les syndicats insistent sur la nécessité de garantir la liberté syndicale et de mettre en place un cadre de concertation permanent entre la direction et les travailleurs. Une démarche qu’ils jugent indispensable pour prévenir les conflits et instaurer un climat de confiance au sein de l’entreprise.

Tout en réaffirmant leur engagement à contribuer à la performance et à la stabilité de BWCS, les travailleurs préviennent que cet engagement doit aller de pair avec le respect strict de leurs droits. Ils invitent les autorités compétentes et la direction de l’entreprise à agir rapidement afin d’éviter toute dégradation du climat social.

Pour l’heure, aucune réaction officielle de la direction de BWCS n’a été enregistrée. Mais ce document pourrait bien ouvrir la voie à de nouvelles négociations ou à une montée des revendications dans les jours à venir.

À plus large échelle, cette mobilisation remet sur la table la question récurrente des conditions de travail dans le secteur minier en Guinée. Malgré l’importance stratégique de projets comme Simandou pour l’économie nationale, de nombreux travailleurs dénoncent encore des réalités marquées par la précarité : salaires jugés insuffisants au regard des exigences du terrain, logements inadaptés, accès limité à des soins de qualité et dispositifs de sécurité parfois défaillants. À cela s’ajoutent des contrats instables et une application inégale des conventions collectives, pourtant conçues pour encadrer et protéger la main-d’œuvre.

Dans ce contexte, la crise actuelle à Kérouané apparaît comme le symptôme d’un malaise plus profond, qui dépasse le seul cadre de Baowu Consortium Simandou. Elle pose avec acuité la nécessité d’un meilleur équilibre entre les ambitions économiques du pays et la protection effective des droits des travailleurs. Car au-delà des investissements colossaux et des promesses de croissance, c’est bien la dignité et les conditions de vie des hommes et des femmes qui font tourner ces projets qui restent, aujourd’hui encore, au cœur des préoccupations.

Abdoulaye N’koya SYLLA pour Guineematin.com

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