Justice : le ministre Ibrahima Sory 2 Tounkara met en garde contre « le maintien en prison par le procureur d’un citoyen relaxé… »

il y a 3 heures 20
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Ce sont des pratiques longtemps dénoncées par des justiciables qui perdurent dans les différentes juridictions du pays. Le nouveau ministre de la Justice veut désormais en finir avec elles. En véritable connaisseur du fonctionnement de l’appareil judiciaire guinéen, Ibrahima Sory 2 Tounkara concentre sa mission sur un changement radical de système dans ce milieu.

« Quand je prends les affaires pénales, quand je prends l’audiencement des affaires, quand je prends le début des audiences, quand je prends les renvois intempestifs qu’on fait et sans motif parce qu’un magistrat pense qu’il a le pouvoir de le faire, il renvoi. Le ministère public a jugé nécessaire d’orienter une affaire en flagrance et cette procédure reste des mois sans être jugée, ça occasionne des fois le surpeuplement carcéral. C’est un juge qui relaxe à l’audience et c’est le procureur qui dit je ne libère pas. C’est-à-dire une personne reste en prison par la seule volonté d’un magistrat. Ce qui n’est pas normal. Mettons-nous à la place des justiciables. Quand on dit qu’on n’a pas de moyens madame la présidente. Il faut que l’État même trouve en nous qu’il peut nous aider. Parce qu’il faut que ça change », souligne le magistrat.

L’autre affaire qui n’a pas été passée sous silence lors de sa rencontre avec le personnel du tribunal de Kaloum, ce vendredi 27 février 2026, c’est l’éternel renvoi des affaires.

« Quand je prends les affaires civiles qui ne finissent jamais. C’est des renvois parce que les avocats le demande. Donc je peux renvoyer parce que c’est les avocats qui ne veulent pas qu’on juge alors que, c’est le juge même sur le principe prévu en matière civile c’est-à-dire c’est les parties qui dirigent mais, le juge à un certain moment doit arrêter ça et prendre ses responsabilités », invite le garde des Sceaux.

Le mal semble profond et un véritable diagnostic s’avère nécessaire pour lui. Raison de plus, il ne veut omettre aucune pratique tendant à nuire à la justice guinéenne.

« Un autre goulo d’étranglement dans les juridictions, les décisions on ne les rédigent pas. Elles ne sont jamais rédigées. À quoi ça sert alors de rendre justice ? On les rend au nom de la loi. Les parties viennent vers nous parce que nous constituons leur dernier recours. Mais si c’est en notre sein, ou bien si c’est à notre niveau elles ont beaucoup plus de problèmes, ça sert à quoi de venir vers la justice ? Ils se rendent justice eux-mêmes. Donc, il va falloir qu’on soit conscient de ça, il va falloir qu’on prenne nos responsabilités. Un juge d’instruction qui est là, au lieu de faire son travail c’est lui qui est sur les réseaux sociaux. Les justiciables sont là, ils sont en train d’attendre. D’abord il ne vient pas à l’heure, au lieu d’être dans son bureau il se met sur les réseaux sociaux. Il faut qu’on quitte les réseaux sociaux. C’est pas le lieu approprié pour les magistrats ni pour les greffiers. Parce que c’est les magistrats ou greffiers on voit même qui sont en train de commenter, qui sont dans les débats politiques carrément dans les réseaux sociaux. Mais on va veiller sur tout cela. Parce que là, je vais généraliser l’inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires qui va veiller sur tout cela, qui fera des inspections inopinées. Parce qu’on a besoin de ça il faut que ça change, il faut qu’on travaille. Ou bien c’est un magistrat qui se pavane à travers le monde parfois son chef de juridiction sait même pas. On va y veiller aussi », a-t-il prévenu avant d’inviter le procureur de la République et la présidente à éviter de donner des autorisations d’absence non motivées.

« Il faut qu’on reste dans les bureaux pour travailler », insiste Ibrahima Sory 2 Tounkara, qui, à son tour, n’est pas prêt à recevoir de magistrat à son département sans raison valable.

« Moi j’ai dit que je reçois pas de magistrat si c’est pas sur rendez-vous. Et le rendez-vous là aussi il faut qu’il y est de motif pour que je puisse le recevoir parce que moi, je me dis que le magistrat a tellement à faire, il vient au département pourquoi ? », s’interroge-t-il.

Si le ministre Tounkara dit tendre la main à la famille judiciaire, il n’en demeure pas moins qu’il promet d’agir sans état d’âme contre ceux et celles qui refuseront de faire correctement leur travail ou se rendront coupables d’interdits.

Lébêré Baldé

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