Implantation d’un Centre d’émergence à Labé : une expropriation qui divise…

il y a 2 heures 12
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Le Ministère des Sports et de la Jeunesse envisage la construction de Centres d’émergence au niveau des chefs-lieux des Régions Administratives du pays pour doter la jeunesse d’infrastructures de jeux divers L’initiative a été saluée partout avec enthousiasme. Sauf qu’à Labé le lieu choisi, Pounthioun, est sujet de polémique.

A Pounthioun, le domaine choisi pour abriter cette infrastructure est une propriété familiale qui sert à la célébration des fêtes religieuses ( Aïd el Fitr, el Kébir…), de funérailles, de regroupements divers des populations de la localité. C’est aussi un domaine de lecture de coran à des occasions exceptionnelles. Donc, ce site est de nature cultuelet ne peut en aucun cas abriter une telle aire de jeux. Au début, dit un ressortissant << ce site qu’on appelait lycée servait uniquement d’aire de prière, de réjouissance, de compassion a l’occasion de décès ou de manifestations religieuses. En 1966, il a servi de basevie du Génie militaire pour la construction de la route Mamou-Labé : En ce qui concerne le Centre d’émergence de Labé, il est plus avantageux pour la jeunesse de l’implanter à Poreko où existe déjà un site aménagé à cet effet. , les installations sportives de grande envergure peuvent se réaliser avec plus de facilités en termes d’accès et de mobilité…>>

Qui plus est, Elhadj Mamadou Hady Pounthioun Diallo, 97 ans, explique l’historique du site de Pounthioun en ces termes : << Depuis tous les temps, ce terrain sert à notre communauté comme lieu de prière des principales fêtesreligieuses et de prières funèbres. Même le colon ne nous a pas retiré ce site auquel nous en sommes très attachés. Tout le Fouta le sait… Pour la petite histoire, ce site a toujours appartenu à Pounthioun. Les villageois y faisaient des activités annexes comme le petit jardin autour de la grande superficie qui s’étendait de l’actuel Commissariat de Police en passant par le siège de la Radio rurale jusqu’aux abords de la rivière Mangalabe. Au fil du temps, en 1955 l’administration coloniale a voulu mettre main sur la zone. Pour contrer cette velléité, une plainte fut déposée auprès du gouverneur général des colonies. Celui-ci ordonna de l’arret de toute activité sur la zone et le domaine allant du cimetièredes blancs jusqu’à la rivière Mangalabe fut restitué a lacommunauté. Et la communauté a construit la mosquéeactuelle sur le site et aménage l’espace devant servir de lieu de prière de grandes fêtes religieuses et de prières funèbres.Pour l’utile à l’agréable, Elhadj Abdourahmane Bah, le trèsrespecté imam de Labé y venait chaque fois que l’occasion se faisait sentir aux bons soins de la communauté de Pounthioun. >>

Preuve a l’appui, Elhadj Hady ajoute que Pounthioun a un moment permis à Barry Diawadou du BAG de faire du site un champ équestre des jeux. Mais cela n’a pas duré ; il a restitué avec respect et dignité.

C’est la deuxième fois donc que ce site est visé par l’administration. La première remonte à la 2e république quand le préfet d’alors, Lansana Camara en a voulu faire une gare voiture. Feu Elhadj Abdourahmane Bah a décliné l’offre du préfet. Informé, le Président Lansana Conte a dit niet au projet et il a rendu le site à la communauté de Pounthioun.

Dans une déclaration rendue publique, les ressortissants et cadres de Pounthioun ont demandé l’arrêt immédiat du processus d’expropriation du site, la suspension immédiate de toute procédure d’expropriation, la préservation et la récupération de cette aire de prières, la relocalisation du projet d’implantation de ce Centre d’émergence à Poréko ou Telidjé et l’organisation d’une concertation transparente  et inclusive avec les autorités coutumières, religieuses, administratives et les populations concernées conformément aux textes juridiques en vigueur.

Affaire à suivre…

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