La justice guinéenne en deuil : un dernier hommage rendu à l’ancien magistrat Malick Marcel Oularé

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Décédé le 27 mars dernier à Conakry des suites de maladie, un symposium a été organisé ce mardi 7 avril 2026 dans l’enceinte de la Cour d’appel de Conakry pour rendre un dernier hommage à Malick Marcel Oularé, ancien procureur de la République près le tribunal de première instance de Pita. Parents, amis et collaborateurs du défunt ont salué sa mémoire.

Fruit de la 42e promotion de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, ainsi que de la 2e promotion du Centre de formation judiciaire, feu Marcel Malick Oularé a profondément marqué ses camarades de promotion.

« C’est avec un cœur meurtri que je me tiens devant vous en ce jour douloureux pour rendre un ultime hommage à notre regretté frère, collègue et ami, Marcel Malick Oularé. Le destin nous avait réunis sur les bancs de l’Université, de Sonfonia à Conakry, de la 42e promotion de l’Université Général Lansana Conté de Sonfonia, ainsi que de la 2e promotion du Centre de formation judiciaire, où Marcel Malik a brillamment poursuivi ses études de droit, sanctionnées par l’obtention d’une maîtrise en droit privé, ensuite d’un brevet de magistrat. Déjà à cette époque, il se distinguait par son intelligence, sa rigueur intellectuelle, mais surtout par son sens élevé de la justice et de la responsabilité. Animé par une vocation profonde pour le service public et la défense de l’intérêt général, il a embrassé avec honneur la carrière judiciaire. Nommé procureur de la République près du tribunal de Pita, il a exercé ses fonctions avec dignité, intégrité et un attachement indéfectible aux valeurs de la justice, d’équité et de probité. Marcel Malick Oularé n’était pas seulement un magistrat. Il était un homme de principe, un serviteur de la loi respectée, mais aussi un être profondément humain. Son humilité, sa courtoisie, son sens de l’écoute et sa disponibilité faisaient de lui une référence, un modèle pour ses pairs et un soutien précieux pour ses proches. Aujourd’hui, c’est un pilier qui s’effondre, une lumière qui s’éteint, laissant derrière elle un vide immense dans nos cœurs et dans notre communauté judiciaire », a déclaré Joséphine Loly Tenguiano, porte-parole de la promotion Cardinal Robert Sarah à laquelle appartenait le défunt.

Passionné par la profession d’avocat, feu Malick Marcel Oularé a fait ses premiers pas dans le cabinet des maîtres Amadou Oury Diallo et Mohamed Sylla. Mais le destin l’a orienté vers la magistrature, souligne son maître de stage, qui retient de lui un homme de valeur.

« Marcel Malik Oularé a été un de nos stagiaires exemplaires par son humilité, sa sagesse. Il était humble, obéissant, disponible et respectueux. Sa caractéristique principale, c’était sa capacité d’écoute pour comprendre avant d’agir. Me Mohamed Sylla et moi l’avions reçu dans notre cabinet à Kaloum. Nous étions fraîchement admis. Nous avions trois avocats et trois stagiaires. Nous avons évolué ensemble dans l’entente, la paix et la solidarité.
Jusqu’à ce que le concours de recrutement des auditeurs de justice soit annoncé par le garde des Sceaux. Nous avons encouragé les trois stagiaires à postuler. Ils nous ont dit qu’ils voulaient être avocats. Nous leur avons dit que, puisque le barreau tardait encore, aucune annonce n’ayant été faite, ils devaient profiter de cette occasion pour devenir magistrats. Dix ans après, ils pourraient revenir au barreau s’ils le souhaitaient. C’est ainsi que nous avons organisé des séances d’entretien dans mon cabinet. Chacun venait avec son cartable ou ses papiers. On échangeait dans le cadre de la préparation de ce concours pour l’accès à la profession de magistrat. Tous les trois ont postulé, mais seul Marcel a été admis. Après son admission, il est venu nous féliciter, nous remercier, et nous l’avons accompagné avec nos bénédictions », témoigne maître Amadou Oury Diallo.

Le Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’homme, accompagné des cadres de son département, s’est tenu aux côtés de la famille du défunt pour lui témoigner sa compassion. Au nom d’Ibrahima Sory 2 Tounkara, le conseiller principal a souligné que le départ de Malick Marcel Oularé créera un vide difficile à combler. Par ailleurs, Abdoulaye Baldé a, au nom du ministre, renouvelé ses condoléances à la famille, aux amis et aux collaborateurs.

« C’est avec un cœur plein d’émotion que je prends la parole ici, au nom du garde des Sceaux, ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Monsieur Ibrahima Sory 2 Tounkara. Je me tiens également devant vous au nom de l’ensemble des cadres de l’administration centrale de la justice, pour exprimer notre chagrin devant la disparition de notre regretté feu Malick Marcel Oularé. Nous prions pour le repos de son âme… Notre aimé Marcel est à l’œuvre de cette incontournable disposition de l’amour qui s’applique sans aucun type d’exécution ni réquisition de la part de qui que ce soit, et Dieu est grand.
Parce que ce n’est pas à ce moment, s’il pouvait nous demander, ce n’était pas en ce moment qu’il allait nous retirer Marcel. Parce que, vous savez, aujourd’hui, nous sommes en train d’étouffer les effectifs de la magistrature. Ce n’est donc pas à cette occasion qu’on devait en perdre », regrette-t-il.

Émue par cette chaîne de solidarité, la famille du défunt a, pour sa part, exprimé sa reconnaissance au public massivement mobilisé depuis l’annonce du décès. Kémo Oularé continue de croire que la famille ne sera pas oubliée.

« La famille Oularé et les proches du feu Marcel Malik Oularé ont été profondément émus par vos témoignages de soutien et vos gestes de compassion depuis que cette mort l’a appelé à son lit de maladie irréversible. Chers magistrats, avocats, huissiers, greffiers, commissaires-priseurs et notaires, le feu Malick Oularé, ici couché devant nous, sans parole, nous laisse avec deux, trois enfants et une mère sans voix, perdue dans son imagination à la richesse de son fils et de sa grand-mère. Nous vous remercions d’avance pour vos futurs soutiens et votre accompagnement vis-à-vis de la famille. Monsieur le procureur s’en va pour de bon, repose en paix et que Dieu, dans son infinie miséricorde, t’accueille dans son royaume céleste où le sommeil est éternel », a-t-il prié.

Né en 1978 à Kissidougou, Malick Marcel Oularé a occupé les fonctions de substitut du procureur près les tribunaux de Labé, Kissidougou et N’zérékoré. Il a également été substitut général aux Cours d’appel de Conakry ainsi qu’à la Cour de répression des infractions économiques et financières, avant d’être nommé procureur de la République près le tribunal de première instance de Pita, poste qu’il a occupé jusqu’à son décès. Il sera inhumé ce mercredi dans son village natal de Kissidougou.

Lébêré Baldé

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