PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]
La promulgation de la loi ordinaire L 2026-001 CNT autorisant le Président de la République à légiférer par ordonnance continue de susciter de vives réactions au sein de la classe politique guinéenne. Ce texte, officialisé par décret le samedi 25 avril 2026, intervient dans un contexte marqué par des débats persistants sur l’équilibre des pouvoirs et l’orientation constitutionnelle du pays.
Interrogé ce lundi par Mosaïqueguinee.com, le président d’honneur du Bloc libéral, Dr Faya Milimouno, n’a pas caché son inquiétude face à cette évolution institutionnelle. Selon lui, cette décision s’inscrit dans une dynamique préoccupante pour la stabilité politique.
« C’est une situation qui est à l’origine de toutes les instabilités dans nos pays. Il a déjà tellement de pouvoir, si, en plus, on doit accorder d’autres pouvoirs pour légiférer par ordonnance, cela revient à dire tout simplement que nous avons cessé d’être une République pour devenir un empire ou, si vous voulez, un royaume avec un monarque absolu. Voilà, c’est décevant », a-t-il déclaré.
À la question de savoir si une telle mesure se justifie dans le contexte actuel de la Guinée, l’opposant rejette toute nécessité. Il rappelle les recommandations formulées lors des discussions sur l’orientation constitutionnelle.
« Écoutez, ce n’est pas une nécessité. Vous avez suivi tout le débat que nous avons eu sur l’orientation constitutionnelle. Qu’est-ce que nous avions dit au CNT ? Premièrement, éviter de rééditer un pouvoir trop présidentialiste. Éviter de réinstaurer un centralisme à outrance. Faire de la place à une véritable décentralisation et démanteler les tutelles qui asphyxient toute initiative locale. Mais qu’est-ce qu’on nous a offert ? En réalité, la Constitution de 2010 est encore, de loin, plus progressiste que celle que le CNRD nous a proposée », a-t-il soutenu.
S’exprimant également sur l’absence d’un organe législatif pleinement opérationnel. Dr Faya Milimono reconnaît une fragilisation de l’équilibre des pouvoirs, tout en dénonçant ce qu’il qualifie de dérives opportunistes durant la transition.
« Naturellement, cela fragilise. Mais durant cette période transitoire, certains ont trouvé que c’était une aubaine pour confisquer le pouvoir. Ils ont commencé par travailler pour que le président Doumbouya se dédise. En effet, après avoir juré sur la Charte et déclaré dans tous les médias qu’il ne serait pas candidat, et qu’aucun membre du CNRD ni du gouvernement ne le serait, ils l’ont poussé à se dédire et à envisager une candidature. On a même vu certains présidents de délégations spéciales bloquer l’autoroute pour exiger du président qu’il accepte d’être candidat. C’était, en fait, la porte ouverte pour que tout le monde entre dans la danse », a-t-il affirmé.
Poursuivant, il pointe du doigt une confusion des rôles au sein des institutions de la transition.
« N’avez-vous pas vu que certains ministres figurent même sur deux listes ? Certains anciens ministres également. C’est la même chose pour les membres du CNT, ils sont partout. Donc, le pays n’est pas encore sorti de l’ornière », a-t-il conclu.
Ces déclaration interviennent, alors que le débat sur la gouvernance et les garanties démocratiques reste au cœur des préoccupations en Guinée
Sam Bantignel
.png)
il y a 2 heures
25




















English (US) ·