Fête de L’Aid-el-Fitr : « Il n’est en aucun cas permis d’aller prier en étant à jeun », rappelle l’Imam Elhadj Diawo

il y a 2 heures 15
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À Conakry comme dans plusieurs villes du pays, la fin du Ramadan donne parfois lieu à une situation particulière. Pendant que certains musulmans célèbrent l’Aïd el-Fitr, d’autres poursuivent encore leur jeûne.

Un fait qui suscite incompréhension débats et parfois des tensions au sein des familles et de la communauté musulmane.

À l’origine de cette divergence, des interprétations religieuses différentes. En islam, le début et la fin du Ramadan sont traditionnellement déterminés par l’observation du croissant lunaire, conformément aux enseignements du Prophète Mohamed (PSL). Toutefois, certains pays ou communautés privilégient aujourd’hui les calculs astronomiques, tandis que d’autres restent attachés à l’observation visuelle locale.

Interrogé ce mardi 17 mars 2026 sur la question, l’imam ratib de la grande mosquée de Nongo, Elhadj Mamadou Diawo Diallo, est revenu sur cette problématique, souvent source de tensions dans les communautés musulmanes.

« En Guinée, comme dans d’autres pays, nous avons des autorités religieuses que nous suivons pendant cette période. Elles nous guident sur la conduite à tenir. Si elles nous demandent de jeûner, nous devons jeûner, et si elles appellent à la prière, nous devons également répondre. Elles ne peuvent pas appeler à la prière sans que le moment soit venu. Le musulman doit donc obéir aux autorités religieuses, car l’unité de la communauté est primordiale », a-t-il expliqué.

Plus surprenant encore, certains fidèles se rendent à la prière de l’Aïd tout en étant encore en jeûne. Une pratique qui, selon lui ne correspond pas à la norme.

« En ce qui concerne la prière de l’Aïd el-Fitr, il n’est pas autorisé d’y aller en étant à jeun. Avant de s’y rendre, il faut d’abord manger. Il n’est en aucun cas permis de prier l’Aïd tout en continuant le jeûne. C’est ainsi que le Prophète Mohamed (PSL) nous l’a enseigné », souligne l’imam.

Face à cette réalité, de nombreux religieux insistent sur l’importance de suivre une autorité fiable et de privilégier l’unité de la communauté, un message qui résonne particulièrement en cette période de spiritualité et de partage.

« S’il s’avère qu’un fidèle n’a pas commencé le jeûne du Ramadan au même moment que la majorité, le Coran recommande de se conformer à la communauté pour la prière de l’Aïd, puis de rattraper ultérieurement les jours de jeûne manqués. Une seule personne ne peut pas célébrer l’Aïd de manière isolée », a ajouté l’imam Mamadou Diawo Diallo

Au-delà des divergences de dates, le Ramadan reste un moment de foi, de solidarité et de rapprochement, invitant chaque croyant à cultiver la paix et le vivre-ensemble.

Sam Bantignel Barry

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