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Le procès de l’ancien ministre de l’Enseignement technique et de la sécurité s’est ouvert ce mercredi 6 mai 2026 devant la chambre de jugement de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Damantang Albert Camara est poursuivi notamment pour des faits de détournement de deniers publics. Cependant, il ne reconnaît pas les faits.
Revenant brièvement sur son parcours, il a indiqué être juriste d’entreprise de profession. Il a été responsable juridique à la société Total, puis consultant, avant d’intégrer le gouvernement fin 2010 comme ministre de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Emploi. Il a quitté ce poste en juin 2018. À l’époque, a-t-il rappelé, il percevait un salaire de 10 millions 500 mille francs guinéens.
Il bénéficiait également de plusieurs avantages : une prime d’installation en tant que ministre de 70 millions, des primes de fêtes annuelles variant entre 25 et 45 millions, ainsi que des primes liées au porte-parolat oscillant entre 20 et 30 millions par an.
Concernant ses biens, il a déclaré posséder une parcelle à Maférinya, dans la préfecture de Forécariah, acquise à 55 millions en 2017. Il en détient deux autres à Kissidougou, dont l’une lui a été offerte par son oncle maternel et l’autre achetée à 18 millions de francs guinéens. Il a également évoqué un terrain à Kénendé, dans la préfecture de Dubréka, issu d’une succession. L’ancien ministre est aussi héritier de deux villas et d’un terrain à Coléah.
Damantang Albert Camara a indiqué détenir plusieurs comptes bancaires. Un compte courant à la Société Générale avec un solde de 80 millions, un autre à UBA contenant 25 millions, ainsi qu’un compte à NSIA, non alimenté selon lui. En France, à La Banque Postale, il possède un compte courant crédité de 100 euros et un compte épargne de 250 euros. Il a précisé que ces comptes existent depuis 1991. Toujours en France, il détient un compte d’assurance retraite contenant 15 000 euros, alimenté par des prélèvements automatiques.
Concernant les faits, il lui est reproché d’avoir détourné 222 milliards de francs guinéens au ministère de l’Enseignement technique et 17 milliards au ministère de la Sécurité. Il a reconnu qu’au ministère de l’Enseignement technique, plusieurs marchés ont été exécutés, notamment la construction des ERAM à Boké, Siguiri, Labé et N’zérékoré. Ces projets, a-t-il rappelé, ont été financés par le Fonds saoudien de développement.
Chaque école aurait coûté 6 millions de dollars, excepté celle de N’zérékoré, estimée à 8 millions de dollars. Selon lui, ces marchés ont été passés dans les règles de l’art, à travers une procédure comprenant une commission incluant le bailleur de fonds, un appel d’offres, une présélection et une sélection.
Au ministère de la Sécurité, qu’il a également dirigé, il a indiqué avoir trouvé un contrat déjà signé entre le département et la société IRIS. Toutefois, il a reconnu avoir lui-même conclu un contrat, par consultation restreinte, avec la société Ouest Line pour l’acquisition d’uniformes destinés à près de 16 000 policiers en 2020, pour un montant de 4 milliards de francs guinéens, avec l’autorisation du ministre de l’économie et des finances.
Cette décision s’expliquait, selon lui, par une situation d’urgence liée à la nécessité d’équiper et de former de nouveaux agents déployés sur le terrain afin de limiter la propagation du coronavirus à l’époque. Il a également signé un autre contrat avec la société Guicopres pour la construction et la rénovation des écoles de police de Kafilia et de Kagbélen. Là encore, le contrat résulte d’une entente directe, avec l’autorisation du ministre de l’Économie et des Finances de l’époque. Le coût initial était d’environ 90 milliards de francs guinéens.
En conclusion, il s’est exprimé sur le rapport de l’Inspection générale d’État qui l’incrimine. Il a affirmé en avoir pris connaissance, tout en jugeant ses conclusions incohérentes. Il conteste notamment l’idée selon laquelle l’absence de pièces justificatives constituerait une preuve de détournement de deniers publics ou de faute de gestion.
Interrogé sur sa capacité à produire ces pièces justificatives, alors que l’instruction définitive se déroule à la barre, le prévenu a répondu par la négative. Les débats se poursuivent.
Sékou Diatéya
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il y a 1 heur
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