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Le Premier ministre Bah Oury a présidé, mardi 3 mars 2026, la cérémonie d’accueil de la deuxième cohorte d’enseignants-chercheurs et chercheurs recrutés par l’État guinéen. La rencontre s’est tenue dans la salle du CAMES de l’Université Gamal Abdel Nasser de Conakry (UGANC), en présence de plusieurs membres du gouvernement et des responsables d’institutions d’enseignement supérieur.
Au total, 300 docteurs ont été retenus à l’issue d’un processus de sélection présenté comme rigoureux. Ce recrutement s’inscrit dans la continuité d’une première vague de 155 enseignants-chercheurs intégrés en octobre 2024. En moins de deux ans, ce sont ainsi 450 docteurs qui auront rejoint le système d’enseignement supérieur guinéen — une première dans l’histoire universitaire du pays.
Dans son discours, la ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation, Diaka Sidibé, a qualifié cette intégration de « moment important pour l’avenir académique » de la Guinée.
Pour elle, l’arrivée de ces 300 docteurs dépasse le cadre administratif : « C’est un acte politique fort, un choix stratégique du gouvernement et un investissement massif dans le capital humain universitaire. »
La ministre a rappelé que le système universitaire guinéen fait face à une croissance rapide des effectifs étudiants, à une montée en puissance des cycles master et doctorat, ainsi qu’à des exigences accrues en matière de qualité scientifique. Pendant longtemps, a-t-elle souligné, le pays a fonctionné avec moins de 10 % d’enseignants de rang magistral, un encadrement doctoral insuffisant et une faible capacité à mobiliser des financements compétitifs.
Selon la ministre, la première cohorte recrutée en octobre 2024 affiche déjà des performances encourageantes : un taux moyen d’évaluation avoisinant 78 %, plus de la moitié des enseignants jugés satisfaisants ou excellents, et un volume d’heures d’enseignement supérieur aux obligations statutaires. Près de 487 cours auraient été dispensés sur l’année universitaire.
« Nous ne parlons pas d’intentions, mais de résultats mesurables », a insisté Diaka Sidibé, évoquant une meilleure continuité pédagogique, une réduction des retards académiques et un encadrement plus structuré des masters.
Toutefois, elle a appelé à aller plus loin, en passant d’un simple renforcement quantitatif à une transformation qualitative du système.
La ministre a annoncé un changement de paradigme : « Le temps du recrutement sans responsabilité est terminé. »
Chaque enseignant-chercheur devra désormais disposer d’un cahier de charges précis. Les activités d’enseignement, d’encadrement, de publication et de montage de projets devront être documentées et évaluées. Des revues semestrielles de performance seront organisées dans les établissements publics à caractère scientifique, avec possibilité de reconduction, de mise sous observation ou de suspension de contrat en fonction des résultats.
Trois priorités stratégiques ont été fixées :
Renforcer l’encadrement des masters et doctorats, en réduisant les délais de soutenance et en exigeant au moins une publication scientifique avant la défense de thèse.
Accroître la production scientifique, en alignant recherches et publications sur les priorités nationales, notamment dans l’agriculture, l’énergie et les industries minières.
Développer la culture de projet, à travers la soumission à des appels compétitifs et la mobilisation de financements internationaux.
Le ministre de la modernisation et de l’administration de la fonction publique, Faya François Bourouno, a salué « un choix stratégique » en faveur du capital humain. Il a rappelé que ce recrutement est intervenu dans un contexte de réforme et de stabilisation du fichier des agents publics.
Selon lui, l’amélioration durable de la croissance économique passe par l’investissement dans l’éducation et l’innovation : « Pour qualifier l’enseignement, il faut des enseignants de qualité. »
Prenant la parole, le premier ministre, Bah Oury a rendu hommage au prédécesseur de la ministre Diaka Sidibé, en l’occurrence le ministre Alpha Bacar Barry, initiateur de la première cohorte.
Évoquant l’histoire universitaire de la Guinée, Bah Oury a rappelé les périodes de fragilisation de l’intelligentsia nationale et plaidé pour une renaissance fondée sur l’excellence académique et l’intégration régionale. L’objectif : former une nouvelle élite capable de soutenir une croissance économique ambitieuse et durable.
Au nom des enseignants recrutés, le porte-parole, Dr Koffi Ange Michel, a exprimé la gratitude de ses collègues et pris l’engagement de répondre aux attentes du gouvernement.
« Vous ne serez pas déçus. Nous sommes venus partager notre savoir et contribuer à la formation d’hommes et de femmes scientifiques de qualité. »
Il a insisté sur les valeurs de solidarité scientifique, d’humilité et d’exigence professionnelle.
Au-delà de la cérémonie protocolaire, cette deuxième cohorte symbolise la volonté des autorités guinéennes de repositionner l’enseignement supérieur comme levier stratégique de développement.
Pour le gouvernement, l’enjeu est clair : transformer l’investissement consenti en résultats tangibles — qualité académique, crédibilité scientifique et employabilité des diplômés — afin de faire de l’université guinéenne un moteur de croissance et d’intégration régionale.
L’article Enseignement supérieur : le gouvernement injecte 300 docteurs est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.
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