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Recrutés par voie de concours en 2024, les enseignants du secondaire (MEPU-A) et de l’enseignement technique (METFPE) dénoncent une « marginalisation injustifiée ».
Entre promesses non tenues et salaires amputés, ces nouveaux fonctionnaires menacent de déserter les classes si leurs droits ne sont pas rétablis immédiatement.
Le collectif, qui regroupe 2 027 enseignants du secondaire et 1 017 de l’enseignement technique, pointe du doigt le non-respect des engagements pris par le gouvernement.
Après un processus rigoureux du concours tablettes, de l’induction civilo-militaire et de 13 mois de stage probatoire, ces jeunes professionnels ont été titularisés le 31 décembre 2025.
Cependant, la publication des bulletins de paie de janvier 2026 par la plateforme FUGAS (Fichier Unique de Gestion Administrative et de la Solde) a déclenché une indignation totale chez eux. En réalité, aucune des primes liées au statut d’enseignants, notamment les primes de craie, de documentation, d’incitation de zone, de logement et de transport n’y figure.
Le constat est amer pour ces pères et mères de famille qui se retrouvent avec un salaire de base de 2 861 000 GNF, alors que le pouvoir d’achat ne fait que se détériorer.
Le collectif dénonce plusieurs anomalies techniques :
– Valeur du point d’indice : bloquée à 1 319 au lieu de 1 372, spécifique aux secteurs Éducation et Santé.
– Échelonnement : les agents sont maintenus à l’échelon 6 alors qu’ils devraient légitimement accéder à l’échelon 8.
– Indice salarial : figé à 1 610 au lieu de 1 638.
Plus frustrant encore, les grévistes signalent que 1 615 autres fonctionnaires, recrutés sans concours en octobre 2025, ont déjà été régularisés et perçoivent l’intégralité de leurs droits.
Interrogé à l’issue d’une rencontre avec le secrétaire général du Syndicat National de l’Éducation (SNE), M. Billo Dioubaté, porte-parole du collectif et professeur à l’ENAM, ne cache pas son exaspération.
« En septembre 2025, nous avons constaté une baisse injustifiée de notre salaire. On nous a ramenés au régime des ministères standards. Malgré nos alertes, le blackout est total. C’est une humiliation quotidienne : nous servons l’État avec dignité dans des zones reculées, mais aujourd’hui notre carrière est rétrogradée », a-t-il fustigé.
Il souligne également un préjudice financier global de plus de 400 millions de GNF par mois pour l’ensemble des agents concernés, fonds dont la destination actuelle reste opaque.
Appuyé par le SNE, le collectif décide dans les prochaines heures d’élaborer une plateforme revendicative qui sera déposée auprès des ministères du travail, du budget et de l’éducation. Leurs exigences sont claires :
– Le retrait et la correction immédiate des bulletins de janvier 2026 ;
– Le rétablissement de la valeur indiciaire à 1 372 ;
– Le paiement intégral des primes statutaires ;
– Le rappel des arriérés accumulés depuis septembre 2025.
« Si cette situation n’est pas corrigée, nous allons nous faire entendre par tous les moyens légaux », prévient Billo Dioubaté.
Déjà, de nombreux enseignants ont quitté leurs postes en province pour rallier Conakry, laissant planer les risques d’une paralysie totale des établissements secondaires et techniques dans les jours à venir.
Alhassane Fofana
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il y a 2 heures
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