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Les hauts cadres du ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique viennent d’entamer une retraite de trois jours à Yorokoguiyah, dans la préfecture de Dubréka. Lancée ce vendredi 8 mai 2026, cette rencontre stratégique est un puissant cadre de réflexion et de planification visant à renforcer la contribution du département à la mise en œuvre de la vision présidentielle Simandou 2040, considérée par les autorités comme le nouveau référentiel du développement économique et social de la Guinée. Le coup d’envoi officiel des travaux a été donné par le ministre Faya François Bourouno, en présence des cadres centraux du département ainsi que de plusieurs responsables administratifs, a constaté Guineematin.com à travers l’un de ses reporters.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a précisé que cette retraite constitue un cadre de réflexion stratégique destiné à permettre à son département de mieux se positionner dans l’exécution des grandes réformes de l’État prévues dans le cadre du programme Simandou 2040.
François Bourouno, ministre de la Modernisation et de la Fonction Publique.« Nous venons dans cet espace pour réfléchir, nous organiser afin de mieux apporter notre contribution à la mise en œuvre de la vision présidentielle Simandou 2040, une vision qui ambitionne de transformer profondément notre pays et de l’inscrire parmi les nations émergentes dans les quinze prochaines années. En venant ici, nous avons pour objectif d’abord de nous approprier le programme Simandou lui-même, de mieux comprendre la vision, les axes stratégiques et surtout le positionnement de notre ministère », a déclaré Faya François Bourouno.
Le patron du département de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a longuement expliqué les cinq axes stratégiques autour desquels s’articule le programme Simandou 2040. Il a notamment insisté sur la transformation agro-industrielle, l’éducation et la formation du capital humain, les infrastructures et la connectivité, la structuration d’un écosystème financier solide ainsi que le développement du système de santé. Selon lui, la Guinée dispose d’importants atouts naturels qui doivent désormais être valorisés à travers une politique ambitieuse de transformation locale des ressources agricoles et minières.
« On est un pays naturellement riche qui peut nourrir ses citoyens et contribuer aussi à nourrir nos voisins de la sous-région. On peut aussi exporter au-delà de la sous-région. C’est pour cela que le président, en construisant cette vision, s’est dit qu’il faut que, cette fois-ci, ce potentiel ne reste pas un simple potentiel théorique. Il faut valoriser ce potentiel agricole, investir dans l’agriculture pour qu’on sorte de l’agriculture de subsistance afin de développer l’agro-industrie, transformer nos produits agricoles sur place afin de subvenir à nos besoins alimentaires, garantir la sécurité alimentaire et contribuer ainsi à inverser la courbe commerciale liée aux produits agricoles. Au lieu d’être un pays dépendant des importations étrangères, il faut qu’on soit aussi capable d’avoir une balance commerciale excédentaire sur les produits agricoles », a-t-il indiqué.
Abordant la question de l’éducation et de l’emploi, Faya François Bourouno a souligné le faible niveau d’intégration des compétences guinéennes dans les grands projets miniers et industriels du pays.
« Nous avons un secteur minier dynamique, nous avons un secteur industriel aussi qui se dynamise tous les jours. Mais ce que nous remarquons, c’est qu’il y a un grand décalage. La plupart des employés qui occupent les postes les plus décents dans ces entreprises sont des étrangers. Ce sont des gens qui viennent de Chine, parce que la plupart des grands investissements sont des investissements chinois. Donc la main-d’œuvre guinéenne est reléguée à des postes à moindre valeur. Et cela est inacceptable si on veut construire une trajectoire de croissance inclusive, de développement avec une prospérité partagée. Si on veut inverser cela, il faut investir pour former nous-mêmes nos compétences sur place. C’est pour cela que le président a développé cette ambition de faire du capital humain un levier stratégique pour catalyser et accélérer la mise en œuvre du programme Simandou », a-t-il expliqué.
Le ministre de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a également mis en avant les nombreux chantiers d’infrastructures en cours à travers le pays, notamment les projets routiers, ferroviaires et énergétiques liés au corridor Simandou. Il a cité plusieurs axes stratégiques en chantier, parmi lesquels Mamou-Faranah, Mamou-Labé, Labé-Mali ou encore Nzérékoré-Yomou. Pour lui, l’objectif du gouvernement est de faire de la Guinée un véritable hub logistique sous-régional grâce à l’interconnexion des corridors routiers et ferroviaires avec les pays voisins.
« Le long du corridor Simandou, nous voulons construire des hubs logistiques. Parce que, si vous prenez un importateur malien, il fait moins de 400 kilomètres pour venir le long des rails de Simandou au niveau de Kérouané. Donc cela lui fait moins de distance à parcourir que d’aller à Dakar. De l’autre côté, pour aller à Abidjan, il va faire plus de trajet. Donc, en créant des ports secs le long du corridor, cela permettra aussi d’accroître le positionnement stratégique de la Guinée vis-à-vis de nos amis de la sous-région. D’ailleurs, ce qui est bon à savoir, c’est ce corridor nord qu’on est aussi en train de développer. Aujourd’hui, la route Kébo est en cours de réalisation. Labé-Gaoual, je crois que le bitumage est très avancé… L’idée, c’est de faire des corridors reliés aux transnationales, donc aux routes internationales. Dakar va être reliée par la Guinée à travers le nord, et c’est cette route qui continue sur le Mali. C’est pour cela qu’on a ouvert le chantier Labé-Mali. Parce qu’au final, quelqu’un qui quitte le Sénégal peut passer par la Guinée pour se rendre au Mali le plus rapidement possible. Cela va permettre de rendre encore l’activité économique plus dynamique entre les voisins de la sous-région. Et cela crée plus de valeur ajoutée, plus de chaînes de valeur, plus de revenus pour les Guinéens. Et c’est cela la vision du chef de l’État », a-t-il souligné.
Le ministre Faya François Bourouno a aussi évoqué les ambitions du gouvernement dans le domaine énergétique, avec le développement du solaire, des barrages hydroélectriques et de nouvelles infrastructures industrielles destinées à soutenir la croissance économique. Sur le volet financier, il a annoncé la mise en place prochaine d’un fonds souverain destiné à financer les projets structurants, tout en assurant une gestion intergénérationnelle des revenus miniers.
Par ailleurs, Faya François Bourouno a insisté sur le rôle transversal de la modernisation de l’administration publique dans la réussite de Simandou 2040. Selon lui, aucune transformation durable ne peut être envisagée sans une administration performante, modernisée et orientée vers les résultats.
« Parmi les socles du programme Simandou, il y a la modernisation de l’État qui se positionne comme un socle transversal, parce que c’est le support de tout le programme Simandou 2040. Sans un État modernisé, une administration réformée, il va être difficile de construire des projets structurants, de piloter les projets dont on est en train de parler et de garantir la performance administrative derrière ce processus de développement. Et pour ne pas être sur la même trajectoire que par le passé, avec des programmes bien élaborés et des tables rondes qu’on partait organiser à Paris, cette fois-ci nous sommes en train de changer de paradigme. Nous n’organiserons pas des tables rondes à Paris. Nous avons défini des leviers en ayant l’orientation souveraine, en créant le fonds souverain et puis aussi nous sommes en train de discuter avec des partenaires. Cela fait deux ans qu’on discute avec le FMI, parce que nous voulons changer le paradigme. Nous ne voulons pas entrer dans un programme avec le FMI et limiter nos capacités à lever des financements pour financer des projets structurants », a-t-il affirmé.
Le ministre de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique a également appelé les cadres de son département à adopter une nouvelle culture de gestion axée sur les résultats plutôt que sur les moyens.
« En ayant le mandat de la modernisation de l’administration et de la Fonction publique, nous sommes naturellement engagés sur une trajectoire ambitieuse. Pour bâtir cette trajectoire, il faut une réflexion, il faut une équipe. Donc, en nous retrouvant ici, en plus de l’objectif de nous approprier le programme Simandou, il s’agit aussi de construire une équipe qui ait une vision commune, une équipe qui travaille ensemble, une équipe prête à porter ces enjeux, à affronter les défis. Parce que moderniser l’administration, c’est s’attaquer à des paradigmes, de vieux paradigmes qui datent du lendemain de l’indépendance. Cela veut dire que nous devons être mentalement prêts, nous d’abord, à montrer l’exemple, à être cette équipe soudée, cette équipe prête au partage, à l’innovation, à la créativité et à une meilleure gestion des interactions pour affronter et réussir à porter ces défis-là », a-t-il dit.
Au cours de cette retraite stratégique, les participants devront élaborer un plan d’action cohérent destiné à opérationnaliser les projets prioritaires relevant du ministère de la Fonction publique dans le cadre de Simandou 2040. Des fiches de projets détaillées ainsi que des mécanismes de suivi et d’évaluation devraient également être élaborés afin d’améliorer la gouvernance administrative.
À travers cette initiative, le ministère de la Modernisation de l’administration et de la Fonction publique entend ainsi se positionner comme un acteur clé de la transformation institutionnelle et administrative que les autorités guinéennes ambitionnent d’engager au cours des prochaines années.
Mohamed Lamine Touré pour Guineematin.com
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