Déguerpissement à Concasseur : « Nous respectons la décision, mais où allons-nous vendre ? »

il y a 2 heures 12
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Les opérations de déguerpissement engagées pour libérer les artères se poursuivent de Conakry. Le marché de Concasseur se trouve actuellement dans le viseur des autorités. Un préavis de 24 heures a été donné aux occupants des emprises de la route. Depuis, c’est une véritable course contre la montre qui s’est installée. Conteneurs démontés, boutiques vidées à la hâte et marchandises déplacées. Ici, chacun tente de sauver ce qui peut l’être.

Ce jeudi 29 janvier 2026, un reporter de Guineematin.com s’est rendu sur les lieux pour recueillir les témoignages de marchands partagés entre angoisse et volonté de respecter la décision des autorités.

Thierno Mouhammad Diallo, marchand

« Nous allons respecter ce que les autorités ont dit. Les détenteurs de conteneurs ou de devantures au bord de la route ont enlevé, ou sont en train de le faire. Comme nous avons été avertis, nous n’allons pas nous laisser surprendre. C’est pourquoi chacun s’active pour sauver ce qui peut l’être. Maintenant ce qui nous inquiète, c’est comment avoir un autre lieu de vente. Moi, j’avais un conteneur d’alimentation au bord de la route, mais je l’ai fait enlever. Mais l’être humain ne peut pas rester sans rien faire, il faut survivre. Nous demandons aux autorités de nous aider à trouver un autre endroit où nous pouvons nous débrouiller », a dit Thierno Mouhammad Diallo.

Même son de cloche pour Fatoumata Camara, également marchande au marché de Concasseur.

Fatoumata Camara, marchande à Concasseur

« Ils m’ont dit que c’est une décision du président, j’étais obligée de prendre mes marchandises. Là où je suis actuellement, je n’ai aucune place où vendre mes articles. Je demande aux autorités de nous aider afin que nous puissions avoir un endroit où vendre. Moi, j’étais dans une boutique près des anciens poteaux. Ils avaient dit que c’est seulement ceux qui étaient au niveau des nouveaux poteaux qui étaient concernés, donc je ne sais plus. Nous ne sommes que des pauvres qui se débrouillent dans ce marché. Nous les femmes, nous souffrons énormément. Je demande au président Doumbouya de nous aider, nous n’avons nulle part où aller », a-t-elle lancé.

Chez les vendeuses de poissons, la situation est tout aussi préoccupante. Mariame Bangoura, rencontrée sur le marché, appelle les autorités à tenir compte de la réalité du terrain.

Mariame Bangoura, marchande à Concasseur

« Ce que nous demandons au président Mamadi Doumbouya, c’est de venir voir notre marché. S’il y a de la place, nous irons nous installer là-bas, mais actuellement, il n’y a pas de place pour nous. Nous les femmes, nous souffrons vraiment. Nos maris ne travaillent pas et c’est nous qui prenons en charge les dépenses de la maison, le loyer et les frais scolaires des enfants. C’est pour cela que nous vendons sous le soleil. Cette situation nous inquiète beaucoup. Ici à Concasseur, il n’y a pas de marché, alors qu’à Taouyah, il existe un beau marché bien construit. Nous demandons donc aux autorités de nous aider à avoir un bon marché à Concasseur. Nous sommes contentes du président. C’est nous qui avons dit : oui, et nous restons derrière ce oui, parce qu’il réalise de bonnes choses. De notre côté aussi, notre devoir est de plaider pour avoir un bon marché à Concasseur », a-t-elle sollicité.

Mariama Barry pour Guineematin.com

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