De Simandou aux barrages : La Chine renforce son empreinte en Guinée

il y a 2 heures 10
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Le conseiller économique et commercial de l’ambassade de Chine en Guinée, Wang Hui, a récemment salué l’adoption par le Conseil national de la transition (CNT) de la loi-plan 2026-2040 relative au programme « Simandou 2040 », ainsi que de la loi-programme 2026-2030, y voyant une étape structurante pour l’avenir socioéconomique du pays. Dans une déclaration détaillée, le diplomate a réaffirmé l’engagement de la Chine à accompagner la Guinée dans la mise en œuvre de ses ambitions de développement.

« En tant que partenaire stratégique important de la Guinée, la Chine […] a apporté un soutien actif au développement socio-économique durable du pays », a-t-il indiqué, évoquant une coopération « pragmatique » renforcée dans le cadre de l’Initiative « la Ceinture et la Route » et du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC).

Un partenariat commercial en forte croissance

Wang Hui a d’abord souligné le dynamisme des échanges économiques entre les deux pays. Il a rappelé qu’en décembre 2024, la Chine a accordé un accès à tarif douanier zéro à l’ensemble des produits guinéens exportés vers son marché, facilitant notamment l’exportation de produits agricoles comme la noix de cajou, le café et le cacao.

« La Chine demeure le premier partenaire commercial de la Guinée », a-t-il souligné, précisant que le volume des échanges bilatéraux a atteint 18,342 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 58,6 % en glissement annuel. Des négociations sont également en cours pour encadrer les exportations de noix de cajou vers la Chine.

Agriculture et aide alimentaire : un appui ciblé

Sur le plan social, le responsable chinois a évoqué plusieurs initiatives en faveur des populations vulnérables. En partenariat avec le Programme alimentaire mondial (PAM), plus de 2 100 tonnes de denrées ont été distribuées en 2025 à plus de 42 000 bénéficiaires.

Un nouveau don de 2 450 tonnes de riz est en préparation, dont une première tranche de 490 tonnes est attendue au port de Conakry. Parallèlement, selon le diplomate, la Chine accompagne le développement agricole à travers des projets de riziculture hybride, la réalisation de forages et la fourniture d’équipements agricoles, avec pour objectif affiché de renforcer l’autosuffisance alimentaire.

Wang Hui a également insisté sur l’implication chinoise dans le secteur minier, notamment autour du projet Simandou, présenté comme un pilier du programme « Simandou 2040 ». Selon lui, la mise en production du projet en novembre dernier constitue une avancée majeure pour l’économie guinéenne.

Au-delà de l’exploitation, il a évoqué les efforts en matière de transformation locale, citant plusieurs projets de raffineries d’alumine portés par des entreprises chinoises. Il a également évoqué la création d’environ 60 000 emplois, avec une proportion de 70 % de travailleurs locaux au sein des entreprises concernées.

Santé, infrastructures et services publics : des réalisations structurantes

Dans le domaine sanitaire, la Chine revendique une présence continue depuis 1968, avec l’envoi régulier d’équipes médicales. L’Hôpital de l’amitié sino-guinéenne, équipé d’infrastructures modernes, ainsi que le Centre de médecine conjoint sino-africain inauguré en 2025, illustrent cette coopération.

Côté infrastructures, Wang Hui a rappelé le rôle des barrages de Kaléta et Souapiti, qui fournissent « plus de 80 % de l’électricité du pays ». Plusieurs projets routiers à Conakry et à l’intérieur du pays ont également été réalisés, tout comme la construction du futur siège de l’Assemblée nationale, attendu cette année.

Le projet « Safe City », récemment validé par le CNT, ainsi que la fourniture annoncée de bus pour le transport urbain, viennent compléter cet appui aux services publics.

Formation, éducation et culture : investir dans le capital humain

Le conseiller économique a enfin mis l’accent sur la dimension éducative et culturelle du partenariat. Chaque année, des bourses sont accordées à des étudiants guinéens, tandis que près de 300 cadres bénéficient de formations en Chine dans divers secteurs.

L’Institut Confucius de Conakry a déjà formé plus de 4 000 étudiants, dont une partie a intégré des entreprises chinoises. Des initiatives dans l’artisanat et la culture sont également en cours, notamment autour d’un projet de Palais des arts et de la culture.

Wang Hui a réaffirmé la volonté de la Chine de « renforcer l’alignement stratégique » avec Conakry et d’accompagner la Guinée dans la mise en œuvre de « Simandou 2040 ». Une coopération appelée, selon lui, à « produire davantage de résultats fructueux » dans les années à venir.

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