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C’est un secret de polichinelle en Guinée, le mouvement syndical traverse une crise sans précédent. En cause, des tensions persistantes entre la CNTG et l’USTG, les deux centrales les plus représentatives du pays. Autrefois unies pour la défense des intérêts des travailleurs, elles se regardent aujourd’hui en chiens de faïence. Cette division a malheureusement contraint le gouvernement à ajourner la célébration de la fête internationale du Travail, alors que chaque camp prévoyait de faire cavalier seul.
Interrogé sur ces différends qui entachent l’image du syndicalisme, Mohamed Lamine Camara, Secrétaire général du syndicat indépendant du ministère de l’Énergie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, et président de la centrale Union Générale des Travailleurs (UGT), a pointé du doigt l’USTG.
Pour Mohamed Lamine Camara, le problème ne se situe pas là où on l’imagine.
« Je dirais qu’il n’y a pas de bisbilles au sein du mouvement syndical guinéen en tant que tel. L’USTG ne semble se complaire que dans la contradiction, au lieu de proposer des projets viables pour les travailleurs. En réalité, le conflit n’est pas entre la CNTG et l’USTG, mais entre l’USTG et l’ensemble du mouvement syndical », a-t-il indiqué.
Selon lui, la pomme de discorde serait l’émergence de sa propre centrale, l’UGT.
« Nous avons rejoint le mouvement syndical guinéen en respectant la loi du grand nombre. C’est ce qu’ils n’ont pas apprécié. Ils ont déclaré que si nous étions reçus, ils se retireraient. C’est tout le débat. L’USTG a décidé de quitter les instances de son plein gré », a-t-il déploré.
Face à l’enlisement de la situation, le président de l’UGT estime que la balle est dans le camp de ses anciens collègues.
« Le mouvement syndical a été clair : puisqu’ils ont écrit pour annoncer leur départ, ils doivent écrire pour demander leur retour. C’est la règle de l’équilibre. On ne peut pas faire la guerre au coordinateur du mouvement alors que c’est lui qui a œuvré à la réconciliation des deux factions de l’USTG », a-t-il rappelé.
Plus loin Mohamed Lamine Camara a contesté la légitimité de la direction actuelle de l’USTG : « La structure dont Abdoulaye se réclame n’existe pas légalement. Ils n’ont pas fait de congrès, ils n’ont pas de statuts. Comment peut-on prétendre que le président et le secrétaire général ont les mêmes attributs ? C’est une confusion totale », a-t-il signalé.
Enfin, concernant le report de la fête du Travail par le ministre de la Fonction publique, Mory Condé, le syndicaliste ne cache ses doutes.
« On nous dit que le Président de la République souhaite désormais présider lui-même les festivités. Mais pour moi, cette décision informelle cache une volonté d’arranger une partie qui ne pouvait pas organiser sa propre fête. On veut nous forcer à célébrer ensemble. Il aurait fallu laisser l’USTG organiser son propre événement à Coléah, en ce moment le monde aurait vu ce qu’ils représentent réellement dans ce pays », a-t-il martelé.
Alhassane Fofana
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