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Les autorités guinéennes ont officiellement lancé, ce lundi 11 mai 2026 à Conakry, les travaux de présentation des résultats de l’évaluation PEFA++ 2024 ainsi que le processus d’élaboration du nouveau Programme de Réforme des Finances Publiques (PREFIP) 2026-2028.
Prévu sur deux jours, l’atelier réunit plusieurs membres du gouvernement, des partenaires techniques et financiers, des experts internationaux, des cadres de l’administration publique ainsi que des représentants d’institutions nationales et internationales engagées dans les réformes économiques et budgétaires du pays.
Cette rencontre marque une nouvelle étape dans la stratégie de modernisation des finances publiques engagée par la Guinée depuis plusieurs années. À travers le PEFA++ 2024, les autorités entendent évaluer les progrès accomplis, identifier les insuffisances persistantes et définir les grandes orientations du futur PREFIP, présenté comme une nouvelle génération de réformes axée sur la performance, la transparence et la digitalisation.
Prenant la parole, le secrétaire général de la Cellule technique de suivi des programmes et de la réforme des finances publiques au ministère du Budget, Dr Mamadou Barry, a rappelé que la Guinée avait déjà conduit trois grandes évaluations PEFA, notamment en 2013, 2018 et désormais en 2024.
Selon lui, le PEFA 2013 avait mis en évidence plusieurs fragilités dans la gestion des finances publiques, notamment la faible crédibilité budgétaire et les insuffisances des mécanismes de contrôle. L’évaluation de 2018 avait ensuite permis de constater des avancées dans la programmation budgétaire et la transparence financière, malgré des défis persistants liés à l’exécution budgétaire et au système comptable.
Concernant le PEFA++ 2024, Dr Mamadou Barry a expliqué que cette nouvelle évaluation intègre désormais les dimensions liées au genre, au climat et à la performance publique. Les résultats montrent des progrès significatifs dans le cadrage macro-budgétaire, la gestion de la trésorerie et de la dette, ainsi que dans le suivi des investissements publics.
Toutefois, il a souligné que plusieurs défis demeurent, notamment les écarts entre les prévisions et les réalisations budgétaires, les contraintes de trésorerie, la qualité de certaines données financières ainsi que le renforcement des mécanismes de contrôle et de transparence.
L’atelier a également été marqué par les interventions des partenaires techniques et financiers accompagnant la Guinée dans ses réformes économiques et budgétaires.
Le Représentant de l’Agence française de développement (AFD) en Guinée, Antonin Cœur-Bizot, a indiqué que l’évaluation PEFA++ 2024 avait été réalisée grâce à un cofinancement entre le gouvernement guinéen et l’Union européenne, dans le cadre du programme AMRIC. Coordonnée par Expertise France, cette mission visait à évaluer la performance des finances publiques sur les exercices 2021, 2022 et 2023, tout en intégrant les enjeux liés au climat et au genre.
Il a rappelé qu’en plus du PEFA++, la Guinée a bénéficié ces dernières années de plusieurs autres évaluations stratégiques, notamment le TADAT sur l’administration fiscale en 2022, le C-PIMA du FMI sur les investissements publics liés au climat, ainsi que l’évaluation MAPS de la Banque mondiale sur les marchés publics, dont les résultats sont attendus en 2026.
De son côté, le représentant de l’Union européenne en Guinée, Xavier Sticker, a salué « un énorme effort de transparence » de la part des autorités guinéennes. Il a notamment mis en avant l’importance du rapport PEFA++, un document de plus de 300 pages qui, selon lui, contribuera à améliorer le pilotage des finances publiques et des politiques publiques de l’État.
Le diplomate européen a également réaffirmé l’engagement de l’Union européenne et de l’AFD à accompagner durablement la Guinée dans les réformes liées à la mobilisation des ressources intérieures et au renforcement des mécanismes de contrôle.
Présidant l’ouverture des travaux au nom de la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, le ministre François Bourouno a salué les progrès réalisés en matière de transparence budgétaire et de digitalisation des finances publiques, tout en rappelant les défis liés à la mobilisation des ressources internes et à l’efficacité de la dépense publique.
Selon lui, le futur PREFIP 2026-2028 devra renforcer les mécanismes de contrôle, accélérer les réformes et s’inscrire dans la vision Simandou 2040 afin de faire des ressources du pays un véritable levier de développement durable.
Les conclusions de cet atelier devraient permettre à la Guinée de se doter d’un nouveau cadre stratégique de réformes destiné à améliorer la gouvernance budgétaire et la transparence dans la gestion des ressources publiques.
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