Conakry : un concours inédit redonne espoir à l’enseignement franco-arabe

il y a 3 heures 12
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Le Syndicat National de l’Enseignement Franco-Arabe de Guinée (SNEFAG), en partenariat avec CIS Médias, a organisé ce lundi 16 mars 2026, la grande finale de la première édition du Concours national inter-franco-arabe de Guinée. L’événement, qui s’est tenu au Chapiteau by Issa à Conakry, a mobilisé plusieurs autorités religieuses, dont le ministre secrétaire général des Affaires religieuses, ainsi que des imams et acteurs du système éducatif franco-arabe. Placée sous le thème de la promotion du savoir et de l’intégration éducative, cette compétition a réuni des élèves issus de plusieurs écoles franco-arabes du pays, avec pour ambition de mettre en lumière un vivier de talents souvent méconnu, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Au total, 64 candidats issus de 19 établissements ont pris part à cette compétition diffusée en direct sur CIS (Culture-Infos-Sports) Médias. Après plusieurs semaines d’épreuves, les meilleurs ont été récompensés par des ordinateurs, tablettes et autres distinctions offertes notamment par Coris Bank. Cette initiative marque une étape importante dans la valorisation de l’enseignement franco-arabe en Guinée, longtemps resté en marge des politiques éducatives.

Présent à la cérémonie, le ministre secrétaire général des Affaires religieuses, Elhadj Karamo Diawara, a souligné l’importance de la langue arabe dans la compréhension de l’islam. Selon lui, la maîtrise de cette langue est essentielle pour accéder au message du Coran et adopter un comportement conforme aux enseignements religieux.

Elhadj Karamo Diawara, ministre secrétaire général des Affaires religieuses

« La langue arabe est la source fondamentale de notre religion, l’islam. La première référence en islam, c’est le Coran qui a été révélé en langue arabe. Pour mieux comprendre ce message, il faut maîtriser cette langue. Après cette maîtrise, on peut traduire ce que Dieu veut pour que nous le pratiquions dans la vie actuelle. Si ce contenu est mal compris, cela signifie que notre comportement sera en incompatibilité avec l’orientation de la religion. Protéger cette langue, c’est donc protéger la référence et la source principale de l’islam ».

Par ailleurs, le ministre a mis en avant son rôle stratégique dans le renforcement des relations entre la Guinée et les pays du Golfe, ainsi que dans la promotion des sciences et cultures. « Deuxièmement, cela peut aider la Guinée à renforcer ses relations avec les pays qui pratiquent cette langue, notamment les pays du Golfe qui entretiennent des relations bilatérales et multilatérales avec de nombreux pays du monde, y compris les pays développés. La Guinée a besoin de renforcer ces relations. La langue arabe peut aussi aider l’administration guinéenne à promouvoir plusieurs cultures, langues et sciences qui existent dans cette langue », a-t-il expliqué.

Prenant la parole, Dr Ibrahima Mansaré, secrétaire général du SNEFAG, est revenu sur les nombreuses difficultés ayant affecté l’enseignement franco-arabe ces dernières années. Il a notamment évoqué la suppression des bourses, le manque d’infrastructures, de manuels scolaires et de formation pour les enseignants.

Dr Ibrahima Mansaré, secrétaire général du SNEFAG

« Depuis un certain temps, les écoles franco-arabes étaient laissées pour compte. Les bourses avaient été supprimées, il n’y avait pas d’infrastructures, pas de manuels scolaires, ni de formation pour les enseignants. Nous qui sommes issus du cursus franco-arabe avons décidé de nous organiser afin d’être une force de proposition. Nous avons mené des actions en collaboration avec les médias qui nous ont accompagnés gratuitement. Je rends hommage ici à plusieurs médias, notamment Guineematin, Mosaïque Guinée, Université.com et bien d’autres qui ont accepté de nous soutenir dans cette démarche. Grâce à ces efforts, la bourse a été rétablie. Nous avons également commencé à célébrer les lauréats franco-arabes qui partent étudier au Maroc ainsi que ceux qui restent au pays, en leur offrant des ordinateurs et des kits scolaires. Face à cette situation, les acteurs du secteur ont décidé de s’organiser pour redynamiser le système. Grâce à des actions concertées et au soutien de plusieurs médias, certaines avancées ont été obtenues, notamment le rétablissement des bourses et la valorisation des élèves à travers des récompenses et des opportunités d’études à l’étranger », a-t-il laissé entendre.

Pour Mohamed Diallo, président du comité d’organisation, ce concours baptisé « Grand Quiz Ramadan » repose sur un format progressif et dynamique. Chaque jour, quatre candidats s’affrontaient, avec un vainqueur quotidien. Ces derniers étaient ensuite regroupés pour des phases hebdomadaires, menant à la grande finale nationale.

Mohamed Diallo, président du comité d’organisation

« Durant tout le mois de Ramadan, chaque jour, quatre candidats étaient en compétition. Le vainqueur du jour devenait lauréat. Du lundi au jeudi, nous avions quatre lauréats qui s’affrontaient ensuite le vendredi pour désigner le finaliste national de la semaine. Après quatre semaines de compétition, nous avons obtenu les quatre finalistes qui se sont affrontés aujourd’hui pour désigner le champion national », a-t-il expliqué. Ce modèle a permis de maintenir l’intérêt du public tout au long du mois de Ramadan, tout en créant une saine émulation entre les établissements participants.

Au-delà de la compétition, les organisateurs entendent changer la perception du système franco-arabe, souvent considéré à tort comme limité. « Ces élèves sont bilingues, ils maîtrisent à la fois le français et l’arabe », a insisté Mohamed Diallo, soulignant leur potentiel dans le développement socio-économique du pays. Un message appuyé par des références religieuses, rappelant que la quête du savoir est essentielle aussi bien pour la vie d’ici-bas que pour l’au-delà.

Au terme de cette première édition, Mory Doukouré Kané, élève de l’école Alhidhaya Islamique, a été couronné champion national. Très ému, le lauréat a exprimé sa joie et encouragé ses camarades à persévérer dans l’apprentissage des deux langues.

Mory Doukouré Kané, élève de l’école Alhidhaya Islamique

« Une simple participation me rendait déjà heureux. Aujourd’hui, être premier est une immense fierté. J’encourage mes amis à rester attachés à la langue française et à la langue arabe », a-t-il déclaré.

À travers ce concours, le SNEFAG et ses partenaires ambitionnent de redonner ses lettres de noblesse à l’enseignement franco-arabe en Guinée. Cette première édition, saluée pour son organisation et son impact, ouvre la voie à des initiatives encore plus ambitieuses pour promouvoir l’excellence et révéler les talents de demain.

Mariama Barry pour Guineematin.com

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