Conakry : Djiba Diakité lance la 18e édition des ‘’72 Heures du Livre’’ sous le signe du numérique

il y a 2 heures 12
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Fidèle à ses engagements, la République de Guinée a une nouvelle fois prouvé qu’elle est le poumon littéraire du continent. Ce 23 avril 2026, date symbolique de la Journée mondiale du livre, a marqué le lancement solennel de la 18e édition des ‘’72 Heures du Livre’’.

C’est l’espace culturel du lac Gbassikolo qui a servi de cadre à la cérémonie d’ouverture. Entre hommages vibrants, engagements étatiques et célébration du numérique, l’événement a consacré Conakry comme ‘’Ville créative de l’UNESCO en littérature’’, avec Forécariah comme ville invitée d’honneur, illustrant ainsi la volonté de décentraliser l’accès à la culture.

Le programme de cette édition se déploie à travers une multitude d’activités : expositions-ventes, séances de dédicaces et conférences-débats sur les enjeux du numérique dans l’éducation. Les visiteurs peuvent également participer à des ateliers de création, des concours de poésie slam et des lectures de contes. Des espaces spécifiques sont dédiés à Forécariah et aux treize communes de Conakry afin de mettre en avant la diversité du patrimoine guinéen.

Placée sous le thème ‘’Jeunesse et numérique : créativité, innovation et engagement’’, la cérémonie a réuni le sommet de l’État et de la diplomatie. Autour de M. Djiba Diakité, ministre directeur de cabinet de la présidence de la République et président d’honneur de cette édition, et du général Amara Camara, ministre secrétaire général de la présidence, se trouvaient les anciens Premiers ministres Mohamed Saïd Fofana et Ahmed Tidiane Souaré, ainsi que le ministre de la culture, du tourisme et de l’artisanat, Moussa Moïse Sylla.

Dans son discours de bienvenue, Madame la Gouverneure, M’Mahawa Sylla, a exprimé sa fierté de voir la capitale intégrer le réseau des 63 villes créatives de littérature de l’UNESCO.

« Cet événement est devenu l’un des plus grands regroupements culturels de notre pays. Après avoir été Capitale mondiale du livre en 2017, Conakry devient aujourd’hui Ville créative de l’UNESCO. Notre objectif futur est d’en faire la capitale africaine pérenne du livre », a-t-elle déclaré, précisant que le livre reste un vecteur essentiel de formation et de cohésion sociale, tout en remerciant le président de la République, le général Mamadi Doumbouya, pour son soutien constant.

Le coordinateur résident des Nations unies, Christophe Riaux, a salué la double reconnaissance de l’UNESCO envers la Guinée. Il a rappelé qu’en 2026, si le titre de capitale mondiale revient à Rabat, Conakry continue de briller par son statut de ville créative.

Malgré tous les progrès déjà réalisés en matière d’accès à l’éducation, le diplomate, partant d’un constat dans certaines zones du pays, a relevé les difficultés auxquelles sont encore confrontés des milliers de jeunes Guinéens pour qui l’accès au livre est une limitation réelle qui impacte la qualité de leurs apprentissages, alors que les opportunités offertes par le numérique sont énormes.

« Le numérique ne dépasse pas le livre, il l’amplifie. Il offre de nouveaux espaces de diffusion et franchit des distances que les bibliothèques physiques ne pouvaient atteindre seules », a-t-il signalé.

Constituant deux tiers de la population, la jeunesse guinéenne porte à la fois une énergie, une créativité et une capacité d’innovation essentielles au développement du pays. C’est pourquoi Christophe Riaux l’a invitée à découvrir les passerelles vers des mondes proches ou lointains qu’offrent la littérature et les livres.

« Ils vous permettent d’élargir vos horizons et de faciliter vos apprentissages. Ils sont aussi des outils précieux pour explorer et valoriser vos racines, votre histoire et votre identité guinéenne. Vous, pour qui la révolution numérique est une réalité qui vous entoure depuis toujours, vous comprenez que le pouvoir du livre n’est pas dépassé par vos smartphones. Au contraire, il est amplifié. Le numérique offre aux livres de nouveaux espaces de diffusion, touche de nouveaux lecteurs et franchit des distances que les bibliothèques physiques ne pouvaient atteindre seules. Cette opportunité qu’offre le numérique pour multiplier l’accès au savoir et à la culture n’est toutefois pas automatique. Elle exige des choix courageux, des politiques délibérées, des investissements ciblés et une volonté forte de ne laisser aucune jeune Guinéenne, aucun jeune Guinéen en marge », a-t-il martelé, réaffirmant l’engagement des Nations unies et de l’ensemble des partenaires de la Guinée à accompagner le gouvernement et la société civile dans leurs efforts afin de faire de la culture, de l’éducation et du numérique des moteurs d’inclusion, de cohésion sociale et de développement humain.

Dans son allocution de lancement, le ministre directeur de cabinet, Djiba Diakité, a lié cet événement au programme Simandou 2040. Pour lui, la transformation économique de la Guinée passe inévitablement par l’investissement dans l’intelligence.

« Le thème de cette année, jeunesse, numérique, créativité, innovation et engagement, nous interpelle collectivement et nous rappelle une évidence : aucun pays ne peut se développer durablement sans investir dans sa jeunesse. C’est le choix fort porté par Son Excellence, le président de la République. À travers le programme Simandou 2040, la Guinée place le capital humain au cœur de sa transformation socio-économique durable et responsable pour au moins les 15 prochaines années. Nous savons que les infrastructures et les grands projets n’ont de sens que s’ils s’accompagnent d’un investissement stratégique massif dans l’éducation, la culture et le savoir pour renforcer un état d’esprit de développement », a-t-il entamé.

Les ambitions des 72 Heures du Livre riment parfaitement avec la vision de Simandou Académie, celle de former une jeunesse compétente, bâtir des infrastructures éducatives modernes et développer des partenariats d’excellence avec des écoles, des universités et des entreprises, en Guinée et à l’échelle internationale, d’autant plus que le développement d’un pays dépend de la formation de sa jeunesse.

« Au cœur de cette prospérité nationale de Simandou Académie, le livre, bien évidemment, est irremplaçable. Lire, c’est apprendre, mais c’est aussi comprendre, imaginer et se construire. À l’ère du numérique, la lecture devient encore plus essentielle. Elle nous donne de la profondeur dans un monde de rapidité, de célérité. Je dis bien, le livre nous donne de la profondeur dans un monde de rapidité et de célérité inédites. Les 72 Heures du Livre sont ainsi bien plus qu’un événement culturel. Elles sont un espace d’éveil, de transmission et d’engagement », a indiqué le ministre directeur de cabinet de la présidence de la République.

Il a particulièrement encouragé les jeunes filles à croire en leur potentiel.

« Lisez, osez, la Guinée a besoin de vous pour continuer à garantir sa souveraineté politique et économique », a-t-il souligné.

Enfin, M. Djiba Diakité s’est engagé personnellement à accompagner cette édition pour en garantir le succès.

« En ma qualité de président d’honneur, je m’engage personnellement à accompagner les 72 Heures du Livre, notamment pour cette édition, pour en faire un succès au service de la culture et de l’avenir », a-t-il souligné.

Pour le fondateur de l’événement, Sansi Kaba Diakité, ces ‘’72 Heures’’ sont désormais un patrimoine national. Le défi actuel consiste à marier la tradition du papier aux outils numériques. En signe de reconnaissance, il a décerné des trophées aux officiels et partenaires présents.

Le nom de Sansi Kaba Diakité, fondateur des éditions L’Harmattan Guinée, a résonné dans tous les discours. Un hommage unanime a été rendu à son audace, transformant ce qui était autrefois une initiative privée en une véritable institution culturelle africaine.

L’événement a été couronné par la visite des stands par les officiels, témoignant du sérieux et de l’intérêt que les organisateurs portent à cet événement.

À rappeler que cet événement a été marqué par une prestation artistique des héritiers du légendaire feu Sory Kandja Kouyaté.

Alhassane Fofana

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