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À Kondon Boffou, dans la commune rurale de Sinta, relevant de la préfecture de Télimélé, les séquelles du déplacement massif des populations consécutif à la construction du barrage hydroélectrique de Souapiti demeurent visibles. Les populations sont écartelées entre difficultés d’accès à l’eau potable, routes dégradées, manque d’électricité et préoccupations liées aux indemnisations. Dans un entretien accordé à l’envoyé spécial de Guineematin.com sur place, le jeune chercheur et conservateur de l’environnement, Sékou Diabaté, tire la sonnette d’alarme et appelle les autorités à soulager une communauté de plus de 5 000 habitants.
Née du projet énergétique de Souapiti, la cité de réinstallation de Kondon Boffou accueille aujourd’hui des milliers de personnes déplacées. Selon Sékou Diabaté, plus de 530 bâtiments abritent actuellement plus de 5 000 habitants installés sur une plaine aménagée après le lancement du barrage. « Il y a au moins 530 bâtiments avec plus de 5 000 personnes déplacées sur une plaine suite à l’implantation du projet hydroélectrique de Souapiti », a-t-il expliqué.
Évoquant les conditions de vie, le jeune environnementaliste a particulièrement insisté sur la problématique de l’eau potable, qu’il considère comme une urgence absolue.
Sékou Diabaté, jeune chercheur et conservateur de l’environnement« Quand tu plantes et que tu arroses, ça peut prendre. Mais une fois que la plante est atteinte, sur cette plaine, il est difficile que ça réussisse. Ce que je peux demander à l’État, c’est de nous aider à avoir des robinets. Si chaque famille a un robinet, deux grands forages sur la colline du carrefour de Bambéto ou ailleurs pourraient servir toute la cité », a-t-il plaidé.
Outre la question de l’eau, l’état de la route reste une préoccupation constante. D’après Sékou Diabaté, les travaux de dégagement entrepris sur l’axe Kindia–Télimélé, en direction de Ganimbaya, dans la commune rurale de Sangaréah, vers Pita, restent insuffisants pour assurer une circulation fluide. Les véhicules rencontrent d’importantes difficultés, contraignant parfois les usagers à faire de longs détours. « La route non plus n’est pas bonne. Ils ont pu gratter jusqu’à Ganimbaya, avant le pont de Kondon Boffou sur le fleuve Kakrima, mais ce n’est pas facile », a-t-il regretté.
Face à cette situation, il appelle les autorités à accélérer la réalisation d’une route bitumée afin de désenclaver la localité et de favoriser les échanges économiques.
Dans son intervention, Sékou Diabaté s’est également adressé au président de la transition, Mamadi Doumbouya, lui demandant d’écouter les réalités vécues par les populations à la base. Il sollicite notamment la construction d’une route moderne et l’amélioration des infrastructures essentielles.
« Mon président, M. Mamadi Doumbouya, je prie Dieu qu’il le protège, qu’il le bénisse et qu’il lui donne un bon entourage, parce qu’un chef, c’est aussi son entourage. Nous souhaitons qu’il écoute les réalités de la base. Ce qu’il peut faire pour nous, c’est nous aider à avoir une route bitumée », a-t-il déclaré.
En attendant, il invite l’entreprise chargée des travaux à procéder au dégagement rapide de la voie afin de faciliter la circulation des engins roulants.
L’accès à l’électricité figure aussi parmi les besoins prioritaires. Selon le chercheur, la disponibilité du courant pourrait encourager la création de petites activités génératrices de revenus, telles que la transformation de produits locaux ou la fabrication de remèdes à base de plantes médicinales. « En dehors de l’eau, qui est une source de vie, nous avons besoin du courant pour créer de petites et moyennes entreprises. Moi, je peux faire du jus et des médicaments à base de plantes médicinales. »
Tout en exprimant son soutien aux actions entreprises par les autorités de transition, Sékou Diabaté n’a pas caché ses inquiétudes face à la précarité persistante. Il réclame notamment une indemnisation pour ses plantations affectées par les conditions climatiques, ainsi qu’une meilleure prise en charge des familles encore en attente de leurs logements.
Dans un ton grave, il évoque même la possibilité de quitter la localité si aucune solution n’est trouvée, affirmant que la situation actuelle met en péril l’avenir de sa famille.
Pour rappel, la construction de la cité de Kondon Boffou a entraîné le déplacement de treize villages, dont Kounkouré Centre, Kafourou, Hakkoundé Thiandhi, Botonkoun Mawndé, Botonkoun Tossokoun, Makankan, Hinnako, Bassan Khori, Gnabély, N’dantary, Sinthiourou, Miriré et Boki Bely.
Aujourd’hui, la cité regroupe plus de 5 000 habitants répartis dans 888 bâtiments, comprenant trois mosquées, une école primaire, un collège et un hangar, réalisés par 17 entreprises. Malgré quelques avancées, les habitants oscillent encore entre espoir et détresse, attendant des réponses concrètes pour améliorer leurs conditions de vie et tourner définitivement la page du déplacement.
De retour de Kondon Boffou (Télimélé), Amadou Baïlo Batouala Diallo pour Guineematin.com
Tél. : (00224) 628 51 67 96
The post Barrage de Souapiti : la vie difficile des déplacés de Kondon Boffou first appeared on Guineematin.com.
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