Alhoussein Makanéra : « Oui, je veux écrire et j’écrirai »

il y a 2 heures 14
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Interrogé par Mediaguinee sur une éventuelle volonté de se lancer dans l’écriture, Alhoussein Makanéra Kaké ne se dérobe pas. Il assume. Mais sa réponse tranche avec l’approche traditionnelle des mémoires politiques. Pour lui, l’époque a changé, et avec elle, la place du livre dans la transmission de la parole publique.

« Oui, je veux écrire et j’écrirai. Mais aujourd’hui, écrire des livres n’est plus aussi important qu’il y a 10 à 15 ans. Avant, les discours n’étaient pas numérisés. C’est pourquoi on disait : la parole s’envole, l’écrit reste. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Ce que je dis là a la même valeur que ce que quelqu’un écrit. Celui qui veut savoir qui a été Makanéra demain, il lui suffit de taper mon nom : il aura tous mes discours, les vidéos. Ce ne sont donc plus les mêmes impératifs. »

Dans un monde dominé par le numérique, l’ancien ministre estime que la trace audiovisuelle concurrence désormais l’écrit. Pourtant, cette évolution ne l’empêche pas de nourrir le projet d’un livre. Car l’enjeu, selon lui, est ailleurs.

« Cela ne m’empêchera pas d’écrire, parce qu’en réalité, l’objectif qui va m’animer, ce n’est pas de fixer pour la postérité, mais de pouvoir proposer un résumé à travers lequel on peut non seulement savoir qui j’ai été, ce que j’ai fait, quelles sont les personnes que j’ai rencontrées. Il y a souvent un grand décalage entre la perception des gens et la réalité des hommes politiques. Ce qu’on dit de vous est loin de ce que vous représentez réellement. »

C’est précisément sur ce décalage entre image publique et réalité vécue que Makanéra Kaké souhaite revenir. Un fossé qu’il juge particulièrement profond lorsqu’il est question de son rapport aux différents régimes politiques en Guinée. L’exemple qu’il cite est révélateur d’une réputation qu’il conteste frontalement.

« En Guinée, quand on demande quelle est la personne qui a travaillé avec tous les régimes, certains vont dire Makanéra, alors que c’est complètement l’inverse. Parmi tous les cadres de mon âge, je suis le seul qui peut dire que, dans toute ma vie, une seule personne m’a nommé : Alpha Condé. Aucun autre. Je n’ai collaboré avec aucun autre régime, peut-être sauf maintenant avec le CNRD du général Mamadi Doumbouya. »

Par cette mise au point, l’ancien ministre entend déconstruire une idée largement répandue dans l’opinion publique : celle d’un homme politique passé d’un régime à l’autre. Il revendique au contraire une trajectoire qu’il estime singulière, marquée par une seule nomination politique avant sa collaboration actuelle avec le CNRD.

« Donc, pour des questions de ce genre, peut-être que je vais m’employer à écrire. »

Christine Finda Kamano

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