39ème sommet de l’UA: Antonio Guterres plaide pour la paix, une action économique et climatique forte (Discours)

il y a 3 heures 18
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A l’ouverture du 39ème sommet de l’Union Africaine, le Secrétaire Général de l’ONU s’est adressé aux dirigeants africains. Antonio Guterres a fait un plaidoyer en faveur de la paix et en faveur d’une action économique et climatique soutenue.

CI-DESSOUS LE DISCOURS PRONONCÉ PAR ANTONIO GUTERRES À L’OCCASION DU SOMMET DE L’UNION AFRICAINE à Addis-Abeba ce 14 février 2026

Traduction – Seul le prononcé fait foi

Monsieur le Président Lourenço, Président de la République d’Angola et Président de l’Union africaine,

Distingués chefs d’État et de gouvernement,

Président Mahmoud Ali Youssouf, de la Commission de l’Union africaine,

Excellences,

Mesdames et Messieurs,

Dans un monde en proie aux divisions et à la méfiance, l’Union africaine est un bastion du multilatéralisme.

Je lui en suis profondément reconnaissant.

Je n’oublierai jamais le soutien indéfectible et déterminant que m’a apporté le Groupe des États d’Afrique à l’ONU, au gré de toutes les questions et de toutes les initiatives, dans notre lutte commune pour la justice et l’égalité.

Votre solidarité nous a non seulement rendus plus forts, mais elle m’a aussi profondément touché. Je ne l’oublierai jamais.

Dès le premier jour de mon mandat, l’ONU et l’Union africaine ont forgé un partenariat fondé sur le respect, un dialogue permanent et une solidarité sans faille.

Ces 10 dernières années, notre coopération a atteint de nouveaux sommets.

Nous avons mis en place des mécanismes communs pour la paix et la sécurité, le développement durable et les droits humains.

Nous avons collaboré pendant la pandémie de COVID-19.

Nous avons noué de nouveaux partenariats clés.

Et nous avons adopté la résolution 2719 du Conseil de sécurité, texte historique qui ouvre la voie à un financement prévisible des opérations de soutien à la paix menées par l’Union africaine.

Nous avons eu l’honneur de soutenir les priorités de l’Union africaine, que ce soit l’initiative Faire taire les armes, l’Agence humanitaire africaine ou encore la promotion de transitions politiques inclusives.

Et nous nous tenons aux côtés de l’Afrique dans le combat qu’elle mène pour la justice au niveau mondial.

Ce faisant, nous nous dressons contre les séquelles laissées par l’esclavage et le colonialisme, notamment en répondant à votre appel à la mise en place de cadres de justice réparatrice.

Nous agissons pour les objectifs de développement durable.

Nous menons des actions ambitieuses contre les changements climatiques.

Et nous œuvrons au renforcement du multilatéralisme pour le XXIe siècle en amorçant une réforme de l’architecture financière internationale et la réforme tant attendue du Conseil de sécurité de l’ONU.

L’absence de sièges permanents pour l’Afrique au Conseil est indéfendable.

Nous sommes en 2026, pas en 1946.

À chaque fois qu’il est question de l’Afrique et du monde, il faut que l’Afrique ait voix au chapitre.

Excellences,

Ces priorités ont façonné le Pacte pour l’avenir, inspiré par les dirigeantes et les dirigeants africains, ainsi que l’Initiative ONU80, qui visent à renforcer l’appui apporté par l’ONU à l’Afrique et au reste du monde.

Pour l’avenir, notre action continuera de s’articuler autour de trois grands axes.

Premièrement – la paix.

Au Soudan, les parties doivent s’engager à cesser immédiatement les hostilités et à reprendre les pourparlers afin de parvenir à un cessez-le-feu durable et à un processus politique global, inclusif et dirigé par les Soudanaises et les Soudanais.

Au Soudan du Sud, le Comité ad hoc de haut niveau de l’Union africaine est appelé à jouer un rôle important pour relancer le dialogue politique et empêcher une reprise du conflit.

En République démocratique du Congo, il faut que les engagements soient tenus, à commencer par un cessez-le-feu immédiat et le respect de l’intégrité territoriale de la RDC.

En République centrafricaine, il faut consolider les avancées politiques et les progrès en matière de sécurité.

En Libye, tous les acteurs doivent mener à bien un processus politique dirigé par les Lybiennes et les Libyens, avec le soutien de la Mission d’appui des Nations Unies.

Dans toute l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, il est essentiel de mener des efforts coordonnés pour mettre fin aux cycles de violence, au terrorisme et aux déplacements.

Et en Somalie, il est vital de garantir un financement durable et prévisible de la Mission d’appui et de stabilisation de l’Union africaine.

Je regrette que les membres du Conseil de sécurité n’aient pas réussi à s’entendre pour financer cette Mission au moyen des contributions statutaires.

S’il est une Mission qui mérite l’appui de la communauté internationale, c’est bien celle-ci.

Plus généralement, nous procédons actuellement à un examen des opérations de paix afin de nous assurer que les mandats sont réalistes, structurés et dotés de ressources suffisantes, et qu’ils reposent sur des stratégies de transition claires.

Excellences,

Deuxièmement – l’action économique.

Les pays en développement font face à un déficit de financement vertigineux des Objectifs de développement durable de quatre mille milliards de dollars par an.

Dans le même temps, l’Afrique perd chaque année davantage en remboursements de la dette et en flux financiers illicites qu’elle ne reçoit d’aide.

Parallèlement, les pays africains paient des taux d’emprunt jusqu’à huit fois supérieurs à ceux des économies avancées.

Nous devons tripler la capacité de prêt des banques multilatérales de développement.

Mobiliser davantage de financements privés.

Réduire les coûts et les risques d’emprunt, et soutenir les pays en situation de surendettement.

Et réformer l’architecture financière internationale afin de garantir aux pays en développement, et notamment aux pays africains, une voix et une participation pleines et entières dans les institutions financières et les prises de décisions.

La communauté internationale doit aussi assumer pleinement ses responsabilités dans la lutte contre le blanchiment d’argent, l’évasion fiscale et les flux financiers illicites.

Excellences,

Troisièmement – l’action climatique.

Le thème du Sommet souligne qu’il est urgent de mettre en place des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement résilients pour faire face au réchauffement de la planète.

La science ne laisse planer aucun doute : le réchauffement planétaire dépassera la limite de 1,5 °C.

Notre devoir à toutes et à tous est de faire en sorte que ce dépassement soit le plus faible, le plus court et le moins dangereux possible.

Les pays du G20 sont à l’origine de presque 80 % des émissions mondiales.

Ils doivent réaliser des réductions importantes au cours de cette décennie.

Quant à l’Afrique, qui concentre 60 % du potentiel solaire mondial, elle peut devenir un poids lourd des énergies propres.

Pourtant, elle ne comptabilise que 2 % des investissements mondiaux dans ces énergies.

Alors qu’elle n’a pratiquement pas contribué à la crise, l’Afrique est confrontée à un réchauffement plus rapide que la moyenne.

L’adaptation doit être une priorité.

Les pays développés doivent donc : tripler leur financement de l’adaptation…

Mobiliser 1 300 milliards de dollars par an pour les pays en développement d’ici à 2035, tel que convenu à Baku…

Renforcer le Fonds pour les pertes et préjudices.

Accélérer une transition juste, ordonnée et équitable pour passer des combustibles fossiles aux énergies renouvelables.

Généraliser les dispositifs d’alerte rapide.

Et veiller à ce que les pays d’Afrique soient les premiers à tirer pleinement parti de leurs minéraux critiques grâce à des chaînes de valeur et à des processus de production équitables et durables, conformément aux recommandations du Groupe chargé de la question des minéraux critiques pour la transition énergétique.

Halte à l’exploitation. Halte au pillage.

Les peuples d’Afrique doivent bénéficier des ressources de l’Afrique.

Excellences,

Votre leadership et votre solidarité ont guidé chacun de mes pas en tant que Secrétaire général.

Continuons sur notre lancée en renforçant notre partenariat pour la paix, le développement durable et les droits humains en Afrique et dans le monde entier.

Et permettez-moi une dernière observation.

Certains ont décrit ma présence ici comme un adieu. C’est faux.

Je peux vous garantir que jusqu’à la fin de mon mandat, l’Afrique sera la priorité numéro un de l’ONU dans toutes ses activités.

Et que le partenariat entre l’Union africaine et l’ONU sera notre partenariat stratégique le plus important.

Après le 31 décembre, je peux vous garantir que, où que je sois, quoi que je fasse, l’Afrique sera toujours au centre de mes préoccupations et de ma solidarité active.

Africa Sempre.

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