Vers un licenciement à Cellcom : les travailleurs dénoncent une décision unilatérale et interpellent

il y a 2 heures 14
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Depuis plusieurs mois déjà, la société de téléphonie mobile Cellcom Guinée fait face à des difficultés persistantes, notamment depuis son acquisition par un nouveau propriétaire. Entre retard de salaires et dégradation des conditions de travail, les travailleurs dénoncent une situation qu’ils jugent préoccupante.

Ce jeudi 16 avril 2026, réunis autour de la délégation syndicale avec l’appui de la Fédération syndicale autonome des télécommunications (FESATEL), ils ont dénoncé cet état de fait et interpellé les autorités. Alexandre Nianbalamou, secrétaire général de la structure syndicale de l’entreprise, a exprimé son incompréhension face à la situation, s’étonnant qu’un Guinéen devenu propriétaire d’une société puisse envisager des licenciements touchant des travailleurs guinéens.

« Quand le nouvel acquéreur a pris l’entreprise, on s’était dit que c’était une bonne opportunité pour les travailleurs. Et aujourd’hui, il y a nos collègues qui sont mis à la porte avec des miettes pour des motifs que nous ne reconnaissons pas, des motifs économiques. Parce que pour le premier licenciement, pour tous ceux qui connaissent, il y avait 23 de nos amis qui ont été mis à la porte. Et les raisons étaient simples : nous allons les mettre à la porte parce qu’on ne peut pas supporter toutes les charges pour payer leurs salaires. Donc on va réduire l’effectif de 23 personnes pour pouvoir payer ceux qui resteront. Mais si aujourd’hui, on met 23 personnes à la porte pour venir nous rendre la vie difficile, nous devons le dénoncer. On ne peut pas l’accepter. Aujourd’hui, on est à la case de départ. On ne s’est pas limité à 23 personnes, on nous parle maintenant de 26 personnes. 26 de nos collègues, mères et pères de famille, qui vont aujourd’hui partir à la maison à cause des mêmes motifs. Des motifs qui ne sont pas justifiés. Ça, c’est notre avis. On ne peut pas accepter qu’un Guinéen licencie des Guinéens », a-t-il indiqué.

Bénéficiant du soutien affiché des travailleurs réunis dans leur ensemble, Alexandre a interpellé l’État sur ce qu’il a qualifié de responsabilités régaliennes. Selon ce syndicaliste, si le nouvel acquéreur n’est pas en mesure d’assumer ses engagements, l’État doit intervenir pour envisager la mise en liquidation de l’entreprise.

« Aujourd’hui, le nouveau directeur est arrivé, vous avez de nouveaux investisseurs, vous êtes en négociation avec Huawei. Mais c’est en ce moment que vous trouvez pour mettre les gens à la porte. Comment comprenez-vous cela ? On veut élargir un réseau, mais on veut réduire le personnel. On va peut-être automatiser tous nos travaux. On ne l’acceptera pas. Si le deal, c’est de mettre les anciens à la porte pour faire venir des nouveaux, on ne l’acceptera pas. On ne va pas passer notre jeunesse ici pour rentrer à la maison avec des miettes et voir d’autres, qui n’ont pas souffert pour l’entreprise, venir profiter de nos fruits. La situation que nous dénonçons ne concerne pas que ceux qui sont déjà sur la liste de départ. Elle concerne vous, elle concerne nous, elle concerne tout le monde. Parce que ce n’est pas parce qu’on est d’accord avec la direction qu’on ne peut pas être mis sur une liste de départ. Nous connaissons des camarades, des collègues ici qui sont déjà sur la liste aujourd’hui, qui faisaient leur travail avec beaucoup d’engagement. Que l’État prenne ses responsabilités pour venir en aide aux travailleurs de Cellcom », a-t-il indiqué.

Le secrétaire général de la FESATEL a promis qu’un courrier sera adressé, dès lundi prochain, aux départements ministériels et aux autres entités concernées, afin de les interpeller sur la situation qui prévaut au sein de Cellcom. Abdoulaye Barry a, à cet effet, interpellé le Premier ministre.

MohamedNana BANGOURA

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