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Les fidèles musulmans de Guinée s’apprêtent à célébrer demain, vendredi 20 mars 2026, l’Aïd el-Fitr, la fête marquant la fin du mois de Ramadan. À la veille de cette célébration, le marché Madina (dans la commune de Matam) grouille de monde. Des citoyens en quête d’articles divers (habits, chaussures…) inondent les étroites allées de ce grand centre de négoce de la capitale guinéenne. Toutefois, dans ce contexte marqué par une crise de liquidité persistante, clients et vendeurs sont éprouvés par la complexité des transactions commerciales. À cela s’ajoute un autre phénomène inquiétant : la recrudescence d’arnaques liées aux paiements mobiles, qui fragilise davantage des commerçants déjà éprouvés par la baisse de leurs revenus, a appris Guineematin.com à travers un de ses reporters.
Au grand marché Niger de Madina, plusieurs vendeuses rencontrées ce jeudi décrivent un quotidien devenu particulièrement difficile. Sous un soleil accablant, elles tentent de vendre leurs marchandises, mais se heurtent à des clients incapables de retirer de l’argent liquide ou à des transactions électroniques douteuses.
Mariam Sylla, vendeuse« Présentement, nous, à Madina, il n’y a pas de marché. L’affaire d’Orange Money est dure. D’autres clients qui veulent acheter en gros, tu vas trouver qu’ils ont leur argent dans leur compte Orange Money, mais ils ne peuvent pas faire de retrait et effectuer les achats. Nous sommes sous le soleil. Dès que tu dis le prix à un client, il demande s’il va faire le dépôt. En plus, les arnaqueurs sont sortis. Ils vont prétendre avoir fait le dépôt, et dès que tu vas faire le retrait, l’argent n’y est pas. Donc, nous souffrons », explique Mariam Sylla, vendeuse.
Même inquiétude chez Kadiatou Soumah, qui affirme que la confiance entre commerçants et clients s’est fortement dégradée.
Kadiatou Soumah, vendeuse« Les bandits sont nombreux maintenant. Ils envoient l’argent, puis ils le retirent aussitôt. Tu vois le dépôt sur ton téléphone, mais quand tu veux retirer, il n’y a plus rien. C’est pour cela que beaucoup d’entre nous refusent maintenant les dépôts », a-t-elle souligné.
Outre les difficultés liées aux paiements, les commerçantes dénoncent également la pression exercée par les forces de l’ordre dans les rues environnantes du marché, où certaines sont régulièrement sommées de libérer les trottoirs. Kadiatou Mara, une autre vendeuse, évoque une baisse drastique de la fréquentation.
« Le marché est compliqué. Nous restons toute la journée sous le soleil et les policiers nous demandent souvent de quitter les lieux. Les clients viennent, demandent si tu as Orange Money. Si tu dis non, ils repartent. Mais même quand tu en as, il n’y a pas d’argent à retirer », a-t-elle indiqué.
Pour Makhissa Bangoura, la situation s’est nettement détériorée depuis le début du mois de Ramadan. Selon elle, les commerçantes continuent à venir au marché davantage par nécessité que par espoir de vendre.
Makhissa Bangoura, vendeuse, vendeuse« Depuis le début du Ramadan, il n’y a pas de marché. Nous sortons seulement parce que nous avons des enfants et des parents à nourrir. Parfois, tu sors une douzaine de vêtements et tu peux rester avec jusqu’au lendemain sans rien vendre. Donc c’est pour ne pas rester seulement à la maison, mais l’affaire d’argent est dure actuellement », a-t-elle indiqué.
Elle souligne également les difficultés liées aux retraits d’argent, qui obligent certains commerçants à parcourir de longues distances à la recherche d’un point de retrait approvisionné.
« Même quand on reçoit un dépôt, on doit marcher longtemps pour essayer de retirer l’argent, et souvent on rentre sans rien. Cela nous fatigue beaucoup », explique-t-elle.
Ismaël Diallo pour Guineematin.com
Tél. : 624 69 33 33
The post Veille de la fête de Ramadan à Conakry : les vendeuses étouffées par la crise de liquidité et les arnaqueurs avec Orange Money à Madina first appeared on Guineematin.com.
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