Théâtre: Soulay Thiâ’nguel Bah fait vibrer la Maison de l’Oralité avec  »Petit Père vient de »

il y a 3 heures 14
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Reconnu pour son art de bâtir une architecture du conflit où chaque mot et chaque silence mènent inexorablement à la crise, Soulay Thiâ’nguel Bah a de nouveau ébloui le public guinéen. Ce samedi, la Maison de l’oralité et du patrimoine KOUMA KAN, située à Nongo, a accueilli la lecture publique de son texte à succès, Petit Père vient de, finaliste du Prix RFI Théâtre en 2018.

Devant un public attentif et bienveillant, les lecteurs à l’imagination fertile ont donné vie au texte. Par la justesse de leur ton et la musicalité de leurs échanges, ils ont su rendre palpables les tensions et les non-dits qui animent les personnages. L’assistance, visiblement émue, a salué la qualité, la sensibilité et la force de cette pièce de théâtre.

À l’issue de la représentation, l’auteur Souleymane Bah, affectueusement appelé Soulay Thiâ’nguel Bah en hommage à son village natal, est revenu sur la genèse de ce texte écrit durant ses deux premières années d’exil.

L’œuvre relate la quête d’une femme enceinte cherchant à découvrir le destin d’un homme et d’une jeune fille disparus.

« Toute l’histoire est construite autour d’une femme enceinte qui cherche justement à connaître la destinée ou le destin de cette jeune fille et de son père qui ont disparu. Donc toute l’histoire est construite autour de la femme qui est le bourreau et une victime qu’elle n’arrête pas d’agresser, sur laquelle elle n’arrête pas d’exercer une violence terrible, pour essayer de comprendre justement ce que sont devenus cette fille et son père. C’est une lecture publique d’une pièce de théâtre », a expliqué l’auteur.

L’objectif de cette soirée était avant tout le partage, précisant que c’est une pièce qui a été finaliste du prix RFI en 2018, avant qu’il ne décroche le prix en 2020. Soulay Thianguel tenait surtout à confronter ce texte au public guinéen afin de voir comment il serait perçu.

Face au succès de l’événement, Soulay Thianguel envisage de pérenniser l’initiative avec la Maison de l’Oralité : « Nous réfléchissons à un rendez-vous régulier, mensuel ou bimensuel, pour que les gens viennent écouter des textes », a-t-il indiqué.

Il a d’ailleurs invité les passionnés au prochain spectacle de l’espace, Ingratitude, une « Nuit du conte » qui sera présentée par Petit Tonton et son épouse le vendredi prochain.

Interrogé sur la violence récurrente de ses écrits et l’éventualité d’écrire pour la jeunesse notamment les enfants, la réponse du dramaturge est sans équivoque : « Non, je ne sais pas écrire pour les enfants. Je pense que je ne suis pas prêt pour ça. C’est un peu compliqué pour moi. J’ai du mal pour l’instant. Je pense qu’un jour, ça viendra. Mais en attendant, c’est ce que je ressens. Ce ressenti-là, ces moments où j’exprime cette violence qui est une violence commune à notre société, c’est celle-là que je sais faire pour l’instant », a-t-il tranché.

Alhassane Fofana 

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