PLACEZ VOS PRODUITS ICI
CONTACTEZ [email protected]

Le premier tome de l’ouvrage de Tibou Kamara a provoqué une onde de choc politico-administrative rarement observée dans le pays. L’annonce de la parution du second volume, attendue pour ce mois de février, suscite déjà une fébrilité palpable, tant il s’annonce plus dense en récits, en révélations et en méandres longtemps dissimulés. Cette attente n’a rien d’enthousiaste pour tous, comme si certaines consciences continuaient de redouter l’ouverture de placards trop soigneusement verrouillés.
Des figures connues se découvrent soudain des élans de reconnaissance envers l’auteur, lui prêtant des actes bienveillants que le grand public ne lui attribuait guère jusque-là. Derrière ces hommages empressés se devine une stratégie à peine voilée, celle de flatter pour espérer neutraliser, d’encenser pour voir disparaître certaines pages jugées compromettantes ou embarrassantes. Une telle attitude révèle surtout une méconnaissance profonde de l’homme, déterminé à livrer des faits vécus et des épisodes de son parcours, à l’image de responsables ailleurs qui ont consigné leur expérience sans détour et l’ont portée à la connaissance du public. La sous-région en offre un exemple récent avec les mémoires de l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, où sont relatées les épreuves, les désillusions et les ingratitudes nées des pertes de fonctions rencontrées au fil de son itinéraire administratif.
Il convient de rappeler qu’il a souvent été reproché aux responsables guinéens leur silence et leur refus de témoigner de leur vivant. L’ancien ministre Tibou Kamara fait le choix d’écrire tant qu’il en est encore temps, même si cette démarche suscite paradoxalement des réactions aussi vives que mal inspirées. Le second tome est achevé, il ne vise volontairement aucune personne en particulier et s’attache à rapporter des faits de nature à interroger certaines pratiques et à ébranler des habitudes morales solidement ancrées dans la gouvernance.
Que certains s’y voient sous un jour peu flatteur relève moins de l’intention de l’auteur que du poids des vérités rapportées. L’histoire personnelle, lorsqu’elle est assumée et publiée, ne se soumet ni aux susceptibilités ni aux calculs de convenance, et c’est précisément pour cette raison qu’elle dérange.
Abdoulaye Sankara (Maco)
L’article Quand l’écriture dérange et que la mémoire inquiète (Par Abdoulaye Sankara) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
.png)
il y a 2 heures
12






![L’homme Tibou Kamara: Au-delà des caricatures et des préjugés [Par Alpha Camara]](https://mediaguinee.com/wp-content/uploads/2021/08/Tibou-Kamara-750x430-1.jpeg.jpg)












English (US) ·