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À ciel ouvert, à quelques mètres des habitations, des centaines de pneus usagés sont brûlés pour en extraire le fer, destiné à la fabrication du wayah. Une activité informelle devenue source de revenus pour certains, mais qui expose tout un quartier à de graves risques sanitaires et environnementaux, dans une indifférence presque totale.
Dans ce quartier populaire de SOS, l’air est lourd, imprégné d’une odeur âcre persistante. Au sol, des monticules de pneus calcinés s’entassent, témoins silencieux d’une activité aussi lucrative que dangereuse. Ici, des pneus usagés sont brûlés, afin de récupérer le fer qu’ils contiennent. Ce fer est ensuite transformé en wayah, ces supports métalliques utilisés par les ménagères pour chauffer leurs fourneaux, dans le but de réduire la consommation de charbon.
Pour les riverains, la cohabitation est devenue insupportable.
« C’est une femme qui exerce ce métier depuis des années. Quand elle brûle les pneus, on ne peut plus respirer. Mes enfants toussent la nuit, mais on n’a nulle part où aller », confie une mère de famille, visiblement épuisée.
Un autre habitant renchérit :
« On ferme les fenêtres, mais l’odeur passe quand même. C’est comme si on vivait dans une usine qui fabrique de la fumée. Et c’est la nuit qu’elle choisit pour brûler ces pneus, quand tout le monde dort. Elle finira par causer la mort de quelqu’un ici, un jour. »
De l’autre côté, N’Ga M’mah, pratiquante de cette activité, évoque une question de survie.
« Si je ne fais pas ça, je ne mange pas. Je suis veuve depuis des années et je ne vis que de cette activité. Je vends un wayah à 3 000 GNF. J’en fabrique des centaines par jour. Dans un seul pneu, je peux extraire plus de dix wayah. Le charbon coûte cher. Les gens veulent des wayah pour économiser. On n’a pas d’autre travail. Je le fais la nuit, pour ne déranger personne. »
Un commerce de survie, exercé au prix de lourds sacrifices sanitaires, comme le confirme un médecin pneumologue.
« Brûler des pneus libère des substances hautement toxiques, dangereuses pour les poumons et l’organisme. Les enfants, les personnes âgées et les femmes enceintes sont les plus exposés. Inhaler ces substances sur une longue période peut provoquer de graves maladies respiratoires. »
Pourtant, aucune mesure de sécurité n’est visible. Le sol est noirci, l’air saturé, et le quartier ressemble de plus en plus à une décharge industrielle improvisée.
Cette situation pose une question cruciale : comment une activité aussi dangereuse peut-elle se dérouler en pleine zone résidentielle ? Pour de nombreux habitants, le sentiment d’abandon est total.
« On a signalé plusieurs fois. Personne ne vient. On dirait que nos vies ne comptent pas. On n’ose même plus laisser nos habits dehors après la lessive, sinon ils seront encore plus sales, le matin. En saison des pluies, elle ne brûle pas, mais les eaux de ruissellement amènent toute cette noirceur dans nos maisons », déplore un ancien du quartier.
Entre la lutte quotidienne pour survivre et le droit fondamental à un environnement sain, le quartier est pris en étau. Ici, les pneus ne brûlent pas seulement pour le fer qu’ils contiennent : ils consument lentement la santé, la tranquillité et l’espoir de toute une communauté.
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il y a 4 heures
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