Obsèques d’Elhadj Mamadou Sylla : le président de la HAC livre un témoignage empreint d’émotion et de reconnaissance

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Parmi les personnalités ayant livré leurs témoignages à l’occasion des obsèques d’Elhadj Mamadou Sylla, président du parti politique Union Démocratique de Guinée et fondateur de Futurelec Holding, figurait Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et ancien directeur de la télévision guinéenne. Ami et collaborateur du défunt, qu’il appelait affectueusement « Sanakou », il a tenu à saluer la mémoire d’un homme dont il dit avoir profondément connu les valeurs.

Ce professionnel de la presse guinéenne, s’exprimant devant la dépouille, a rappelé certains actes marquants posés par le disparu de son vivant.
« Souffrez donc que j’en dise quelques mots. Lorsqu’en 2000, j’ai démissionné de mes fonctions de directeur général de l’Office de la radio-télévision guinéenne, j’étais un peu comme un pestiféré. Personne n’osait s’approcher de moi, à part mon frère Kiridi Bangoura. Il a osé s’approcher de moi et je lui ai dit qu’il prenait beaucoup de risques.

Un jour, le jeune Bailo Diallo, qui gérait la Fondation Lansana Conté, s’est rendu chez moi. Il m’a dit : “Grand frère, Mamadou Sylla veut te voir.” Je lui ai répondu que je ne le connaissais pas. Mais il a insisté et m’a prié de me conduire chez lui à Dixinn-Bora. J’ai d’abord refusé, puis un jour, il m’a emmené là-bas. »

Poursuivant son témoignage, Boubacar Yacine Diallo affirme se souvenir de cette journée comme si c’était hier.
« Mamadou Sylla était assis dans son fauteuil avec un chapelet d’un demi-kilomètre, tout noir. J’ai eu l’impression qu’on m’amenait chez un marabout. Puis il m’a dit : “Sanakou, viens t’asseoir à côté de moi.” Je me suis exécuté. Il m’a demandé si je savais pourquoi il m’avait fait venir. J’ai répondu non. Il m’a dit : “J’ai compris dans l’entourage du président que tout le monde a peur de te fréquenter. J’ai appris que tu as créé une petite société de communication et un journal de publicité, Kora.”

Il a ensuite appelé son collaborateur, Dembo, et lui a dit : “Tous nos marchés de publicité, tu les remettras à Yacine pour son agence.” »

Selon le président de la Haute Autorité de la Communication, cette collaboration s’est révélée particulièrement fructueuse.
« Lorsque les premiers produits sont sortis – à l’époque, ils vendaient des antennes paraboliques, des fleurs et des graines – le premier dépliant publicitaire de Mamadou Sylla a suscité un engouement. Tous les hommes d’affaires ont répondu. Mon petit bureau était plein. Chacun voulait souscrire. Il m’a donc relevé », a-t-il expliqué.

Dans un autre témoignage, il a également évoqué un épisode marquant :
« En 2000, lors de la rébellion à nos frontières, je suis venu pour qu’il me règle une facture de 5 millions. Il m’a demandé d’attendre deux jours. Il m’a alors confié qu’il avait acheté des véhicules militaires et les avait distribués le long de la frontière à ses frais. Je lui ai demandé : “Et si l’État ne te remboursait pas ?” Il m’a répondu : “Ce serait ma contribution à la nation, que chacun de nous a le devoir de préserver.” »

Revenant sur des souvenirs plus récents, Boubacar Yacine Diallo a évoqué leur dernière conversation, notamment autour de la vie littéraire du défunt.
« Bien plus tard, lorsqu’il est devenu écrivain, il a voyagé en Europe avec Sanssy Kaba et m’a appelé pour m’inviter à la dédicace de son livre. Je lui ai demandé : “Tu as écrit ? Dans quelle langue ? En arabe ?” Il m’a répondu : “En français.”

Je lui ai raconté qu’en 1996 déjà, j’avais publié mon premier livre chez L’Harmattan à Paris. À l’époque, L’Harmattan Guinée n’existait pas. Je l’ai encouragé à écrire et je lui ai recommandé Sanssy comme un jeune compétent, honnête et sérieux. Je suis heureux de savoir qu’il en a suivi les conseils. »

Pour conclure, l’ancien ministre de la Communication a formulé des prières pour le repos de l’âme de celui qui fut, durant de longues années, son ami :
« Sanakou, tu t’en vas. Je demande simplement à Dieu qu’il te mette dans la poche du Prophète, où que celui-ci se trouve. Je n’ai aucun doute, c’est le meilleur endroit du monde. »

Mamadou Yaya Barry & Robert Kourouma

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