Nongo Tady : fissures au sol et sur les bâtiments, les “prémices” d’un séisme selon Aboubacar Camara

il y a 2 heures 11
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Un phénomène inhabituel et préoccupant secoue depuis plusieurs semaines le quartier de Nongo Tady, dans la commune de Lambanyi, à Conakry. Ce jeudi 30 avril 2026, la situation est devenue plus visible : portions de goudron affaissées, clôtures endommagées, habitations fissurées et même l’effondrement d’un bâtiment.
Sur place, l’inquiétude est palpable parmi les habitants qui évoquent un phénomène récurrent, désormais aggravé.

Selon plusieurs témoignages, ces fissures ne datent pas d’aujourd’hui. Aboubacar Diallo, résident de longue date, évoque des faits remontant à plusieurs décennies : « Vers 1990, les Bagas venaient ici faire des sacrifices chaque année là où les villas sont construites. Mais dès lors que les villas ont été construites, les gens ont logé dedans, les fissures ont commencé. Et ça fait presque deux mois maintenant. Nous tendons vers le troisième mois. »

Face à la persistance et à l’intensification du phénomène, il lance un appel pressant aux autorités : « Alors, nous en appelons à l’État de venir voir ce qui se passe à Nongo, et d’essayer de trouver une solution pour ça. Parce que nous ne sommes que des citoyens, nous sommes inquiets. On ne sait pas comment ça va se terminer. »

Même constat du côté de Djeila Diallo, un autre habitant du quartier, qui décrit des dégâts étendus : « Ça nous fait vraiment peur, les fissures qu’on constate sont extrêmement graves. Les boutiques, les maisons d’habitation, le goudron et même les immeubles ont été impactés. En réalité, c’est ce qui nous fait peur. Ce n’est pas la première fois, ces genres de situations ont l’habitude de se produire ici. Seulement que, cette fois-ci, le phénomène est plus grave par rapport aux cas précédents. »

Pour tenter d’expliquer ces événements, Aboubacar Camara, journaliste scientifique et président de la Fondation Aboubacar Camara pour la science, avance l’hypothèse d’une activité sismique de faible magnitude : « C’est évident que la terre est en train de trembler à Nongo, parce que le phénomène est devenu récurrent dans cette zone-là. Chaque année, il y a des secousses chimiques, on voit les murs des habitations qui sont fissurées, lézardées, ainsi que des routes. Cela veut dire qu’il y a une faille qui traverse cette zone-là, et c’est cette faille qui est en train d’avoir des répercussions. Quand la faille se manifeste, obligatoirement la terre va trembler, c’est une loi de la nature. »

Le spécialiste recommande la mise en place d’outils de surveillance adaptés : « Il faut que l’État déploie un sismographe sur le terrain pour contrôler sismiquement cette zone. Puisque Nongo est une zone très sensible sismiquement. Vous voyez des fissures un peu partout sur des maisons, des immeubles. Il y en a au moins trois ou quatre qui sont touchées aussi. Il y a également des boutiques, des dalles qui ont été fissurées, même le goudron s’est affaissé. »
Selon lui, l’absence de ressentis marqués par la population s’explique par la faible intensité des secousses : « C’est le signe palpable d’une secousse sismique, seulement c’est la magnitude qui est faible. La magnitude d’un tremblement de terre varie entre 0, 1, 2, 3, 4 jusqu’à 9°. Les gens n’ont pas ressenti ce tremblement, parce que la magnitude est trop faible. Si la magnitude n’atteint pas les 1° ou 2°, ça ne peut même pas réveiller les dormeurs. »

Le scientifique se veut catégorique sur la nature du phénomène : « C’est une secousse sismique qui se produit, je suis formel là-dessus. Certainement, c’est les signes avant-coureurs d’un tremblement de terre très fort qui se prépare. Donc, l’État doit prendre des précautions maintenant pour surveiller cette zone. Puisque la nature ne surprend jamais, elle prévient toujours. »

Au-delà de l’aspect naturel, il pointe également du doigt les pratiques de construction dans cette zone en pleine urbanisation : « On ne peut pas empêcher le tremblement de terre, mais on peut contrôler en envoyant un discographe sur le terrain, pour enregistrer toutes les secousses. Mais surtout, il faut que les constructions répondent aux critères. Puisque aucun bâtiment dans cette zone-là ne répond aux critères d’architecture parasismique. Les gens construisent comme ils veulent. Au Japon et en Amérique, la terre tremble à tout moment, mais ils ont construit des bâtiments en tenant compte de ces réalités-là. »

Alors que les signes de fragilisation du sol se multiplient, les habitants attendent désormais une réaction rapide des autorités, entre urgence sécuritaire et nécessité d’investigations scientifiques approfondies.

L’article Nongo Tady : fissures au sol et sur les bâtiments, les “prémices” d’un séisme selon Aboubacar Camara est apparu en premier sur Guinee360 - Actualité en Guinée, Politique, Économie, Sport.

Lire l'article en entier