Ligue 1 Guicopres : des sanctions lourdes face à une vi0lence persistante, l’arbitrage toujours au centre

il y a 2 heures 17
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Cette saison, les stades guinéens ne racontent pas seulement du football. Ils racontent aussi des scènes inquiétantes. À Kankan, au stade Petit Sory, à Coléah, à Kamsar et au stade de la Mission de Kaloum, les incidents se répètent. Trop souvent. Trop dangereusement.

À Kankan, lors du match aller entre Milo FC et Wakriya, la soirée a viré au malaise. Au coup de sifflet final, certains joueurs du Wakriya ont quitté le stade blessés, le maillot taché de sang. Des images difficiles à accepter dans un championnat national.

Au stade Petit Sory, la frustration a pris le dessus. Des supporters de l’ASK, mécontents de l’arbitrage, ont arraché des sièges. Le symbole est fort : quand le mobilier du stade devient cible, c’est que la colère a dépassé le cadre du jeu.

À Coléah, la rencontre Foot Élite – Hafia a été émaillée d’incidents. À Kamsar, le match Wakriya – CIK a également connu des tensions. Et au stade de la Mission de Kaloum, les cas de violences ne sont malheureusement pas rares.

Le constat est clair : presque chaque enceinte a connu son point noir cette saison.

Des sanctions lourdes, mais un mal persistant

La réponse disciplinaire est tombée. L’AS Kaloum a été sanctionnée : tous ses matches restants de la saison se joueront à huis clos, à domicile comme à l’extérieur. Le club devra également s’acquitter de 178 000 000 GNF pour la réparation des sièges endommagés au stade Petit Sory, ainsi que d’une amende de 16 000 000 GNF au profit de la Ligue professionnelle.

Des décisions fortes. Mais suffiront-elles à stopper la spirale ?

Car malgré les amendes, les huis clos et les communiqués, les incidents continuent. Cela signifie que le problème dépasse la simple sanction financière.

L’arbitrage, toujours au centre

Dans la majorité des cas, l’arbitrage cristallise les tensions. La contestation est légitime dans le sport. La violence ne l’est jamais. Quand un arbitre devient une cible ou un prétexte, c’est toute l’autorité du jeu qui vacille.

Il faut restaurer la confiance. Transparence dans les évaluations, formation continue, communication pédagogique : l’arbitrage doit être protégé et renforcé.

Une responsabilité collective

Les clubs doivent encadrer leurs supporters. Les dispositifs de sécurité doivent être anticipés, pas improvisés. Les envahissements de terrain doivent entraîner des interdictions individuelles de stade. Et en cas d’agression physique, la réponse doit être judiciaire. Un championnat ne peut pas grandir dans la peur.

Protéger l’essentiel

La Ligue 1 guinéenne est une vitrine. Elle façonne l’image du football national. Chaque incident ternit cette image, fragilise la crédibilité et éloigne les partenaires.

Les joueurs méritent de sortir du terrain sans escorte. Les arbitres méritent de siffler sans crainte. Les supporters méritent de vibrer sans violence.

La répétition des incidents n’est plus un simple fait divers. C’est une alerte. Et il est encore temps d’y répondre avec fermeté, responsabilité et courage.

Hamidou Kibola Bangoura, journaliste sportif 
Tel +224 628 95 94 04

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