Lettre ouverte à Tibou Kamara : l’imposture du “maître” sans voix (Par Makanéra Kaké)

il y a 2 heures 13
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Cher Tibou,

Votre récente sortie, drapée dans un mépris qui se veut aristocratique, ne révèle en réalité qu’une profonde détresse logique. Vous vous égarez dans des sables mouvants de contradictions que même votre plume la plus soignée ne saurait dissimuler.
Vous affirmez, avec une condescendance qui ne trompe plus personne, que je ne sais « ni lire ni écrire ». Soit. Acceptons un instant votre postulat. Mais alors, une question s’impose à tout esprit doté de bon sens : pourquoi s’acharner à écrire des pages entières à l’intention d’un homme que vous jugez incapable de les déchiffrer ? On n’écrit pas un opéra pour un sourd, ni un traité pour un illettré. En agissant ainsi, vous sombrez dans le ridicule : soit vous mentez sur mon niveau pour m’insulter, soit vous perdez votre temps dans un exercice de vanité stérile. Cette incohérence est la preuve que votre ouvrage n’est pas un « exercice de l’esprit », mais un cri de solitude.
Plus révélateur encore est votre refus systématique du débat. Vous prétendez qu’un homme de votre « rang intellectuel » ne saurait s’abaisser à discuter avec moi. Quelle hypocrisie ! Si vous étiez si convaincu de mon ignorance, le débat oral serait pour vous l’occasion idéale de me confondre devant le peuple de Guinée. La parole est immédiate, elle ne ment pas. Mais vous fuyez le face-à-face, car vous savez qu’en direct, privé du secours d’une plume que beaucoup vous soupçonnent d’emprunter à des tiers, votre vernis craquerait en quelques minutes.
Vous préférez le confort de l’écrit préparé car c’est le dernier refuge de ceux qui craignent la confrontation réelle.
Enfin, vous parlez d’éthique et de morale tout en annonçant, avec une jubilation malsaine, votre intention de trahir des secrets et de dévoiler des « faces cachées ». Comprenez ceci : la véritable culture est une noblesse de caractère, pas une collection de mots savants. En utilisant des confidences pour tenter de nuire, vous prouvez que vous avez peut-être lu beaucoup de livres, mais que vous n’avez rien appris de l’honneur.
Entre le silence digne de celui qui agit et le bavardage incohérent de celui qui se cache derrière des paragraphes d’emprunt, les Guinéens ont déjà choisi leur camp.
Alhoussein Makanéra Kaké

L’article Lettre ouverte à Tibou Kamara : l’imposture du “maître” sans voix (Par Makanéra Kaké) est apparu en premier sur Mediaguinee.com.

Lire l'article en entier