« Les clients veulent acheter, mais ils n’ont pas d’argent liquide » : la crise de liquidités plombe les préparatifs de la fête

il y a 1 heur 14
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À l’approche de la fête de Ramadan (Aïd el-Fitr), l’effervescence gagne le marché de Madina, le plus grand centre de négoce de Conakry. Niché au cœur de la capitale guinéenne, ce vaste marché voit affluer chaque jour une foule de clients venus dénicher chaussures, vêtements, tissus et autres accessoires pour préparer cette grande fête musulmane. Entre les allées bondées, les visiteurs passent d’une boutique à l’autre à la recherche de la bonne affaire, tandis que les commerçants redoublent d’ardeur, multipliant appels et promotions pour capter l’attention des passants et conclure des ventes, a constaté Guineematin.com à travers l’une de ses équipes de reportage.

Comme chaque année à l’approche de cette période festive, le marché connaît une affluence particulière. Les discussions entre vendeurs et acheteurs, les marchandages et les éclats de voix des commerçants qui vantent leurs produits donnent au lieu une ambiance électrique. Certains clients prennent le temps de comparer les prix avant de se décider, tandis que d’autres cherchent à obtenir une réduction pour alléger le coût de leurs achats.

Au marché Avaria, l’animation est également visible. Mais derrière cette effervescence, plusieurs commerçantes confient que les ventes restent en réalité difficiles. En cause : la pénurie d’argent liquide qui frappe le pays depuis quelques mois et qui ralentit considérablement les transactions commerciales.

Fatoumata Fadiga, vendeuse des habits

« Actuellement, nous souffrons beaucoup. Parfois, nous pouvons venir le matin et rester jusqu’à l’après-midi sans écouler un seul article. Ce n’est pas parce que les clients ne viennent pas, mais le gros souci, c’est le liquide. Avant, on sollicitait le paiement électronique, notamment Orange Money, mais actuellement certains clients peuvent faire un dépôt et, après avoir récupéré leurs articles, ils vont annuler le dépôt. Cela nous fatigue énormément. Finalement, nous n’acceptons plus les dépôts et les clients n’arrivent pas non plus à trouver des retraits. Les clients veulent acheter, mais ils n’ont pas d’argent liquide. Je demande au président Mamadi Doumbouya de trouver une solution face à ce problème. Il y a moins d’engouement que l’année précédente », souligne Fatoumata Fadiga, vendeuse de vêtements.

Rencontrée devant sa boutique, M’mah Traoré partage la même inquiétude face à la conjoncture économique actuelle. Selon elle, de nombreux clients repartent du marché sans effectuer leurs achats, faute de liquidités.

M’Mah Traoré, vendeuse

« Nous souffrons énormément de cette histoire de liquidité. Nos clients veulent acheter, mais ils n’ont pas d’argent liquide, et nous aussi, nous n’arrivons pas à récupérer notre argent. On se demande où se trouve le problème. Depuis le matin, je n’ai pas pu écouler un seul article. Les clients viennent, mais ils n’arrivent pas à acheter. Deux clients sont venus, mais nous n’avons pas pu faire le marché, parce qu’ils n’avaient pas d’argent liquide. Même si les clients veulent faire beaucoup d’achats, ils sont obligés d’acheter le minimum. Aujourd’hui, nous souffrons vraiment beaucoup », a-t-elle dit.

Aminata Alia Camara, vendeuse de perruques et de mèches au marché Avaria, observe également une baisse de la clientèle malgré l’arrivée de nouvelles marchandises.

Aminata Alia Camara, vendeuse des perruques et mèches au marché Avaria

« Actuellement, la clientèle se fait rare. Nous avons envoyé des colis, mais les clients viennent rarement. L’argent se fait aussi rare et les clients qui viennent nous sollicitent pour faire des dépôts, alors qu’obtenir un retrait est un véritable casse-tête actuellement. La seule chose que nous pouvons dire aujourd’hui, c’est que les autorités n’ont qu’à nous aider afin de trouver une solution le plus rapidement possible », a-t-elle sollicité.

Au-delà des commerçants, cette situation affecte également les consommateurs. Plusieurs clients rencontrés dans les allées du marché affirment avoir réduit leurs dépenses en raison des difficultés à accéder à l’argent liquide et de la hausse du coût de la vie.

Cette année, les fidèles musulmans s’apprêtent à célébrer l’Aïd el-Fitr dans un contexte économique particulier en Guinée. Entre pénurie de liquidités et augmentation du coût des produits, de nombreuses familles tentent de préparer la fête avec prudence, en cherchant à préserver les traditions tout en s’adaptant aux réalités économiques du moment.

Moussa Konaté et Mariama Bah pour Guineematin.com

Tél. : (+224) 621016809

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