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À l’occasion de la Journée mondiale de l’éducation, ce samedi 24 janvier 2026, le Syndicat National de l’Éducation (SNE) a dressé un bilan de l’école guinéenne.
Entre défis numériques et précarité enseignante, le Secrétaire Général, Michel Pépé Balamou, plaide pour un investissement massif dans l’enseignement de base.
Dans un discours lu au siège du syndicat à Matoto, Michel Pépé Balamou a rappelé le paradoxe mondial de 2026. Alors que l’intelligence artificielle redéfinit le savoir, 251 millions d’enfants restent non scolarisés dans le monde. En Guinée, le constat est plus amer. Le système est caractérisé par une commercialisation à outrance, conduisant à l’abandon de l’école publique.
« L’éducation n’est pas un coût, c’est l’unique engagement qui ne connaît pas la faillite. Nous ne pouvons pas innover dans la précarité », a martelé le leader syndical.
Le SNE dénonce notamment le recours coûteux à des experts étrangers dans le supérieur, alors que les bases notamment : lire, écrire, compter ne sont pas maîtrisées dès le primaire. Pour le syndicat, l’arbre de l’éducation ne produira de bons fruits que si la racine de l’enseignement de base est soignée.
Face à la démission du gouvernement et dans l’attente d’un nouveau gouvernement, le SNE a formulé 17 recommandations clés pour sortir l’école guinéenne de l’ornière.
I. Restructuration Institutionnelle et Pédagogique
1-Réforme ministérielle : Scinder le secteur en trois pôles : Un Ministère de l’Enseignement de base et des Langues nationales (préscolaire/primaire) ; Un Ministère de l’Enseignement Scolaire, Technique et Professionnel (création de baccalauréats techniques) ; Un Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique.
2-Création d’un Office National du Baccalauréat : Pour une gestion conjointe entre le secondaire et le supérieur.
3-Déconcentration des examens : Pour une gestion de proximité plus efficace.
4-Réforme curriculaire : Recentrer les programmes sur les savoirs locaux, le civisme et le patriotisme.
II. Valorisation du Corps Enseignant
5-Amélioration du statut : Revaloriser la rémunération pour attirer et retenir les meilleurs talents.
6-Professionnalisation : Aligner le recrutement sur des standards de compétences rigoureux.
7- Formation continue : Mettre l’accent sur la didactique (comment enseigner) plutôt que sur les seules connaissances académiques.
8-Équité territoriale : Affecter prioritairement des enseignants et des ressources dans les zones rurales délaissées.
III. Inclusion et Performance Scolaire
9-Développement du préscolaire : Garantir un accès équitable dès le plus jeune âge.
10-Lutte contre l’abandon scolaire : Cibler particulièrement les filles lors du passage au collège.
11- Programmes de remédiation : Soutenir les élèves issus de milieux défavorisés sans appui familial.
12-Réduction du redoublement massif : Une pratique jugée coûteuse et peu efficace sur la performance globale.
13-Infrastructures de base : Garantir l’accès aux manuels, à l’eau potable et à des latrines dans chaque établissement.
IV. Gouvernance et Financement Endogène
14-Débat National : Organiser des assises sur la pauvreté des apprentissages.
15-Cantines scolaires : Promouvoir l’alimentation gérée par la communauté (jardins scolaires).
16-Souveraineté financière : Encourager le financement endogène des réformes éducatives.
17-Encadrement de proximité : Réformer le suivi pédagogique des enseignants sur le terrain.
En conclusion, le SNE a exprimé son souhait de voir les futurs ministres du secteur de l’éducation travailler en étroite collaboration avec les partenaires sociaux.
Pour Michel Pépé Balamou, la réussite du retour à l’ordre constitutionnel passera inévitablement par une école publique forte, où l’élève n’est plus spectateur, mais architecte de son propre avenir.
Alhassane Fofana
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il y a 7 heures
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