Journée internationale de l’éducation : la réalité amère des enseignants Guinéens

il y a 3 heures 15
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L’humanité célèbre tous les 24 janvier la journée internationale de l’éducation. L’occasion est mise à profit pour faire un diagnostic sur le secteur éducatif mais aussi sur les conditions de travail et de vie de ses acteurs.

À l’occasion de cette journée, mosaiqueguinee.com est allé à la rencontre de quelques enseignants qui ont dépeint une situation pas du tout reluisante.

C’est sous le Thème : “Le pouvoir de la jeunesse dans la co-création de l’éducation » que l’UNESCO célèbre la journée de l’éducation. Un thème évocateur pour la jeunesse.

Abdoulaye Fofana, censeur au lycée-collège BiKaba estime qu’il y a eu des avancées mais c’est le budget alloué à l’éducation qui fait défaut.

“L’enseignant guinéen vit dans son statut. L’enseignant guinéen demande toujours à ce que sa condition de vie et de travail soit améliorée. Avant, on pensait que l’enseignement n’était pas un métier. Or, c’est un métier nouveau. Quelqu’un qui pense à la formation des autres, quelqu’un qui pense à l’instruction des autres, qui donne le savoir à d’autres personnes. Il y a eu une amélioration. Vous savez, prenez le budget national alloué à l’éducation ivoirienne, et vous comparez au budget alloué à l’éducation guinéenne, ou Sénégalais, c’est comme un Marigot et un Océan. Comment voulez-vous que nos conditions soient améliorées ? », s’est il interrogé.

Pour un développement durable, la Guinée doit miser sur des ressources humaines qualifiées. Et cela passe nécessairement par une éducation de qualité. Algassimou Barry, secrétaire général par intérim de la FSPE regrette le manque de personnel, mais aussi la précarité que vivent les encadrants guinéens.

“Aujourd’hui en Guinée, il faut se le dire, on a besoin d’un engagement massif des enseignants au niveau de l’éducation. Mais pour cela, il faut l’amélioration des conditions de travail et de vie. Vous comprenez que les gens veulent enseigner. Mais quand vous pensez qu’en allant à l’éducation, vous allez travailler pauvre, finir pauvre, ça ne vous encourage pas. Et quelqu’un, pour qu’il puisse vraiment se donner à fond, pour qu’il puisse vraiment être digne dans son travail, il faut qu’il ait le minimum. Je ne dis pas le maximum, le minimum. Et très malheureusement aujourd’hui, l’enseignant guinéen n’a pas le minimum. Aujourd’hui, les gens sont fréquemment dans la précarité. C’est ça la réalité. L’enseignant tire le diable par la queue”, a-t-il alerté.

Joint au téléphone, le chargé de communication du syndicat national de l’Éducation invite les autorités à œuvrer pour l’amélioration des conditions de vie des hommes de craies.

“D’une manière générale, les enseignants de Guinée vivent le jour le jour car, nonobstant les efforts fournis par les pouvoirs publics, le pouvoir d’achat de l’enseignant se dégrade drastiquement sous l’effet du coût de la vie qui est sous l’emprise d’une inflation galopante. Ensuite, il y a une nette différence entre les enseignants du monde rural et urbain car les premiers ont du mal à joindre souvent les deux bouts à cause des conditions de travail pénibles dans la mise en œuvre de leurs activités pédagogiques. Les seconds sont confrontés à la cherté des loyers à cause du manque des logements sociaux qui est du rôle régalien de l’État mais hélas, sans oublier les difficultés liées aux transports qui laissent à désirer. Pour finir, nous demandons aux autorités de la 5ème République de faire en sorte que les enseignants de Guinée puissent s’épanouir à l’image de leurs collègues des pays de la sous-région”, a lancé Aboubacar Camara.

Cette journée dédiée à l’éducation passe sans trompette ni tambour en Guinée.

Mamadou Mouctar SYLLA

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