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Parmi les candidatures rejetées dans le cadre des élections législatives prévues le 31 mai prochain figure celle de Lamarana Petty Diallo, membre de la Génération pour la Modernité et le Développement (GMD) et représentant de la diaspora pour la circonscription d’Europe. Surpris par cette décision, ce professeur de lettres-histoire, ancien enseignant de littérature africaine et française à l’Université de Conakry, résidant en France depuis les années 1990 et figure bien connue du paysage politique guinéen, a introduit un recours devant la Cour suprême le mardi 21 avril 2026 afin de contester le rejet de sa candidature.
Également acteur du Cercle des Amis de Gaoul (CERAG), qui militait pour des réformes au sein de l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Lamarana Petty Diallo a accordé une interview à Mediaguinée ce mercredi 22 avril, au quartier Camayenne.
Estimant qu’il faut, selon un dicton, « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut », il affirme être en Guinée depuis trois ans, avoir « tout abandonné », mais regrette de ne pas être « en 4×4 » ni d’avoir « rencontré le président Mamadi Doumbouya », bien que l’opportunité se soit présentée. Il affirme en avoir été empêché alors qu’il se trouvait à l’accueil du Palais Mohammed V, dans l’attente d’être reçu. Interview…
« Quelle que soit la décision finale, mon engagement reste intact. Cependant, j’espère qu’elle ne mettra pas à l’écart ceux qui se sont investis. Je suis en Guinée depuis trois ans, j’ai tout abandonné. Je ne suis pas en 4×4. Je n’ai pas rencontré le président Mamadi Doumbouya, même si l’occasion s’est présentée. J’en ai été empêché alors que j’étais au Palais Mohammed V. »
Mediaguinée : Votre candidature ayant été rejetée pour les élections prévues le 31 mai prochain, quels sont, selon vous, les motifs de cette décision ?
Lamarana Petty Diallo : Je ne connais pas les motifs, pour la simple raison que je n’ai reçu aucune notification. Pourtant, le code électoral, en son article 166, prévoit qu’un dossier rejeté doit faire l’objet d’une notification précisant les manquements, c’est-à-dire les documents manquants. Après notification, le candidat peut régulariser sa situation, et son dossier est à nouveau examiné pour validation ou rejet.
Cela signifie qu’on ne peut normalement pas rejeter un dossier sans en avoir informé le candidat dans les cinq jours suivant le dépôt. En ce qui me concerne, je n’ai reçu aucune notification, ce qui m’a empêché d’exercer un recours dans les délais. Ce n’est qu’hier, en me rendant à la Cour suprême pour des renseignements, que l’on m’a indiqué que je pouvais tout de même introduire un recours. C’est mon droit. Me voici donc aujourd’hui pour contester cette décision.
Mediaguinée : Estimez-vous que la décision de la DGE est suffisamment fondée et justifiée ?
Lamarana Petty Diallo : Je ne me permettrai pas de porter un jugement définitif. Mais je pense que lorsque des règles sont établies, elles doivent être respectées. Je ne dénonce pas, mais je constate un manquement. Dans tous les cas, je n’ai reçu aucune notification. Et d’autres candidats affirment être dans la même situation.
Dès lors, plusieurs questions se posent : les notifications ont-elles été envoyées sans parvenir aux destinataires ? Ou n’ont-elles pas été émises ? Quoi qu’il en soit, la loi nous autorise à introduire un recours, ce que j’ai fait. Et je ne suis pas le seul dans ce cas. Nous espérons que la justice dira le droit en toute transparence.
Mediaguinée : Quelles sont vos attentes vis-à-vis de la Cour suprême ? Êtes-vous confiant ?
Lamarana Petty Diallo : Modestement, j’ai toutes les raisons d’être confiant. Dès le lendemain de l’avènement du CNRD, je me suis engagé à expliquer et à promouvoir les idées de changement. Je l’ai fait en Guinée comme en Europe. J’ai participé à des formations, encadré des formateurs, parcouru les régions de Labé et Mamou, et pris part aux activités du directoire de campagne de la GMD.
Je ne suis pas un inconnu, ni en Guinée ni à l’étranger. Le problème, c’est que certains adversaires exploitent notre passé à l’UFDG pour nous discréditer. Mais lorsqu’on s’engage en politique avec conviction, on ne se reproche rien. On défend des idées.
Ce qui est préoccupant, en revanche, c’est d’être mis à l’écart par le système que l’on a soutenu. Cela est gênant et donne des arguments à nos adversaires.
Mediaguinée : Cette décision traduit-elle, selon vous, des enjeux plus profonds ?
Lamarana Petty Diallo : Restons dans le cadre électoral. En politique, les interprétations sont nombreuses. On tente souvent d’insinuer des choses. Mais pour moi, un parti politique n’est pas une prison. On y adhère pour défendre des idées. Si celles-ci ne sont pas prises en compte, on est libre de les porter ailleurs. En ce qui me concerne, c’est à la GMD que je les défends aujourd’hui.
Quelle que soit la décision finale, mon engagement reste intact. Cependant, j’espère qu’elle ne mettra pas à l’écart ceux qui se sont investis. Je suis en Guinée depuis trois ans, j’ai tout abandonné. Je ne suis pas en 4×4. Je n’ai pas rencontré le président Mamadi Doumbouya, même si l’occasion s’est présentée. J’en ai été empêché alors que j’étais au Palais Mohammed V.
Je représente la diaspora. Je suis un enseignant à la retraite, connu dans plusieurs pays européens. La diaspora suit attentivement cette situation. Les autorités doivent prendre en compte son rôle et son apport.
Mediaguinée : À qui attribuez-vous cette décision ?
Lamarana Petty Diallo : À personne. Je ne suis pas là pour accuser. Je ne sais pas d’où vient cette décision. Je me limite aux faits : j’ai déposé mon dossier conformément aux exigences, il a été rejeté, et je cherche à comprendre pourquoi, de manière objective.
Je ne fais pas de politique de rue. Ma démarche est intellectuelle, pédagogique. Je ne suis ni dans les accusations ni dans les spéculations. Il y a eu un problème, et je souhaite qu’il soit clarifié à travers mon recours.
Mediaguinée : Comment avez-vous été sélectionné au sein de la GMD ?
Lamarana Petty Diallo : Un appel à candidatures a été lancé avec une liste de documents à fournir : pièces d’identité, certificat de résidence, jugement supplétif, etc. Les dossiers ont été déposés auprès du directoire national de campagne, puis transmis à un niveau supérieur pour examen.
Tous les dossiers n’ont pas été retenus, mais le mien a été validé à ce stade avant d’être transmis à la Direction générale des élections, qui a ensuite procédé à une validation ou à un rejet provisoire. Le rejet reste susceptible de recours, ce qui est mon cas aujourd’hui.
Mediaguinée : Quel message adressez-vous à vos partisans et à l’opinion ?
Lamarana Petty Diallo : J’appelle tous ceux qui me suivent à rester confiants. L’engagement politique n’est pas circonstanciel. Il ne s’agit pas de servir des intérêts individuels, mais de défendre des idées.
Je lance également un appel à la diaspora : poursuivons nos efforts d’intégration et travaillons à impliquer les jeunes générations. Il faut que la Guinée devienne attrayante pour eux, afin qu’ils puissent s’y investir.
L’esprit patriotique doit être transnational et transgénérationnel. C’est l’un de mes combats. Nous devons éviter la répétition des erreurs du passé. Comme le dit l’adage : « l’homme qu’il faut à la place qu’il faut ». C’est ce que j’attends de la justice de mon pays.
Propos recueillis par Mamadou Yaya Barry & Robert Kourouma
L’article INTERVIEW – Lamarana Petty Diallo : « J’ai été empêché de rencontrer le président Mamadi Doumbouya alors que j’étais au Palais Mohammed V » est apparu en premier sur Mediaguinee.com.
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