INTERVIEW – Dr Sandy Tolno : « Les Russes savent apprécier les élites et ce qu’ils font »

il y a 2 heures 12
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À l’occasion de la célébration de la Journée internationale du vol spatial habité et de l’inauguration d’un bas-relief rendant hommage aux grandes figures de la cosmonautique, Dr Sandy Kola Tolno a accordé un entretien exclusif à Mediaguinee.

Ancien Directeur général de l’Hôpital de l’Amitié sino-guinéenne et récemment naturalisé russe par le président de la Fédération de Russie Vladimir Poutine, il évoque avec passion l’héritage des pionniers de la conquête spatiale.

Au-delà de cet hommage historique, il revient également sur son parcours académique et scientifique en Russie, les raisons de sa reconnaissance par les autorités russes, ainsi que sur les perspectives de coopération entre la Guinée et la Russie, notamment dans les domaines de la santé, de la formation et de la recherche. Interview…

« Il faut reconnaître une chose : les Russes savent apprécier les élites et ce qu’ils font. »

 

« Il y a un homme dont on ne parle pas souvent : Tsiolkovski. C’est lui le père de la conquête de l’espace. C’est lui qui a monté ce projet sur le plan théorique. Et après lui, il y a celui qu’on appelle Galanov. Il a essayé de créer une fusée qui a été conceptualisée déjà par Tsiolkovski. Et Youri Gagarine s’est rendu dans l’espace pour donner la fierté au grand peuple russe, pour que l’humanité tout entière puisse connaître l’espace. C’est là la première conquête de l’espace. » 

Mediaguinee : Nous inaugurons ce bas-relief pour célébrer les pionniers de la cosmonautique. Que représente pour vous la Journée internationale du vol spatial habité ?

Dr Sandy Tolno : Le 12 avril 1961, l’humanité a eu la connaissance de l’espace. L’Union soviétique a pu envoyer un homme dans l’espace, qui a pu découvrir d’autres planètes. Mais ne voyez pas le 12 avril 1961 comme le début de tout cela.

Il y a un homme dont on ne parle pas souvent : Tsiolkovski. C’est lui le père de la conquête de l’espace. C’est lui qui a monté ce projet sur le plan théorique. Et après lui, il y a celui qu’on appelle Galanov. Il a essayé de créer une fusée qui a été conceptualisée déjà par Tsiolkovski. Et Youri Gagarine s’est rendu dans l’espace pour donner la fierté au grand peuple russe, pour que l’humanité tout entière puisse connaître l’espace. C’est là la première conquête de l’espace. Donc, lorsqu’on parle du 12 avril, ce sont ces trois noms qu’il faut retenir.

Vous venez de bénéficier de la nationalité russe. Qu’avez-vous ressenti à l’annonce de cette naturalisation par décret présidentiel ?

Je voudrais tout simplement remercier Son Excellence Monsieur le Président Vladimir Poutine pour ce décret. Parce qu’il faut reconnaître une chose : les Russes savent apprécier les élites et ce qu’ils font. Je ne peux que remercier Son Excellence Monsieur le Président de la Fédération de Russie pour ce décret, ainsi que tout le peuple russe.

« Tous ceux qui ont étudié en Russie connaissent le Diplôme rouge. Il n’est pas donné à n’importe qui. Pour l’avoir, il faut étudier de la première année à la fin de ses études universitaires avec la mention excellent. »

 

Selon vous, quels éléments de votre parcours ont motivé cette décision des autorités russes ?

Je pense qu’ils connaissent tout. En Russie, la chose la plus importante quand vous étudiez là-bas est le sérieux et le fait de bien s’adonner à la recherche scientifique. Quand vous êtes bénéficiaire du Diplôme rouge, si votre sérieux s’ajoute à cela et que vous réalisez beaucoup de choses, surtout dans le domaine scientifique et pour la Fédération de Russie, il y a encore d’autres critères qu’ils connaissent.

Quelle est la particularité de ce Diplôme rouge ?

Tous ceux qui ont étudié en Russie connaissent le Diplôme rouge. Il n’est pas donné à n’importe qui. Pour l’avoir, il faut étudier de la première année à la fin de ses études universitaires avec la mention excellente.

Est-ce une démarche que vous aviez sollicitée ou s’agit-il d’une reconnaissance inattendue ?

Je suis sûr et certain que c’est une reconnaissance. Une reconnaissance de la part de la Fédération de Russie, surtout que c’est un décret.

Avez-vous entretenu des relations professionnelles ou scientifiques avec la Russie au cours de votre carrière ?

Quand j’ai fini ma formation, j’ai travaillé en Russie. J’étais dans une équipe de recherche scientifique dans un centre des maladies cardiovasculaires. Et j’ai représenté la Russie dans plusieurs pays aussi.

Que représente concrètement pour vous l’acquisition de la nationalité russe, sur le plan personnel et professionnel ?

C’est quelque chose qui peut me permettre d’aider aussi la Guinée. Parce qu’avoir les deux nationalités (guinéenne et russe), c’est faire bénéficier les deux États dans le bon sens et permettre à la Guinée d’avancer. Parce que je suis sûr et certain que lorsque vous faites des propositions à vos concitoyens russes pour venir faire quelque chose pour la Guinée, ils vont accepter. Je pense que c’est un cas positif pour le peuple de Guinée.

« L’acquisition de cette nationalité est un élément qui permet de faire profiter les deux nations dans le bon sens, dans le progrès et dans le développement, surtout de la Guinée. »

En quoi votre expérience à la tête de l’Hôpital de l’Amitié sino-guinéenne a-t-elle contribué à cette reconnaissance internationale ?

Je crois que je vais laisser les gens apprécier cela. Si vous avez fait du bien, ce sont les gens qui vont apprécier. Je laisse ça aux gens pour qu’ils donnent leurs points de vue.

Quels souvenirs ou réalisations marquantes retenez-vous de votre passage à la direction de cet établissement ?

Pour moi, c’est servir mon pays. J’ai une vision pour mon pays. J’aime beaucoup l’excellence. J’aime le changement, les réformes, mais tout ce qui va dans l’intérêt de l’homme. C’est ce qui m’anime. Partout où je me trouve, je pense que si je suis capable de changer quelque chose dans l’intérêt des citoyens et de l’humanité, je le ferai. L’acquisition de cette nationalité est un élément qui permet de faire profiter les deux nations dans le bon sens, dans le progrès et dans le développement, surtout de la Guinée.

Envisagez-vous de développer des projets médicaux ou scientifiques entre la Guinée et la Russie ?

Bien sûr. Nous travaillons sur cela. Et je pense que dans les années à venir, on verra tout cela.

Comment percevez-vous l’évolution des relations entre la Guinée et la Russie, notamment dans le domaine de la santé ?

Je peux vous dire qu’elles sont bonnes. La Russie a formé des cadres guinéens. Il y a beaucoup de hauts cadres qui sont aujourd’hui dans les structures hospitalières et qui sont en train de faire de belles choses. Je suis vraiment satisfait de tout ce que la Russie est en train de faire pour la Guinée. Il suffit seulement que la Guinée soit ouverte à la Russie et elle bénéficiera comme les autres pays.

« En tant qu’ambassadeur de l’éducation et de la science de la Fédération de Russie, il n’y a pas longtemps, le ministre des Affaires étrangères russe demandait encore à l’Afrique d’augmenter le nombre de bourses, et je pense que la Guinée doit être un peu plus active pour pouvoir en bénéficier. »

Pensez-vous pouvoir jouer un rôle de passerelle entre les deux pays ?

Dès l’instant que j’ai la double nationalité, je pense que je deviens une sorte de passerelle entre les deux pays dans le bon sens. Tout ce qui va dans l’intérêt de la Guinée pour son développement, si la Russie peut contribuer à cela, je l’utiliserai. Et tout ce que la Guinée peut aussi faire pour la Russie, parce qu’on ne pourra jamais dire qu’un pays est incapable de faire quelque chose pour d’autres. Ce n’est pas comme les gens le pensent autrement. Ce n’est pas d’un seul côté. C’est pour faire profiter les deux nations.

« Quand on a une bonne ressource humaine, c’est qu’on gagne. Si on a toutes les ressources naturelles, s’il n’y a pas de bonnes ressources humaines, on ne pourra rien faire. Je pense que ce n’est pas seulement dans le domaine médical. Même dans les autres domaines, surtout qu’on parle de Simandou 2040, il faut former les cadres. »

Existe-t-il des opportunités de collaboration médicale ou de formation que vous souhaiteriez promouvoir ?

Bien sûr, et c’est surtout dans le domaine médical. En tant qu’ambassadeur de l’éducation et de la science de la Fédération de Russie, il n’y a pas longtemps, le ministre des Affaires étrangères russe demandait encore à l’Afrique d’augmenter le nombre de bourses, et je pense que la Guinée doit être un peu plus active pour pouvoir en bénéficier.

C’est ça l’élément le plus important. Quand on a une bonne ressource humaine, c’est qu’on gagne. Si on a toutes les ressources naturelles, s’il n’y a pas de bonnes ressources humaines, on ne pourra rien faire. Je pense que ce n’est pas seulement dans le domaine médical. Même dans les autres domaines, surtout qu’on parle de Simandou 2040, il faut former les cadres. La formation est l’élément essentiel pour le développement d’un pays.

« On peut faire ses études, obtenir son diplôme et revenir dans son pays. »

Quel message adressez-vous aux jeunes professionnels guinéens de la santé qui aspirent à une carrière internationale ?

Je leur demanderai le sérieux. Toute chose dans la vie, c’est le sérieux. Je le répète encore. Oui, on peut faire une formation en Russie et obtenir un diplôme. Mais le Diplôme rouge, c’est tout à fait autre chose. C’est le sérieux qui caractérise son obtention. Et les autorités russes apprécient cela.

Donc, on peut faire ses études, obtenir son diplôme et revenir dans son pays. Mais quand vous terminez avec le Diplôme rouge, ceux qui sont dans le pays connaissent vos compétences et tentent de vous garder à leur niveau parce qu’ils savent comment vous avez obtenu ce diplôme et ce dont vous êtes capable de réaliser. Et pour cela, il faut avoir un bon comportement.

Votre mot de la fin ?

Je remercie encore Son Excellence Monsieur le Président Vladimir Poutine, tous les travailleurs de l’ambassade de la Fédération de Russie en Guinée, tous les diplomates, mes amis, mes collègues, ma famille, ainsi que le peuple de Guinée. Je continuerai toujours à travailler pour la Guinée et pour la Russie.

Réalisée par Mamadou Sadjo Bah

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