Interception d’un bateau russe sous faux pavillon de la Guinée: « Nous allons déposer une plainte » (OGD)

il y a 2 heures 17
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L’interception par les forces spéciales belges en fin de semaine en Mer du Nord d’un navire appartenant à la « flotte fantôme » utilisée par la Russie pour contourner les sanctions occidentales liées à la guerre en Ukraine, et battant sous un faux pavillon de la Guinée provoque l’ire de Conakry. L’opération a été menée aux côtés des partenaires du G7, nordiques et baltes de la Belgique, et en coordination avec la France précisent les autorités belges.

Dans un entretien qu’il a accordé à la rédaction de Mosaiqueguinee.com ce jeudi, Ousmane Gaoual, Ministre des Transports et porte-parole du gouvernement a tenu à lever toute équivoque sur cette affaire.

« En Guinée, l’immatriculation est donnée par l’ANAM, c’est ce qui donne la nationalité à l’engin. L’ANAM relève du ministère des Transports. Dans le passé, c’est un service qui était rattaché à la marine marchande, mais qui est devenu un EPA. Et donc, leur rôle, c’est entre autres de baliser les épaves, montrer les lieux dangereux pour la navigation et tout ça. Et immatriculer les navires. Ça s’appelle battre pavillon. Dans le passé, les pavillons les plus utilisés, c’était le pavillon de Libéria. On les appelle des pavillons de complaisance. C’est-à-dire que quand tu prends un pavillon Guinée, tu es censé payer l’impôt et les taxes en Guinée, tu es censé respecter la législation guinéenne en la matière. Et comme souvent, les pays africains sont moins rigoureux que les pays occidentaux ou les États-Unis, ils préfèrent venir battre pavillon dans nos pays pour pouvoir naviguer librement (…). Sauf qu’en Guinée, le gouvernement, depuis toujours, on n’immatricule que des bateaux de pêche. Ce qui permet aux chalutiers de Guinée ou aux chalutiers de pays étrangers qui pêchent dans les eaux guinéennes de pouvoir opérer tranquillement. Mais la Guinée n’a jamais immatriculé un bateau de transport d’hydrocarbures ou de marchandises ou autre chose. C’est ce qui amène à dire simplement qu’on ne l’a jamais fait. Que c’est des immatriculations frauduleuses. C’est une fausse plaque. D’ailleurs, le gouvernement belge a clarifié cette position clairement en indiquant que c’est une fausse immatriculation. Mais ils font ça pour pouvoir échapper au contrôle. Parce que quand tu interdis les bateaux qui battent pavillon russe de circuler, le bateau pavillon guinéen peut circuler sans problème. Donc c’est comme ça qu’ils font. La dernière fois, on a arrêté un bateau au Venezuela qui était dans le même cas. C’est les États-Unis qui l’avaient arraisonné. Et là, on trouve que c’est les Belges et les Français qui ont arraisonné un autre.», a-t-il expliqué dans un entretien accordé à Mosaiqueguinee.com.

Et pour y mettre fin, Ousmane Gaoual annonce une plainte qui sera déposée très prochainement par la Guinée.

« Ça commence à être un peu trop pour nous. Donc, nous allons déposer une plainte sur ça, sur l’utilisation de notre identité pour transporter des marchandises prohibées auprès du tribunal belge pour que l’affaire puisse avancer. Maintenant, il faut suivre cette affaire parce que les bateaux de complaisance, la Guinée n’en fait pas. On suit l’affaire. Cela veut dire que s’il est avéré que les papiers avec lesquels ils ont été pris, c’est des faux papiers guinéens, on va, déposer une plainte et se constituer partie civile pour ça. Et donc, on va juste signaler que la Guinée n’a jamais délivré un pavillon de complaisance à un bateau qui navigue dans les eaux internationales comme ça là. Ça n’existe pas. Et ça, on va faire cette note au niveau de l’Organisation internationale maritime. On a vérifié d’abord, est-ce que ça a existé dans le passé. On a vérifié notre registre ; on a vu qu’il n’y a pas eu d’immatriculation. Dans l’histoire de notre pays, on n’en a pas fait. Donc à partir de là, nous on signale. Après, il y a le fait de signaler qu’il n’y a pas l’immatriculation dans ce type de bateau dans notre pays. Après toutes les mesures nécessaires seront prises par l’Organisation mondiale. Si quelqu’un se promène à Conakry avec une fausse plaque guinéenne, en général, on retire la plaque. Mais s’ils nous demandent de collaborer, nous collaborons pleinement pour apporter les preuves que c’est une fausse identité qui a été prise. Après, c’est la législation du pays qui l’a arrêté qui s’applique. Ce n’est pas la législation de notre pays, tu comprends ? Nous, nous allons pleinement coopérer pour aider à apporter les clarifications nécessaires à ça. », a-t-il tranché dans cet entretien.

Mosaiqueguinee.com

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