Forum Guinée–France : Simandou 2040, vitrine d’une nouvelle diplomatie économique et levier d’industrialisation

il y a 3 heures 17
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Le Forum d’affaires Guinée–France, s’est tenu ce 31 mars 2026 à Conakry en marge du parcours « Business International – Simandou 2040 ». Piloté par Bpifrance, ce forum confirme l’ambition des autorités guinéennes de repositionner l’économie nationale autour de la transformation locale, de l’industrialisation et de la co-construction avec des partenaires internationaux.

Devant une délégation d’une cinquantaine d’entreprises françaises et plusieurs institutions financières, les discours des officiels ont convergé vers un même message : la Guinée veut passer d’une économie de rente à une économie de valeur.

Prenant la parole, l’ambassadeur de France en Guinée et en Sierra Leone, Luc Briard, a salué la dynamique actuelle de l’économie guinéenne, estimant que « la marque Guinée imprime désormais dans la sous-région, en Afrique et au-delà ». Selon lui, l’intérêt croissant des investisseurs s’explique par « des fondamentaux économiques solides », récemment confortés par une amélioration de la notation souveraine. Dans un contexte mondial marqué par une croissance atone dans les économies développées, la trajectoire guinéenne suscite « envie et attention ».

L’ambassadeur a toutefois insisté sur une approche basée sur la concurrence et le partenariat équilibré : « La France ne réclame aucun passe-droit. Nous croyons à la compétition et à la saine concurrence. » Il a également mis en exergue le rôle structurant des entreprises françaises en Guinée, notamment en matière de fiscalité, de transfert de compétences, de responsabilité sociétale et de gouvernance.

Simandou 2040 : d’un projet minier à une stratégie de transformation

Au cœur des échanges, le programme Simandou 2040 s’impose comme l’ossature de la nouvelle stratégie économique guinéenne. Le ministre du Plan, Ismaël Nabé, a présenté cette initiative comme « une architecture de transformation nationale », marquant le passage « d’une économie de potentiel à une économie de performance ». Avec plus de 200 milliards de dollars d’investissements projetés, 122 mégaprojets et 36 réformes structurantes, le programme ambitionne de restructurer l’ensemble du tissu productif.

« Simandou 2040 n’est pas un projet parmi d’autres. C’est une stratégie globale basée sur l’industrialisation, la création de valeur et le développement du capital humain », a-t-il affirmé.

Le ministre a également souligné le rôle central du secteur privé, désormais considéré comme moteur de la transformation économique, dans une logique de partenariats public-privé visant à structurer durablement les filières.

Une volonté affichée de capter davantage de valeur localement

De son côté, la ministre de l’Industrie et du Commerce, Djami Diallo, a insisté sur le changement de paradigme économique engagé par le gouvernement. « Avec Simandou 2040, nous ne pensons plus à petite échelle. L’enjeu est de capter davantage de valeur sur nos territoires en structurant de véritables filières industrielles », a-t-elle déclaré.

Elle a identifié plusieurs secteurs prioritaires : l’agro-industrie, pour renforcer la transformation locale ;

les infrastructures, pour soutenir la compétitivité ; l’industrie, pour bâtir des chaînes de valeur ; les technologies et l’innovation, comme leviers de modernisation.

Pour les autorités guinéennes, l’enjeu n’est plus d’attirer des intentions d’investissement, mais de les traduire rapidement en projets concrets, notamment à travers les rencontres B2B organisées en marge du forum.

Une nouvelle diplomatie économique fondée sur la co-construction

Le Premier ministre, Amadou Oury Bah, a replacé cette dynamique dans un contexte international en mutation, évoquant une forme de « destruction créatrice » au sens de Schumpeter. Selon lui, la Guinée entend tirer parti de ce contexte pour se positionner comme un acteur stratégique, notamment dans la course mondiale aux matières premières et à la transformation industrielle.

« L’avenir ne se prévoit pas, il se construit. La Guinée est prête à accueillir les investisseurs pour bâtir une économie forte et résiliente », a-t-il affirmé. Le chef du gouvernement a également insisté sur une approche pragmatique, tournée vers la co-industrialisation et le co-développement, loin des discours idéologiques.

Des partenariats orientés vers la souveraineté économique

Plusieurs axes de coopération stratégique entre la Guinée et la France ont également été expliqués lors des échanges : souveraineté alimentaire, à travers des partenariats agro-industriels ; souveraineté numérique, avec des projets dans les télécommunications ; souveraineté sanitaire, via des investissements hospitaliers ; souveraineté industrielle, avec des projets de co-industrialisation.

Au total, plus de 500 millions de dollars d’engagements mobilisés par Bpifrance ont été évoqués, illustrant le passage d’une logique d’aide à une logique d’investissement.

Un forum perçu comme un accélérateur de décisions

Au-delà des déclarations, les autorités guinéennes attendent des résultats tangibles. Pour Ismaël Nabé, ce forum doit être « un accélérateur de décisions, de partenariats et d’investissements ». Même son de cloche du côté de Djami Diallo, pour qui « ce forum doit être un point de départ » vers des réalisations concrètes.

La Guinée mise ainsi sur une nouvelle génération de partenariats économiques, fondés sur la responsabilité partagée, l’intégration des chaînes de valeur et la création d’emplois.

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