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Cette 37ᵉ édition, qui s’achève le 13 février, est présidée par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, et réunit un parterre de hauts responsables du secteur financier continental.Placée sous le thème « Le financement de l’économie africaine : Intelligence artificielle et réglementation au service de l’efficacité bancaire », cette rencontre de haut niveau rassemble dirigeants de banques, régulateurs, experts financiers, décideurs publics, innovateurs technologiques et partenaires stratégiques.
Pour Sidi Mohamed Chérif, président de l’Association professionnelle des banques (APB) de Guinée, le thème retenu est « à la fois ambitieux et profondément actuel ».« L’Afrique fait face à des besoins immenses de financement pour soutenir sa croissance, renforcer son industrialisation et promouvoir une inclusion financière durable. Les banques africaines doivent être non seulement des intermédiaires financiers, mais de véritables acteurs du développement économique », a-t-il déclaré.Selon lui, l’intelligence artificielle (IA) constitue aujourd’hui un levier stratégique pour améliorer l’efficacité bancaire, optimiser l’évaluation des risques et élargir l’accès au crédit. Toutefois, cette transformation doit s’inscrire dans des cadres réglementaires solides, garants de la stabilité, de la transparence et de la confiance.Sidi Mohamed Chérif a également mis en exergue l’évolution des principaux indicateurs du secteur bancaire guinéen. « Lorsque le président de la République prenait les responsabilités de diriger notre pays, les financements à la clientèle étaient de 2 milliards de dollars. De nos jours, nous sommes au-delà de 4,8 milliards de dollars. En quatre ans, le niveau des financements a plus que doublé. Les accompagnements de l’État sont passés d’environ 2 milliards à 3,8 milliards de dollars », a-t-il souligné, estimant que ces chiffres traduisent « l’engagement croissant du secteur bancaire » dans le financement de l’économie.
Un déficit de financement estimé à 330 milliards de dollars en Afrique
De son côté, Dr Ngueto Tiraïna Yambaye, président du Club et Directeur général du Fonds africain de garantie et de coopération économique (FAGACE), a rappelé l’ampleur des défis à relever. « Les PME représentent 80 % de l’emploi et près de la moitié du PIB africain, mais elles n’accèdent qu’à moins de 20 % du crédit formel. Le déficit de financement dépasse les 330 milliards de dollars », a-t-il indiqué. Par ailleurs, près de 45 % des populations du continent demeurent en marge du système bancaire. Pour lui, l’intelligence artificielle n’est pas un « effet de mode », mais « une urgence opérationnelle ».
Grâce au scoring alternatif, à l’automatisation et à la gestion prédictive des risques, les institutions financières peuvent réduire leurs coûts d’exploitation, détecter plus rapidement les fraudes et mieux cibler les emprunteurs, y compris dans le secteur informel.« L’IA nous permet aujourd’hui de prêter mieux, et de prêter à ceux qui étaient jusqu’ici invisibles pour nos systèmes classiques », a-t-il affirmé, citant notamment les chatbots bancaires, l’identification biométrique et l’analyse de données non structurées comme outils d’inclusion financière.
Toutefois, il a mis en garde : « L’innovation sans cadre est un risque, mais le cadre sans innovation est une prison. » D’où la nécessité d’une réglementation robuste en matière de protection des données, d’éthique et de gouvernance des algorithmes, adaptée aux réalités africaines.
Effet d’éviction et réformes structurelles
Présidant la cérémonie d’ouverture, le Premier ministre Amadou Oury Bah a replacé les débats dans le contexte macroéconomique guinéen. Il a évoqué une économie nationale en forte croissance, avec des perspectives de taux à deux chiffres, tout en soulignant les déséquilibres structurels persistants. Selon lui, le niveau élevé des besoins de financement de l’État entraîne un phénomène d’« effet d’éviction », le secteur bancaire finançant davantage les besoins publics que ceux de l’économie réelle. « Le gouvernement doit trouver une solution pour changer de cap à ce niveau », a-t-il reconnu.Le chef du gouvernement a également insisté sur la nécessité de diversifier l’économie, d’investir massivement dans les infrastructures, le capital humain et les collectivités, et de renforcer les recettes intérieures pour préserver les équilibres monétaires. « Nous avons une monnaie nationale, ce qui est un avantage. Mais cela exige le respect strict des principes qui guident la gestion économique et la politique monétaire », a-t-il souligné, appelant à une meilleure circulation de l’information entre acteurs publics, banques et clientèle.Pour Amadou Oury Bah, l’intelligence artificielle ne pourra produire les effets escomptés sans un environnement de confiance et de coopération. « Nous devons intégrer l’écrasante majorité des acteurs économiques dans le concept de justice économique. Sans cela, l’IA ne sera pas pleinement efficace », a-t-il conclu.
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