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À l’heure où les questions d’égalité de genre et de droits des femmes prennent une place croissante dans le débat public, la Guinée accueille son tout premier Forum sur le féminisme. Initiée par les Amazones de la Presse Guinéenne, en partenariat avec Feminist Opportunities Now (FON), cette rencontre, ouverte ce vendredi 27 mars 2026 à la Bluezone de Dixinn, se veut un espace d’échanges, de réflexion et de renforcement des capacités.
Pendant deux jours, acteurs institutionnels, militantes et professionnels des médias se réunissent autour du thème : « Comment se porte le féminisme en Guinée ? », à travers panels, conférences, témoignages et sessions de formation. La cérémonie a connu la mobilisation de Maïmouna Yombouno, vice-présidente du Conseil National de la Transition (CNT), de Patricia Lamah, ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités, ainsi que de nombreuses féministes.
Prenant la parole, Hassatou Lamarana Bah, vice-présidente de l’ONG Amazones de la Presse Guinéenne, a laissé éclater sa joie.
Hassatou Lamarana Bah, vice-présidente de l’ONG Amazones de la Presse Guinéenne« C’est avec une immense fierté que je vous accueille aujourd’hui, au nom de l’ONG Amazones de la Presse Guinéenne, pour l’ouverture de ce forum national sur le féminisme en Guinée », a-t-elle introduit.
Elle a ensuite planté le décor en soulignant l’urgence du sujet.
« Nous sommes réunis pour répondre à une question vitale : comment se porte le féminisme en Guinée ? Si nous voulons une réponse honnête, nous devons regarder la réalité en face, car les chiffres récents nous interpellent avec une force brutale. Parler de féminisme en 2026, ce n’est pas seulement débattre d’idées, c’est répondre à une urgence humanitaire et sociale. Sur les violences : Selon les dernières données de l’OPROGEM, rien qu’en 2023, plus de 200 cas de viols ont été signalés officiellement. Mais nous savons que ce n’est que la partie émergée de l’iceberg. Une étude d’Afrobarometer publiée en 2024 révèle que 76 % des Guinéens considèrent encore la violence conjugale comme une affaire privée à résoudre en famille, et non comme un crime. Sur les Pratiques Néfastes : La Guinée reste l’un des pays où le taux de mutilations génitales féminines est le plus élevé au monde, touchant encore 95 % des femmes de 15 à 49 ans. Sur l’éducation et l’avenir : si des projets comme le SWEDD montrent des succès avec un taux de rétention scolaire frôlant les 100 % dans certaines zones, la réalité globale reste précaire : 41 % des jeunes filles en Guinée sont mariées avant l’âge de 18 ans, et une proportion alarmante d’entre elles quitte les bancs de l’école pour devenir mères précocement », a-t-elle expliqué.
Face à ces constats, cette consœur a appelé à l’engagement collectif.
« Ces chiffres ne sont pas des fatalités, ce sont des appels au combat. En tant qu’Amazones de la Presse Guinéenne, notre rôle est d’utiliser nos micros et nos plumes pour que ces statistiques cessent d’être de simples nombres et deviennent des visages, des histoires, et des moteurs de changement », a-t-elle lancé.
Présentant les objectifs du forum, elle a ajouté.
« Avec l’appui de Feminist Opportunities Now (FON), nous avons un objectif clair pour ces deux jours : analyser sans complaisance ces dynamiques pour identifier pourquoi, malgré les lois, les mentalités peinent à évoluer. Former 30 jeunes filles leaders pour qu’elles connaissent parfaitement le cadre juridique de protection et sachent l’utiliser. Bâtir un réseau solide pour qu’aucune organisation féministe ne se sente isolée dans son combat », a-t-elle dit.
Elle a également annoncé l’élaboration d’un document stratégique.
« À cette occasion, notre ONG Amazones de la Presse Guinéenne a élaboré un Manifeste pour un féminisme guinéen de progrès, de justice et d’impact. Ce document ne sera pas une simple déclaration d’intention, mais une feuille de route pour nos autorités et nos partenaires… Le féminisme en Guinée se porte comme une guerrière : il est debout, il est résilient, mais il a besoin de renforts, de moyens et d’une solidarité intergénérationnelle sans faille », a-t-elle déclaré.
Patricia Lamah, ministre de la Femme, de la Famille et des SolidaritésDans son discours de circonstance, la ministre de la Femme, de la Famille et des Solidarités a salué une initiative « pertinente et porteuse d’espoir », offrant un cadre propice à des échanges constructifs sur l’état du féminisme en Guinée. Pauline Adeline Patricia Lamah a également mis en avant les progrès réalisés ces dernières années, tout en rappelant les défis persistants, notamment en matière de violences basées sur le genre, d’égalité entre les sexes et d’autonomisation des femmes et des filles.
Elle a réitéré l’engagement de son département à accompagner les initiatives citoyennes, tout en appelant à une mobilisation collective pour bâtir une société plus inclusive et respectueuse des droits des femmes.
Pour sa part, Maïmouna Yombouno, vice-présidente du CNT, a insisté sur le rôle central de l’autonomisation économique dans la promotion des femmes.
Maïmouna Yombouno, vice-présidente du Conseil National de la Transition« L’indépendance économique constitue le socle de l’émancipation féminine », a-t-elle déclaré, soulignant qu’une femme autonome est mieux armée pour défendre ses droits ainsi que ceux de ses enfants, notamment face au phénomène des mariages précoces.
Elle a par ailleurs tenu à lever toute ambiguïté autour du concept de féminisme en Guinée, précisant qu’il ne s’agit nullement d’une opposition, mais plutôt d’un combat pour l’équité, la dignité et la justice sociale.
Ce forum prendra fin ce samedi, 28 mars 2026, avec des sessions de formation.
Kaïn Naboun TRAORÉ pour Guineematin.com
Tel : (+224) 621144 891
The post Féminisme en Guinée : un forum national pour briser les tabous et renforcer les actions first appeared on Guineematin.com.
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