Union des chasseurs de Guinée : de nouveaux visages propulsés à la tête de la structure après la dissolution du bureau national

il y a 2 heures 15
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Une assemblée générale particulièrement tendue s’est tenue ce jeudi 26 mars 2026 à Kankan au sein de l’Union des chasseurs traditionnels de Guinée. Au terme de discussions animées entre les mandémori de l’ancien bureau, les délégués venus de toutes les régions ont donné leur accord pour la dissolution de la direction nationale, à travers des correspondances écrites et des prises de parole, avant d’installer une nouvelle équipe à sa tête.

Ce jeudi à Kankan, l’Union des chasseurs traditionnels de Guinée a vécu l’une de ses journées les plus marquantes. Des donzos venus de toutes les régions du pays se sont réunis en assemblée générale avec une seule idée en tête : mettre fin à une direction qu’ils accusent d’avoir trahi leur confiance. La dissolution du bureau national n’a pas été une décision totalement sereine, mais le résultat de discussions franches, de confrontations d’idées et de prises de parole soutenues.
Depuis plusieurs mois, le malaise couvait. Les coordinations locales et régionales dénonçaient en coulisses une gestion jugée opaque, des décisions prises sans consultation et une direction perçue comme sourde aux réalités du terrain. Ce jeudi, ces préoccupations ont été exprimées ouvertement.
Fatouma Laye Doumbouya, dit Niandan Laye, membre de l’ancien bureau sortant, s’est imposée comme l’une des voix les plus déterminées de la journée. Son ton ne laissait aucune place à l’ambiguïté : « À partir de cet instant, il n’y a plus de bureau national. Nous nous sommes dissous nous-mêmes. Les choses ne fonctionnaient pas correctement. Il n’y avait ni concertation ni communication. Même certains membres du bureau n’étaient pas informés de ce qui se passait », a-t-elle martelé.
Malgré l’intensité des échanges, elle a tenu à rappeler l’objectif de la démarche :
« Nous ne sommes pas venus pour faire la guerre. Nous voulons la paix, comme le souhaite le président de la République. »
Face à cette fronde, Kouloufan Demba Camara, ancien président national, a refusé de céder. Visiblement ébranlé mais combatif, il a rejeté les accusations, évoquant des incompréhensions liées à l’éloignement géographique :
« Nous travaillons à Conakry. Ceux qui sont à l’intérieur du pays ne viennent presque jamais », a-t-il déclaré.
Sur la défensive, il a ajouté :
« S’ils ne veulent plus de mon régime, qu’ils le disent clairement. Mais qu’on ne dise pas que je ne travaille pas. »
Il a également insisté sur la nécessité de transparence :
« Si vous devez dissoudre le bureau, faites-le dans la vérité. »
Mais ces arguments n’ont pas suffi à infléchir la position de l’assemblée.
Somah Touré, prenant la parole, a renforcé la contestation avec une intervention directe :
« À l’heure du téléphone, on peut informer tout le monde », a-t-il lancé, rejetant les arguments liés à l’éloignement.
Avant de conclure :
« Nous ne voulons pas de problèmes, mais nous refusons de suivre quelqu’un qui gère sans rendre compte. Nous voulons quelqu’un qui protège nos intérêts. »
À l’issue de ces échanges, les responsables préfectoraux et régionaux ont tranché. À l’unanimité, ils ont décidé de tourner la page et d’installer une nouvelle équipe dirigeante.
Moriba Dantily Keïta, alias “Commandant Kilo”, membre de la garde présidentielle, a été désigné président. Moussa Koulibaly, ancien responsable régional de Kankan et de N’Zérékoré, a été nommé vice-président. Leur désignation est perçue par une partie des participants comme une opportunité de renouveau, malgré un climat encore fragile.
Dans sa première déclaration, Moussa Koulibaly a appelé à l’unité :
« Toutes les régions étaient représentées. Nous devons privilégier la cohésion. Les divisions affaiblissent notre crédibilité, surtout lorsque l’État ou des partenaires souhaitent nous accompagner. »
Il a également insisté sur la nécessité de solidarité :
« Les donzos ont la même mission. Nous devons nous donner la main pour construire le pays. »
Par respect pour les autorités locales, la confrérie a décidé d’écourter la rencontre, conformément aux recommandations formulées.
Acteurs clés dans la sécurité communautaire et gardiens des traditions, les chasseurs traditionnels occupent une place importante dans le tissu social guinéen. Mais à Kankan, cette unité a été mise à rude épreuve.
La nouvelle équipe hérite désormais d’une structure fragilisée, marquée par des tensions internes et une confiance à reconstruire. Le véritable défi commence maintenant.

Karifa Kansan Doumbouya correspondant à Kankan

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