Dubréka : la mangrove menacée par les constructions anarchiques

il y a 3 heures 13
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Située dans le Grand Conakry, la préfecture de Dubréka regorge d’importantes ressources naturelles, notamment minières et forestières. Parmi elles, la mangrove joue un rôle écologique majeur.

Cependant, cette richesse naturelle est aujourd’hui gravement menacée par les activités humaines, en particulier par les constructions anarchiques et illégales à des fins d’habitation. Sur le littoral de Dubréka, notamment dans les zones de Tompétin, Bagaoundé et l’ancien site de Mantix, de vastes portions de mangrove ont été défrichées pour laisser place à des habitations.

Une situation alarmante dénoncée par Mohamed Lamine Camara, ingénieur agronome et membre de la société civile, engagé dans la protection de la mangrove.

Selon lui, la mangrove est une zone naturelle destinée à la protection de l’environnement et non à l’habitat. « Les populations font des remblais dans la mangrove pour construire. Ce sont des dégâts que nous créons nous-mêmes.

Chaque année, on constate la remontée des eaux, l’érosion côtière et l’envahissement des maisons par l’eau, durant l’hivernage », explique-t-il.

Il rappelle que depuis 2022, plusieurs alertes ont été lancées, sans réponse concrète des autorités.

La pression démographique dans le Grand Conakry accentue le phénomène. De nombreuses personnes cherchent à s’installer en bordure de mer, au détriment de l’équilibre écologique. Pourtant, cette pratique comporte de lourdes conséquences environnementales et sociales, notamment des inondations récurrentes et la dégradation accélérée du littoral.

Pour Alseny Bangoura, membre du Comité de veille et d’alerte sur la mangrove de Kounkouré, la situation est d’autant plus préoccupante que la réglementation est pourtant explicite. « Le domaine public maritime, de la bordure de la mer jusqu’à 100 mètres à l’intérieur des terres, est strictement interdit à toute occupation privée. Malgré cela, des personnes continuent de remblayer et de s’installer illégalement dans la mangrove », déplore-t-il.

Il souligne également le manque de moyens des communautés locales pour faire respecter les textes en vigueur. « Nous sensibilisons les populations et elles comprennent les enjeux, car leur vie en dépend. Mais des autorisations sont parfois délivrées sans consultation des communautés, ce qui affaiblit nos efforts », ajoute-t-il.

Ces constructions ont un impact direct sur les zones de reproduction des poissons et les activités de pêche, mettant en péril les moyens de subsistance des communautés maritimes. Malgré les initiatives de reboisement menées localement, certaines zones restaurées sont à nouveau détruites, au profit des habitations.

Pour Mamadou Tella Bah, citoyen résident à Dubréka, la destruction de la mangrove est une menace grave. « Ceux qui détruisent la mangrove contribuent au réchauffement climatique et sont souvent à l’origine des inondations. L’État doit intervenir avant qu’il ne soit trop tard », avertit-il.

Un responsable du service des Eaux et Forêts de Dubréka a rappelé que la protection de la mangrove relève des missions régaliennes de l’État. Il précise que personne n’est autorisé à détruire la mangrove ni à y construire des habitations et que toute occupation illégale fera l’objet de poursuites judiciaires et leur service est chargé de veiller sur la protection des zones sensibles, telles que les mangroves.

Aujourd’hui, la mangrove de Dubréka se trouve dans une situation critique.

Sous la pression des activités humaines, les habitations y poussent rapidement, mettant en péril un écosystème vital pour la protection du littoral, la biodiversité et la sécurité des populations locales.

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