Discours de politique générale du PM: « Nous sommes déçus mais pas surpris » (Farinta)

il y a 12 heures 16
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Les réactions continuent après la déclaration, mercredi dernier, de la politique générale du gouvernement par le Premier ministre Amadou Oury Bah. Si certains estiment que les perspectives annoncées cadrent avec les besoins de la Guinée, le son de cloche est différent au sein de la société civile guinéenne.

Pour Alseny Farinta Camara, coordinateur national de la plateforme Tournons la Page (TLP), la société civile est déçue, mais pas surprise par cette déclaration. Selon lui, cette déception s’explique notamment par l’absence de précisions sur les mesures prévues par le gouvernement concernant les disparitions forcées.

« Au sein de la société civile, après une lecture rigoureuse, nous sommes déçus mais pas surpris par la déclaration de politique générale du Premier ministre Bah Oury, pleine d’intentions. La Guinée est en proie à une crise de gouvernance aiguë, marquée par la corruption systémique, l’indiscipline financière et le manque de confiance généralisé dans les institutions. Comme je l’ai toujours dit, le système actuel, incarné par le Président Doumbouya et Bah Oury, ressemble à une mafia qui pille les finances publiques, rétrécit l’espace public et viole délibérément les droits humains. C’est un régime autoritaire qui cherche à bâtir un parti-État, rappelant les pires heures de l’ex-dictateur Ahmed Sékou Touré. Vous savez, depuis le début de la transition, en tant que coordinateur national de Tournons La Page Guinée, nous avons documenté au moins 70 personnes tuées par les forces de défense et de sécurité, sans que la justice ne fasse son travail de manière indépendante. Nous avons également répertorié au moins 20 personnes victimes de disparition forcée. Qu’en est-il de la déclaration de politique générale du gouvernement sur les disparitions forcées ? Quel est le niveau d’évolution des enquêtes qui seraient ouvertes par les parquets ? Pourquoi le gouvernement s’est-il attaqué brutalement au pluralisme politique, qui est un acquis démocratique ? Il y a des questions qui nécessitent des réponses claires et objectives », a-t-il dit.

En revanche, dans son discours d’orientation, Bah Oury a assuré que le Gouvernement entend inscrire durablement la protection des droits et libertés dans le fonctionnement effectif de l’État, à travers le renforcement des mécanismes nationaux de garantie et l’indépendance des institutions. Des engagements qui, toutefois, peinent à convaincre en l’absence d’actes concrets sur le terrain.

MohamedNana BANGOURA

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