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Après le passage des machines aux abords des marchés et au niveau de certains de ronds-points de Conakry, plusieurs occupants de ces lieux sont aujourd’hui désemparés.
Si ces actions visent à améliorer la circulation et l’environnement urbain, elles suscitent néanmoins une frustration et le niveau de pauvreté risque d’augmenter chez certains citoyens, notamment chez les étalagistes en bordure des routes. Et cela risque d’affecter l’économie du pays.
Car, beaucoup se retrouvent au chômage. Selon un économiste que nous avons interrogé ce lundi 26 janvier 2026, si cette situation n’est pas vite réorganisée, elle risque d’affecter l’économie du pays en général.
Cheick Oumar Traoré, revient sur quelques conséquences possibles. Car selon une étude récente, 80% des activités économiques en Guinée sont du secteur informel.
“Nous pensons que l’opération est salutaire. Mais, il ne faut pas non plus ignorer que cette opération a des conséquences plus ou moins graves sur l’économie nationale. Ce qui est très important à signaler aujourd’hui, c’est qu’il faut d’abord reconnaître que ces opérations vont affecter naturellement le chômage, vont affecter aussi les activités économiques parce que vous n’êtes pas sans savoir que dans notre pays, les 80% des activités économiques sont du secteur informel. Et ceux qui sont en train d’être déguerpis aujourd’hui sont des gens qui évoluent dans les différents abords de routes. Donc, qui ne sont pas vraiment au sein des marchés. Il faut comprendre que ça aura un impact direct d’abord sur l’économie de manière générale. Et plus concrètement, ça va jouer d’abord sur leur pouvoir d’achat. Ça, c’est la première chose. Et lorsque le pouvoir d’achat est affecté, c’est la consommation qui est affectée. Et lorsque la consommation est affectée, il faut comprendre tout de suite que c’est naturellement la demande intérieure aussi qui va naturellement baisser. Donc, ça a une conséquence très grave sur l’économie”, a-t-il fait comprendre.
Pour éviter que ces conséquences ne soient lourdes, l’enseignant fait des propositions.
“Il faut le dire clairement, du point de vue économique, le déguerpissement lorsque ce n’est pas organisé, lorsque ce n’est pas vraiment fait en tenant compte d’un certain nombre de facteurs, ça peut vraiment exacerber le niveau de pauvreté dans notre pays. Mais ce qu’il y a lieu de dire, c’est qu’il faudrait qu’un certain nombre de mesures puissent être prises par l’État pour ne pas que, comme je l’ai dit tantôt, il y ait des impacts sur notre système économique. La première des choses, il faut que nous travaillions à ce qu’on ait une sorte de repositionnement de ces activités, c’est-à-dire qu’il faut trouver un autre emplacement pour des activités qui ont été déguerpies. Deuxièmement, il y a des mesures d’accompagnement économique également que l’État devrait mettre en place. C’est de pouvoir recenser l’ensemble de ces activités déguerpies et essayer de voir quelles sont les mesures d’accompagnement. Est-ce qu’il faut les accompagner en termes financiers, en leur octroyant une sorte de crédit ou alors une sorte de prêt pour que l’activité puisse être délocalisée ailleurs ? Ça, en faisant ces différentes activités-là et d’autres, je pense que l’impact va être plus ou moins important sur l’économie et ça nous permettra de maintenir le cap”, indique-t-il.
Ces opérations de désencombrement ne sont pas les premières en Guinée. Alors, pour éviter le retour des déguerpis, Cheick Oumar suggère
“Dans le passé, les gens ont été déguerpis, après, ceux-ci sont encore revenus. Parce que l’État n’a pas mis en valeur ces emplois-là. C’est pourquoi, il faut mettre ce déguerpissement dans un cadre formel. Premièrement, d’abord, les personnes déguerpies ou les activités déguerpies ne doivent plus avoir la possibilité de revenir. Et pour cela, il faut mettre en valeur ces endroits déguerpis”, a-t-il suggéré.
Mamadou Mouctar SYLLA
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il y a 2 heures
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