Déclaration de biens : un signal fort, mais l’exigence de cohérence demeure [Par Alpha Camara]

il y a 4 heures 19
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La déclaration de biens du président guinéen  Mamadi Doumbouy le  22 janvier 2026 dernier, conformément aux dispositions constitutionnelles, constitue un acte politiquement et symboliquement fort. Dans un pays où cette obligation légale a longtemps été négligée, voire ignorée par de nombreux responsables publics, ce geste envoie un message clair : nul n’est au-dessus de la loi, pas même le chef de l’État. Le chef de l’Exécutif répond ainsi à une exigence constitutionnelle en son article 60 qui dispose que le Président élu doit faire une déclaration sur l’honneur dans un délai de dix (10) jours suivant son entrée en fonction.

Au-delà de sa portée juridique, cette déclaration revêt une dimension morale et pédagogique. Elle contribue à restaurer, ne serait-ce que partiellement, la confiance entre les gouvernants et les gouvernés, dans un contexte marqué par une forte défiance à l’égard des institutions publiques. Elle rappelle également que la Constitution n’est pas un simple texte de référence, mais un cadre normatif qui s’impose à tous.

Cependant, aussi important soit-il, déclarer ses biens ne saurait constituer une fin en soi. La transparence ne peut être réduite à un acte ponctuel ou à une formalité administrative. Elle doit s’inscrire dans la durée et se traduire concrètement dans les pratiques quotidiennes de gouvernance. La crédibilité de cet engagement dépendra donc de sa cohérence avec les actes posés au sommet de l’État comme à tous les niveaux de l’administration.

Dans un pays confronté à des défis majeurs — lutte contre la corruption, gestion rigoureuse des ressources publiques, équité dans l’accès aux opportunités économiques — la transparence doit devenir une culture, et non une exception. Elle suppose des mécanismes de contrôle effectifs, des institutions indépendantes, mais aussi une exemplarité constante des dirigeants, dans les décisions budgétaires, les nominations, les marchés publics et la gestion du patrimoine de l’État.

Surtout, ce signal adressé par le président gagnerait en force s’il était suivi d’effet à l’échelle de l’ensemble de l’appareil public. Ministres, hauts fonctionnaires, dirigeants d’entreprises publiques et responsables administratifs doivent, à leur tour, se conformer strictement à cette exigence constitutionnelle. Sans cela, le risque est grand que l’acte présidentiel demeure isolé, symbolique, et donc insuffisant pour provoquer un véritable changement de pratiques.

En définitive, la déclaration de biens du successeur du Pr Alpha Condé, est une étape importante, mais elle appelle une suite logique : la transparence dans l’action, la cohérence dans les décisions et la constance dans l’exemplarité. C’est à cette condition que ce geste fort pourra s’inscrire durablement dans une dynamique de refondation de la gouvernance publique et répondre aux attentes légitimes des citoyens guinéens.

Alpha Camara
Journaliste, Ottawa/Gatineau (CANADA)
Tel: 438221 4080

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