CRIEF : Charles Wright comme on l’a connu (Par Mognouma)

il y a 1 heur 12
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

Sa nomination à la CRIEF, qu’il avait véhément critiquée alors qu’il était garde des Sceaux, a été accueillie avec un mélange de satisfaction et d’inquiétude.

Inquiétude chez ceux qui sont convaincus que l’homme, tel qu’on l’a connu, est invariable. Un caractère aux allures trungiennes : imprévisible, hargneux, parfois sans limite. Courageux, certes, mais, en dépit de tout, véridique, à la différence du 47ᵉ président des États-Unis, notoirement connu pour sa versatilité, son incohérence et ses mensonges nourrissant son fantasme et son ego surdimensionné.

Pour tout dire, le trait commun entre le Guinéen Charles et le président Trump réside dans leur capacité à créer l’actualité, à offrir aux médias de quoi alimenter leurs rédactions respectives.

À sa prise de fonction, la semaine dernière, comme « empereur des poursuites » à la Cour de répression des infractions économiques et financières, Charles Wright a confirmé ce caractère inné en lui. C’est Charles comme on l’a connu.

Un discours menaçant pour certains, une farce tapageuse pour d’autres.
Par-dessus tout, il est évident que la sortie de Charles Wright a eu un effet dissuasif. Sa nomination envoie un message : celui de la volonté du président de la République de traduire en justice les prédateurs du système, restés imperméables à ses mises en garde répétées ces derniers temps.
Mamadi Doumbouya avait aussi conscience que les finances publiques sont à ce point malmenées que leur rétablissement nécessiterait du sang et des larmes, sinon des réformes d’ampleur à la CRIEF, institution symbolique mais en proie à une crise de confiance.

Convaincu que cet héritage était trop controversé pour servir d’étendard, il reste à se demander si Charles Wright est la personne idéale pour restaurer cette confiance .

Ce que l’on sait, c’est qu’il peut sévir. Il peut servir cet agenda légitime de l’homme du palais Mohammed V, à condition de faire preuve de retenue et de méthode. Mais tout laisse à penser que cela ne lui ressemble pas suffisamment. Pressé d’aller vite, obsédé par la lumière, il aime caporaliser l’actualité.
Pour preuve, la publication de réquisitions interdisant à certains comptables de quitter le pays. Un pas de clerc dénoncé par des spécialistes du droit, qui évoquent une violation de la présomption d’innocence. Un risque que le parquet a tenté de contenir, sans doute à la suite de la levée de bouclier qu’il y a eu.

Donc, ça commence !

Mognouma

Lire l'article en entier