Cellcom Guinée sous tension : les travailleurs vent debout contre une vague de licenciements jugée abusive

il y a 2 heures 19
PLACEZ VOS PRODUITS ICI

CONTACTEZ [email protected]

La pression monte d’un cran au sein de Cellcom Guinée. Réunis en assemblée générale ce jeudi 16 avril 2026 au siège de Kaloum, les travailleurs de l’opérateur téléphonique ont exprimé leur ras-le-bol, face à ce qu’ils qualifient de menace imminente sur leurs emplois. Au cœur de leur colère : des licenciements en série, des retards de salaires et le non-respect des engagements pris par la direction.

Dans une atmosphère lourde, marquée par l’inquiétude et l’indignation, les syndicalistes ont multiplié les prises de parole. Alexandre Niagbalamou, secrétaire général de la délégation syndicale, a livré un témoignage poignant sur les conditions de travail et le climat d’incertitude qui pèse sur les employés. Après plus de quinze années passées dans l’entreprise pour certains, il dénonce des départs qu’il qualifie de « départs avec des miettes », évoquant le cas de 23 travailleurs déjà licenciés pour des raisons économiques contestées.

Pour lui, la situation ne cesse de se détériorer. Une nouvelle vague de 26 licenciements serait en préparation, touchant des pères et mères de famille. « Nous sommes à la case départ », martèle-t-il, dénonçant une stratégie qui consisterait à réduire les effectifs sous couvert de difficultés économiques, alors même que des projets d’expansion et des négociations avec des partenaires internationaux sont évoqués par la direction. Une contradiction difficile à accepter pour les travailleurs, qui redoutent une automatisation progressive de leurs postes ou un remplacement par de nouveaux employés.

Au-delà des chiffres, c’est un profond sentiment d’injustice qui s’exprime. « Ce qui arrive à certains aujourd’hui peut arriver à tous demain », prévient le syndicaliste, appelant à la solidarité et à la vigilance collective, face à des décisions qu’il estime unilatérales.

La mobilisation a également reçu le soutien de la Fédération Syndicale Autonome des Télécommunications (FESATEL). Son secrétaire général, Abdoulaye Barry, n’a pas mâché ses mots, critiquant ouvertement la gestion actuelle de l’entreprise. Il remet en cause la capacité de la direction à piloter une société de télécommunications, secteur qu’il juge complexe et nécessitant une gouvernance structurée et collégiale, à l’image des grands groupes internationaux.

L’intervention du responsable syndical a pris une tournure plus politique, appelant les autorités à s’impliquer. Il interpelle notamment le gouvernement, le ministère en charge des télécommunications ainsi que celui de l’emploi, afin qu’ils prennent leurs responsabilités pour protéger les travailleurs. Il évoque également le rôle de l’Autorité de Régulation des Postes et Télécommunications, accusée de passivité face à ce qu’il considère comme une violation des engagements contractuels, en matière de protection de l’emploi.

Dans un ton ferme, il annonce des actions imminentes, dont la saisine officielle des autorités, dès la semaine prochaine, pour exiger un audit de l’entreprise et, si nécessaire, la mise en place d’une administration provisoire. En dernier recours, l’option d’une liquidation avec reclassement des travailleurs dans d’autres sociétés du secteur est également évoquée.

Lire l'article en entier