Capitaine Ibrahima Traoré : « L’impérialisme, c’est aussi le contenu de nos assiettes »

il y a 13 heures 19
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À l’occasion du lancement de la 3e édition des Journées nationales d’engagement patriotique et de participation citoyenne, le 26 mars 2026, le président du Burkina Faso, le capitaine Ibrahima Traoré, a de nouveau dénoncé l’impérialisme, en l’illustrant par les habitudes alimentaires.

Dès l’entame de son discours, le chef de l’État a introduit « un sujet aussi simple que vital, aussi intime que sacré » : « le contenu de nos assiettes».

« Observons ce que nous mangeons. Que voyons-nous ? Du riz ayant traversé les océans ? Des pommes de terre venues de pays lointains ? Du lait en poudre importé ? Et que dire des couverts ? L’assiette, les fourchettes et les cuillères sont aussi importées », a-t-il déploré.

Pour le président burkinabè, « l’impérialisme n’est pas qu’une question de livres d’histoire ou de médias dominants ». Il se trouve aussi « dans nos assiettes ». Citant Thomas Sankara, il a rappelé : « Comme le disait le père de la Révolution d’août 83, les grains de riz, de maïs, de mil importés que nous mangeons, c’est cela l’impérialisme. Il ne faut pas chercher plus loin».

Produire et consommer local

Le chef de l’État a insisté sur la nécessité pour les Burkinabè de produire ce qu’ils consomment. Selon lui, « le mal est d’autant plus pernicieux qu’il avance masqué dans notre quotidien ». Il évoque notamment « ce grain de riz importé qui inonde nos marchés pendant que les récoltes de Bagré, du Sourou, de Samendeni pourrissent faute de débouchés », ainsi que « cette conserve de tomates venue d’Europe» qui concurrence la production locale.

Le président a également mis en garde les opérateurs économiques impliqués dans la fraude à l’importation de produits de grande consommation. « L’État prend des mesures vigoureuses pour protéger les produits “made in Burkina” et il faut un sursaut patriotique à la fois des populations et des commerçants pour que les rayons de nos boutiques et alimentations soient des espaces où la production locale est reine. Pendant des décennies, nous avons été conditionnés, car en nous vendant leurs produits et en dévalorisant les nôtres, l’impérialisme a façonné nos habitudes de consommation », a-t-il affirmé.

S’appuyant sur un proverbe burkinabè selon lequel « l’enfant sage est celui qui achète les galettes de sa maman », il a encouragé la valorisation du « Made in Faso ». « Je souhaite que dans chaque administration, chaque école, chaque foyer, nous adoptions le réflexe de garnir nos assiettes de mets typiquement burkinabè. Le “consommer local” doit être un réflexe de tous les jours dans les cantines et sur les tables ».

L’autosuffisance alimentaire revendiquée

Le président a enfin rappelé son discours du 31 décembre 2026, au cours duquel il avait annoncé l’atteinte de l’autosuffisance alimentaire. « Nous pouvons dire aujourd’hui que nous avons atteint l’autosuffisance alimentaire au cours de l’année 2025 », s’était-il félicité, attribuant cette performance à une campagne agricole jugée satisfaisante, soutenue par les subventions de l’État, la distribution de semences améliorées et la mécanisation.

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