Boubacar Yacine: « La presse guinéenne, elle est libre. Moi, j’encourage les journalistes à dénoncer ce qui ne va pas, mais avec des preuves »

il y a 2 heures 10
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Face aux critiques persistantes dénonçant un bâillonnement de la presse guinéenne, marqué par la fermeture forcée de médias, le retrait des agréments par l’État, la suspension de journalistes par la Haute Autorité de la Communication (HAC), ainsi que des enlèvements et interpellations, le président de la HAC est monté au créneau. Lors de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse, Boubacar Yacine Diallo a pris le contre-pied des accusations en affirmant que les journalistes guinéens jouissent d’une réelle liberté dans l’exercice de leurs fonctions.

Boubacar Yacine Diallo a profité de cette tribune pour encourager les professionnels des médias à dénoncer les dysfonctionnements de la société, tout en insistant sur la rigueur dans la conduite

« La presse guinéenne, elle est libre. Moi, j’encourage les journalistes à dénoncer ce qui ne va pas, mais avec des preuves. Mais également à rapporter ce qui va. Parce que dans un pays, il y a ce qui va et ce qui ne va pas. Ensuite, de notre expérience, un journaliste n’injurie pas, il ne calomnie pas. Mais un journaliste doit être critique. Il ne doit pas être complaisant avec ce qui ne va pas. Mais il le fait dans la plus grande responsabilité », a-t-il un invité.

Le président de la HAC a également apporté une nuance sur la diffusion de certaines informations sensibles: « Maintenant, il y a des informations dont on peut disposer et qu’on se rend compte qu’en les diffusant, on peut, par exemple, troubler l’ordre public. Humainement, professionnellement, on s’empêche de la diffuser ou on diffère sa diffusion, ce n’est pas de la censure, c’est de l’autocensure et ça fait partie de la profession comme dans toutes les autres professions », a-t-il précisé.

Interrogé sur la levée des sanctions qui pesaient récemment sur certains professionnels, le président de la HAC a expliqué que cette décision coïncidait avec la célébration de la Fête du Travail et de la Journée mondiale de la liberté de la presse.

« Mes collègues et moi avons décidé de lever toutes les sanctions qui frappent et des médias et des journalistes. Je voudrais donc préciser que ces sanctions portent sur des suspensions, pas de retrait d’agrément. Donc à date, il n’y a pas, en tout cas à ma connaissance, de médias ou de journalistes ayant fait l’objet de suspensions, ayant fait un recours gracieux, ayant pris des engagements dont la suspension n’a pas été levée », a-t-il martelé.

Le blocage juridique des médias fermés

Concernant le cas plus épineux des médias dont les agréments ont été définitivement retirés par le gouvernement, Boubacar Yacine Diallo a justifié la réserve de son institution par le respect des procédures judiciaires en cours.

« Je sais que des agréments ont été retirés et que le dossier est actuellement pendant devant la Cour suprême. Je le redis : tant que la Cour suprême est saisie et que son arrêt n’est pas rendu, personne ne peut intervenir », a-t-il conclu.

Alhassane Fofana 

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