Adam’s Doumbouya journaliste : « Ne mourez pas pour le journalisme en Guinée , l’oubli reste la seule récompense »

il y a 3 heures 20
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À l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, ce 3 mai 2026, nous avons rencontré Adam’s Doumbouya, journaliste animateur basé à Kissidougou.
Entre passion dévorante et réalisme froid, le célèbre journaliste animateur de Kissidougou brise les tabous sur la précarité et les risques d’un métier qu’il exerce avec une voix devenue sa signature, mais sans aucune illusion sur la reconnaissance posthume.
Dans le paysage médiatique de la savane guinéenne, sa voix est un repère. Une voix « basique », comme il aime le dire, mais dont le grain et l’assurance ont fini par s’imposer dans les foyers de Kissidougou et bien au-delà. Pourtant, ce 3 mai, alors que le monde célèbre la liberté d’informer, Adam’s Doumbouya ne fait pas dans l’héroïsme de façade.

​Interrogé sur les pressions et les dangers qui jalonnent la carrière d’un journaliste en région, l’animateur a tenu des propos qui résonnent comme un électrochoc pour la jeune génération : « N’acceptez jamais de mourir dans ce métier, sinon vous irez seuls ».
​Pour lui, le journalisme ne doit pas être un acte de sacrifice ultime, surtout dans un contexte où la protection sociale et la solidarité corporative font souvent défaut. « Ne mourez pas pour le journalisme, l’oubli est la seule récompense », martèle-t-il, rappelant avec amertume que les « héros » d’hier sont les oubliés d’aujourd’hui dès que les projecteurs s’éteignent.

​Pourtant, rien ne prédestinait cet homme à devenir un incontournable des ondes. Adam’s Doumbouya a bâti sa réputation sur une authenticité rare. Là où d’autres cherchent l’artifice, lui a imposé son style grâce à sa voix naturelle, devenant un pont entre l’information et les citoyens de Kissidougou. ​Mais cette popularité, il l’utilise aujourd’hui pour livrer un message de prudence et de professionnalisme.

Pour lui, la liberté de la presse commence par la survie de ceux qui la font. « Un journaliste mort ne rapporte plus aucune information. Votre vie a plus de valeur que n’importe quelle exclusivité », insiste-t-il au micro de notre rédaction.

​Au-delà du constat sombre, cet entretien exclusif est aussi un plaidoyer pour une meilleure considération des professionnels des médias en Guinée. Adam’s Doumbouya appelle ses confrères à la solidarité et à l’exigence de conditions de vie décentes.
​Alors que les festivités du 3 mai battent leur plein, le message de l’homme à la voix basique reste gravé comme un avertissement : aimer son métier, oui, mais pas jusqu’à l’effacement de soi. Car derrière le micro, il y a d’abord un homme qui refuse que son nom ne soit qu’une statistique de plus dans la liste des martyrs de l’info.
De Kissidougou, Mohamed DIANÉ pour actuguinee.org /:622074075

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