Boubacar Yacine Diallo, président de la HAC : « la dépénalisation des délits de presse a conduit à l’irresponsabilité… »

il y a 2 heures 16
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À l’occasion de la célébration de la Journée internationale de la liberté de la presse, ce dimanche 3 mai 2026, les dirigeants des associations de la presse ont organisé une cérémonie à la Maison de la presse de Conakry. En plus des responsables des associations, cette rencontre a mobilisé des commissaires de la Haute Autorité de la Communication (HAC) et des journalistes. Le président de la HAC a profité de cette occasion pour parler de son parcours et rendre hommage à certaines personnes qu’il présentera comme pionnières de la presse et de la liberté de la presse, rapporte un journaliste que Guineematin.com avait dépêché sur place.

Face aux critiques suscitées par les multiples sanctions infligées ces dernières années aux médias et journalistes, Boubacar Yacine Diallo a dit n’avoir fait qu’appliquer la loi… À l’entendre, c’est aux journalistes de faire preuve d’honnêteté dans l’exercice de leur métier.

« J’ai entendu ici que la presse écrite risque de disparaître ; mais, je vous dis que ce sont, pour la plupart, des individus qui gèrent ces organes de presse, et voilà leur fragilité. C’est l’une des raisons. Les anciens qui sont ici ont choisi l’éthique. Ils ont choisi la liberté. Ils ont choisi l’indépendance, mais surtout la responsabilité et la dignité. Tout ce qu’on demande aux journalistes, c’est d’être honnêtes. Il n’y a pas de mauvais journaliste : soit on est journaliste, soit on ne l’est pas. Moi, je n’admets pas qu’on me dise qu’il y a de mauvais journalistes, parce que vous vous donnez la responsabilité de parler des autres, qui ont une famille, et parfois vous oubliez que si les rôles étaient inversés, vous n’auriez pas diffusé votre information. Donc, la recommandation que je vous fais est la suivante : toutes les fois que vous voulez publier un article, remplacez par votre nom celui de la personne dont vous parlez, et voyez si vous pouvez le diffuser ou non. C’est aussi simple que cela, le journalisme », a-t-il dit.

Au syndicat des professionnels de l’information et journalistes qui dénoncent les multiples et injustifiées sanctions qui s’abattent ces derniers temps sur les médias et journalistes guinéens, Yacine dit que son institution ne fait qu’appliquer la loi.

Boubacar Yacine Diallo, président de la Haute Autorité et de la Communication

« J’entends dire que la HAC sanctionne. Je demande simplement à ceux qui le disent, y compris le syndicat, d’aller voir le législateur et de lui demander de retirer toutes les sanctions de la loi. Dans ce cas, la Guinée ne fera pas d’exemple, mais sera citée comme un pays où il existe une loi sans sanctions. Comme cela, on supprimera le code pénal, ainsi que toute la partie relative aux sanctions dans la loi sur la presse. Moi, en tant que HAC, ma responsabilité est d’appliquer la loi. Si le législateur prévoit des sanctions, nous les appliquerons, mais avec discernement et responsabilité. Lorsque nous sanctionnons et que les personnes concernées présentent des excuses et s’engagent à ne plus recommencer, nous levons les sanctions. Nous sommes suffisamment indépendants pour sanctionner sans demander l’avis de qui que ce soit, et pour lever ces sanctions, nous ne sollicitons ni associations, ni syndicats. C’est de notre responsabilité », a-t-il indiqué.

Pour le président de la Haute Autorité de la Communication (HAC), la dépénalisation des délits de presse avait, dans certains cas, favorisé des dérives. Il a ainsi appelé les professionnels des médias à la mise en place d’un syndicat fort.

« La dépénalisation des délits de presse a conduit à l’irresponsabilité de nombreux journalistes dans ce pays. Je suis, pour ma part, un défenseur de cette dépénalisation, mais à condition que les associations fassent preuve d’un sens élevé de responsabilité et que vous parveniez à créer un syndicat fort. Or, vous n’en avez pas. Un syndicat, c’est celui qui dénonce ce qui ne va pas et qui reconnaît aussi ce qui va. Je vous le dis : la HAC est une institution de la République. Quiconque s’y présentera, qu’il s’agisse d’une association ou d’un syndicat, sera tenu d’appliquer la loi. Mais encore faudrait-il avoir un emploi pour être membre d’un syndicat. Je constate que, dans ce syndicat, certains responsables n’ont pas d’emploi » a-t-il dénoncé.

Moussa Konaté et Mohamed Lamine Touré pour Guineematin.com

Tél. : (+224) 621016809

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