Barrage de Fomi : la Guinée et le Mali veulent passer des promesses aux actes

il y a 2 heures 14
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Après deux jours de travaux à Conakry, la 8ᵉ réunion du Comité interministériel de concertation Guinée–Mali (CIC-GM) sur la mise en œuvre du barrage à buts multiples de Fomi s’est achevée, ce vendredi, sur une note d’engagement renouvelé des deux États en faveur de la concrétisation de ce projet stratégique pour le bassin du Niger.

Cette rencontre, organisée conjointement par les gouvernements guinéen et malien à travers les ministères en charge de l’Énergie, avec l’appui de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN), s’inscrit dans le cadre du suivi de la coopération bilatérale autour de ce projet structurant.

La cérémonie de clôture a été marquée par plusieurs interventions institutionnelles saluant les avancées enregistrées, les recommandations formulées ainsi que la volonté politique affichée par les autorités guinéennes et maliennes pour accélérer la réalisation de l’ouvrage.

Prenant la parole, le secrétaire exécutif de l’ABN, Kocou Armand Houanye, a rendu hommage aux dirigeants des deux pays pour leur implication dans le projet.

« Je voudrais remercier nos plus hautes autorités de la République de Guinée et de la République du Mali pour l’expression renouvelée de leur volonté politique à nous permettre d’être témoins de la réalisation et de l’exploitation de l’ouvrage structurant de Fomi, qui est d’un intérêt stratégique pour l’Autorité du Bassin du Niger. Grâce à votre engagement et votre détermination, vous êtes en train de nous permettre d’avancer avec méthode et innovation vers la sécurisation du financement nécessaire, la relance prochaine des travaux et la réalisation effective, dans un délai raisonnable, du barrage de Fomi », a-t-il déclaré.

Le responsable de l’ABN a estimé que cette dynamique constitue « un signal fort » pour l’ensemble des organismes de bassin africains en matière de financement et de réalisation des infrastructures structurantes.

Évoquant les recommandations formulées par les participants, il a ajouté : « Ensemble, il est possible de faire de l’ABN un levier d’accélération de la mise en place des investissements structurants essentiels pour soutenir la transformation socio-économique et assurer non seulement le développement durable, mais aussi la sécurité et la stabilité dans les bassins transfrontaliers. »

Le comité a notamment recommandé d’assurer le suivi de la requête de financement adressée au consortium des banques chinoises à l’endroit de la République du Mali et d’accélérer la conduite des études complémentaires du projet, notamment l’étude institutionnelle ainsi que celle relative au partage des coûts et des bénéfices.

Le rapport final recommande également la tenue régulière des concertations et des échanges entre les membres du CIC-GM, tant au niveau national que bilatéral, ainsi que la mobilisation diligente des financements requis. Les participants ont par ailleurs approuvé le principe d’élargissement de la composition du comité aux directions nationales en charge de l’énergie et de l’hydraulique des deux États, ainsi qu’aux coordinations nationales des usagers des ressources naturelles du bassin du Niger.

De son côté, le ministre malien de l’Eau et de l’Energie, Tiémoko Traoré, a salué la qualité des échanges ayant marqué cette 8ᵉ session et souligné la portée stratégique du projet pour les deux pays ainsi que pour la sous-région.

« Les échanges menés durant ces deux jours ont été riches, profonds et constructifs. Ils ont permis de formuler des recommandations pertinentes qui ouvrent la voie à une relance rapide des travaux de construction du barrage. Ce projet incarne une vision politique et stratégique : celle de bâtir une infrastructure intégratrice capable de transformer durablement nos économies, de renforcer la sécurité alimentaire, de garantir l’accès à l’énergie et de consolider la coopération entre nos deux nations sœurs », a-t-il indiqué.

Le ministre malien a également insisté sur la dimension souveraine et intégratrice du projet.

« Le barrage apportera une énergie propre et durable, favorisera l’irrigation de milliers d’hectares de terres agricoles, renforcera la sécurité alimentaire et créera des opportunités d’emploi pour les jeunes et les femmes. Le barrage de Fomi n’est pas seulement un chantier, il est aussi un symbole de notre détermination à construire une Afrique souveraine, résiliente et prospère », a soutenu M. Traoré.

Clôturant officiellement les travaux, le ministre guinéen de l’Énergie, de l’Hydraulique et des Hydrocarbures, Laye Sékou Camara, a exprimé sa satisfaction quant aux résultats issus de cette rencontre.

« Après deux jours d’intenses et fraternels échanges sur les objectifs de la 8ᵉ réunion du Comité interministériel de concertation Guinée–Mali, j’apprécie hautement les résultats auxquels vous êtes parvenus à cette occasion, ainsi que la détermination de l’ensemble des membres du comité à ne ménager aucun effort pour la réalisation effective de cet aménagement à buts multiples dans les plus brefs délais », a-t-il déclaré.

Au nom du président de la République, Mamadi Doumbouya, il a adressé « ses sincères félicitations à tous les participants », avant de rappeler que cette dynamique traduit « la préoccupation commune des chefs d’État guinéen et malien ».

Laye Sékou Camara a insisté sur la nécessité de passer des engagements aux actes :

« Je souhaite que les engagements pris dans cette salle ne restent pas simplement écrits sur du papier pour être relus à la prochaine réunion. Cette fois-ci, il faut réellement passer à la réalisation des promesses que nous nous sommes faites ici. Le barrage de Fomi a trop duré ; nous devons le réaliser pour le bien de nos populations. »

Le ministre guinéen a enfin donné rendez-vous à la délégation malienne pour la prochaine session prévue à Bamako, « cette fois-ci avec un démarrage effectif des travaux de Fomi ».

À l’issue de cette rencontre à Conakry, la prochaine réunion prévue à Bamako devra permettre d’évaluer les avancées enregistrées, avec en ligne de mire le démarrage effectif des travaux du barrage de Fomi, longtemps attendu par les populations des deux pays.

Mayi Cissé / Robert Kourouma

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